AccuRaw : le puriste du RAW
Publié le 18 janvier 2014 dans Actualités Articles et dossiers par Volker Gilbert
Qualité d’image
Au même titre que le boitier et l’objectif utilisé, le logiciel de dématriçage influe directement sur la qualité technique des images, c’est-à-dire sur la résolution, le bruit et la restitution des couleurs. Chaque logiciel possède sa signature reconnaissable : Capture One se distingue par sa finesse aux sensibilités ISO peu élevées, DxO Optics Pro par sa maitrise du bruit inégalable aux sensibilités ISO les plus élevées et Iridient Developer par son rendu presque argentique, pour ne citer que ces trois exemples. Quant aux logiciels Adobe, ils bénéficient de puissants algorithmes pour la distribution des tonalités, permettant d’obtenir d’excellents résultats même avec des images qui ne sont pas nées sous une bonne étoile. Si les logiciels commerciaux les plus répandus (Lightroom, Camera Raw, Aperture, Capture One Pro et DxO Optics Pro) se doivent de plaire au plus grand nombre, les autres peuvent emprunter un chemin plus confidentiel. Ou se situe alors AccuRaw ?

Canon 5D Mark III, Canon 135 mm f/2 L USM à f/2,8, 1/100 s à 100 ISO. Image développée dans AccuRaw avec les paramètres par défaut pour l’accentuation et la réduction du bruit.
L’algorithme de dématriçage, mis au point par Sandy McGuffog, privilégie l’acutance au détriment des artéfacts et du bruit. C’est une démarche qui lui a attiré la faveur de certains utilisateurs d’appareils Fujifilm X, dépités par les faibles performances de leurs logiciels favoris en la matière. Si AccuRaw produit une netteté impressionnante, les images révèlent parfois des artéfacts disgracieux le long des contours (« collier de perles ») qui trahissent la démarche sans compromis de l’auteur. Sans doute faut-il mettre ces défauts en perspective puisqu’ils ne se manifestent qu’à l’écran et au-delà de 100 % ; à l’impression, ils demeurent parfaitement invisibles alors que la richesse des détails est apparente quelle que soit l’utilisation finale des images. À louer aussi la texture des images qui reste très fine, et ce, même aux sensibilités très élevées. En ce qui concerne la réduction du bruit, le logiciel évite tous les excès potentiellement néfastes sur le plan de la restitution des petits détails. Le bruit n’est donc jamais complètement lissé, mais plutôt réduit à des proportions auxquelles il ne nuit plus au rendu des images finales. Quant aux couleurs, elles sont d’une fidélité irréprochable : les couleurs saturées ou couleurs pastelles sont toujours reproduites avec toutes leurs nuances, sans postérisation ni inversement des tons. Alors que les logiciels les plus prestigieux cherchent à séduire le chaland avec des couleurs chatoyantes et saturées, AccuRaw s’évertue à présenter des couleurs « neutres », au plus proche des couleurs enregistrées par l’appareil.

Canon 5D Mark III, Samyang 14 mm f/2,8 à f/5,6, 1/30 s à 4000 ISO. Image développée dans AccuRaw avec les paramètres par défaut pour l’accentuation et la réduction du bruit.

Extraits à 100% de l’image ci-dessus, développés avec Camera Raw 8.3 (à gauche ») et AccuRaw (à droite) en utilisant les paramètres par défaut pour l’accentuation et la réduction du bruit : si l’image développée avec AccuRaw présente un peu plus de bruit résiduel, les détails sont plus fins ainsi que la texture de l’image (cliquez pour agrandir).

Extraits à 100% de l’image ci-dessus, développés avec Camera Raw 8.3 (à gauche) et AccuRaw (à droite) : plus de nuances et des couleurs plus subtiles avec AccuRaw…

Canon 5D Mark III, EF 17-40 mm f/4 L USM, f/10 et 1/80s à 400 ISO. Image développée dans AccuRaw avec les paramètres par défaut et optimisée dans Camera Raw 8.2 (DNG).

Extraits à 100% de l’image ci-dessus, développés avec AccuRaw (à gauche) et Camera Raw (à droite), réglages par défaut: AccuRaw restitue davantage de petites nuances et les couleurs y sont à la fois plus subtiles et fidèles que celles dans l’image issue de Camera Raw (pullover, tons chair, feuillage et ombre sur la maison)






