Questions Photo

Le D750 et ses 24 millions de pixels, un compromis idéal ?

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Au début du numérique, Kodak avait adopté la norme du « 254 dpi » pour les tirages photo sur ses machines laser qui transféraient les données du fichier de scan ou numérique sur papier argentique. À 254 dpi, on dispose de 254 points imprimés par pouce, soit 100 points par centimètre (puisqu’un pouce mesure 2,54 cm). Chaque point doit donc mesurer 1/10e de millimètre. Pour connaître la taille du tirage qualité photo proposée par tel ou tel appareil numérique, il suffit donc de diviser par 100 les deux dimensions du fichier : notre 24 Mpix permet donc des agrandissements de qualité idéale de 40 × 60 cm. Mais les  supports de sortie ne sont pas toujours capables de restituer des détails si fins. Ainsi, les papiers « Fine Art » à fibre épaisse présentant des reliefs ne permettent pas de les distinguer,de même que certaines imprimantes qui étalent trop les particules de l’encre. On peut faire alors des tirages beaucoup plus grands que prévu en diminuant la résolution à 180, voire à 120 ppp.

Depuis que le capteur de 24 Mpix – ou approchant – s’est généralisé, nous avons eu l’occasion de faire des tests très approfondis de nombreux boîtiers, certains en vue de publications ebook (Nikon D600 et D610, Canon EOS 5D Mark III, Sony NEX 7, Nikon D7100) ou pour essais presse (Leica M240, Sony A7) ; nous avons adopté cette définition comme base pour nos travaux personnels, mais il est vrai que nous n’exposons pas nos images à un format dépassant 1 mètre de large (pour l’instant).

L’exemple des Nikon D800/D810 est parlant à cet égard : les lecteurs de nos tests savent que beaucoup de zooms d’usage fréquent en voyage ou reportage ont du mal à présenter un niveau de qualité suffisant pour obtenir la note « très bon » sur les bords et dans les angles sur le capteur 36 Mpix, la solution est alors que recadrer un peu (1,2×) pour que les zones les moins bonnes sortent de l’image. On conserve alors 25 Mpix. On peut noter qu’en recadrant un peu en post-traitement les fichiers d’un appareil 24 Mpix dont l’optique manquerait d’homogénéité, on conserverait environ 16 Mpix, soit le format 30 × 45 natif, que l’on pourrait pousser sans aucune difficulté à 40 × 60 cm si on ne le regarde pas en collant le nez dessus…

La très haute définition n’est nécessaire que pour les très grands tirages

Il existe depuis peu une fâcheuse tendance, exact inverse de la théorie de Kodak du début du siècle, qui consiste à imaginer que si on n’arrive pas au maximum théorique à 25 cm de distance, la qualité du couple objectif-boîtier est insuffisante. Cette tendance est vivement encouragée par la manie d’examiner à 100 % écran tous les clichés pour trouver le plus petit défaut, et à lancer l’opprobre sur tout objectif qui n’est pas impeccable dans les coins à grande ouverture. Or, on oublie trop souvent qu’en agissant de la sorte on n’examine plus son 24 Mpix sur la base d’une image de 60 cm de large examinée à 40 cm de distance, mais sur celle d’une image de 1,60 m de large avec un écran calé à 96 ppp. Une image de 36 Mpix équivaut, elle, à 2 m de large, une image à 50 Mpix à 2,30 m… Si l’examen à 100 % écran garde son utilité pour différencier des images quasiment identiques (à cadrage équivalent, on ne retiendra que la plus nette pour le post-traitement), les « jugements de forum » sur ces seules bases semblent déraisonnables, tout comme les tests trop sévères qui laissent à penser (souvent  faute de lire les commentaires) que les objectifs les plus haut de gamme montés sur des 50 Mpix n’arriveront pas à faire mieux que le format A2 ! En fait, nos essais du Canon EOS 5DRS de 50 Mpix avec les objectifs haut de gamme montrent que le format A0 (1,20 m de large environ) ne lui font pas peur… dès lors que l’on ne regarde pas l’agrandissement avec une loupe.

S’il faut raison garder, on peut considérer que, quand on travaille en RAW avec un objectif de grande qualité, il n’y a aucune raison de renoncer à faire des agrandissements au moins « un cran au-dessus » de la taille théorique.  Nous avons évidemment fait « le vrai test » avec une imprimante très fine (Canon Pixma Pro 100, les encres à colorants étant un peu plus fines que celles à pigments des Pro 10 et Pro 1), et à partir de capteur de 24 Mpix les tirages crop découpés dans des formats A1 (59 × 84 cm, soit proches du format photo 60 × 90 cm) sont très convaincants avec des objectifs haut de gamme, à condition de respecter certaines règles concernant les réglages.

Conseils pour les formats de sortie des agrandissements avec le Nikon D750.

 

 

Photo de voyage : faire entrer de la vie dans vos portraits

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Les enfants

Dans certains pays, vous serez encerclé par des enfants avant même que vous n’ayez eu le temps de sortir de votre véhicule. Leur dynamisme et leur joie de vivre ne vous aideront pas à les faire poser pour un portrait, photographiez plutôt leur enthousiasme, leurs rires, leurs grimaces, leur regard coquin. Photographier des enfants dans la rue est devenu tabou dans notre société occidentale ; en voyage, les enfants adorent cela, mais essayez tout de même de voir si leurs parents sont aux alentours pour obtenir leur approbation. Soyez ouvert et clair sur votre démarche et sur le pourquoi de votre présence pour enrayer tout soupçon.

Les enfants de cette famille nomade se réjouissent de chaque visite et aiment poser devant l’appareil. Grâce à une belle complicité instaurée en quelques jours, je peux les photographier depuis l’entrée de leur yourte ; j’expose sur leurs visages.

 

Les femmes

La place des femmes n’est pas la même d’un pays à l’autre, les cultures sont différentes selon les croyances, les rituels, les religions. Si vous êtes une photographe femme, il vous sera plus facile d’entrer en contact avec elles ; si vous êtes un homme, essayez de les approcher avec le plus d’humilité possible, d’être discret et respectueux. Vous pouvez par exemple expliquer ce qui vous a amené si loin, faire sentir votre intérêt pour leur pays et leur culture. Parfois la communication non verbale et la patience fonctionnent très bien aussi.

La vue en contre-plongée met l’accent sur la lourde bassine de beurre de karité que cette femme du Burkina Faso porte sur la tête. Avez-vous vu qu’elle porte en même temps son bébé dans le dos ? On aperçoit sa petite main…

 

Les personnes âgées

Tout comme les enfants, les personnes âgées sont des sujets très photogéniques, elles portent souvent encore le vêtement traditionnel et dégagent sagesse et bienveillance. Les rides qui ont marqué les visages au fil des années témoignent de l’histoire de leur vie, ce qui fait ressortir leur âme sur la photo. Le traitement en noir et blanc est très utilisé pour les portraits de personnes âgées, il apporte une notion d’intemporalité.

Une série de plusieurs clichés a permis à cette femme chinoise, de la tribu des Hani, de se détendre. J’ai travaillé sur trépied. Une fois les paramètres du boîtier réglés, j’ai détaché mon œil du viseur pour mettre la femme plus à l’aise et lui faire oublier l’appareil. Comme je ne parle pas le chinois, la communication ne s’est faite que par le regard, le sourire et les gestes. Quand elle s’est décontractée, j’ai déclenché plusieurs fois et obtenu cette belle expression sur une des images.

 

Portrait volé ou posé ?

Les deux démarches sont très différentes. Dans le premier cas, la personne sera plus naturelle puisqu’elle ne sait pas que vous la photographiez. Dans le second, si vous nouez une belle complicité, la personne qui pose sera un parfait modèle pour mettre en scène l’image que vous avez en tête.

Dans le cas d’un portrait posé, la patience et la persévérance sont souvent un gage de réussite. Les personnes que vous croiserez en voyage n’auront que rarement de connaissances en photo et croient qu’un seul cliché suffit. J’établis toujours un premier contact, sans précipitation. Si la personne accepte que je la photographie, je fais une première série de clichés pour la décontracter. Je lui montre parfois le résultat au dos de mon appareil. Après avoir vérifié les réglages (profondeur de champ et exposition), je fais une deuxième série, sans oublier de communiquer avec elle.

Veillez toujours au confort de la personne qui pose et qui n’en a pas l’habitude, mettez-la à l’aise, guidez-la en lui donnant quelques indications de posture, de regard, etc. Il lui faudra un certain temps pour se détendre, et parfois plus d’une dizaine de clichés seront nécessaires avant que vous n’obteniez un beau portrait, celui qui restituera son expression au plus juste, qui fera ressortir sa personnalité et la magnifiera.

Entraînez-vous : photographiez le guide !

Si vous n’osez pas photographier et faire poser les personnes que vous croisez, vous pourrez sans aucun doute le faire avec votre guide. Il travaille dans le tourisme, il y est sûrement habitué et posera volontiers pour vous. S’étant prêté lui-même à l’exercice, il pourra ensuite vous servir d’intermédiaire et saura exactement ce que vous recherchez et comment mettre en place votre séance. Vous aurez trouvé un assistant photographe et je suis persuadée qu’il adorera cela !

 

 

Nikon D810 et hauts ISO

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Essais en RAW

  • En convertissant les RAW du Nikon D810 avec le logiciel « maison » Capture NX-D, on obtient des résultats assez proches des JPEG traités dans le boîtier. La netteté est plus affirmée, mais on voit apparaître quelques petits points blancs, trop petits cependant pour être visibles sur un agrandissement papier.
  • Lightroom affiche des couleurs plus franches et saturées et un grain très fin, du moins quand on pilote soi-même le réglage de luminance (car, par défaut, le mode automatique laisse subsister un grain grossier).
  • Enfin DxO Optics Pro bénéficie d’un traitement exceptionnel du bruit avec l’option Prime, ici activée en automatique, mais qui est parfois trop puissante et lisse certains détails. Ce n’est pas le cas ici car subsiste un petit grain ultra fin.

En utilisant le meilleur des trois logiciels testés, un traitement a été appliqué sur le fichier exposé à 12 800 ISO, hélas avec une dégradation de la netteté par rapport au grade 6 400 ISO, tandis que le rendu des couleurs restait vif et saturé : on voit que les contours de Nessie sont moins francs, de même que ceux du costume et du turban à gauche de la copie écran à 100 %.

Traitement d’un fichier NEF à 6 400 ISO du D810 par Capture NX-D, Lightroom et DxO Optics Pro.

 

Traitement d’un fichier NEF à 12 800 ISO du D810 par DxO Optics Pro.

Quels objectifs pour le Canon EOS 7D Mark II ?

Le Canon 7D Mark II avec un zoom de base 18-135 mm.

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Le problème du grand-angle

Autant le petit capteur est un atout très sérieux pour les longues focales, autant il semble un handicap pour le grand-angle, car pour retrouver le classique 16-35 mm des 24 × 36 il convient maintenant d’utiliser un 10-22 mm ! Notre confrontation porte cette fois sur l’angle le plus large de trois objectifs présentant un rapport de prix allant de 1 à 10, entre le 10-18 mm f/4,5-5,6 STM d’entrée de gamme (289 €), le 10-22 mm USM f/3,5-4,5 de la gamme expert (549 €) et le superbe objectif pro 11-24 mm f/4 USM qui fait merveille en 24 × 36 mais coûte quand même 3 190 €.

Là aussi, la hiérarchie est respectée avec un modèle pro excellent sur tout le champ à f/4 et offrant une netteté superlative sur tout le champ de f/5,6 à f/11, mais ce n’est que sur le plan de la luminosité (en moyenne 1 IL) que le modèle expert l’emporte sur l’entrée de gamme, qui sera un excellent choix pour un usage occasionnel des cadrages très larges, d’autant qu’il est stabilisé. Ce petit zoom permet de constituer avec les STM 18-55 et 55-250 mm un kit au rapport qualité/prix imbattable, offrant pour moins de 1 000 € une qualité tout à fait honorable en usage familial.

Le zoom Canon 10-18 STM au rapport qualité prix imbattable.

 

Mesures comparées du piqué de trois objectifs Canon à 10 et 11 mm.

 

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Aucun souci en transtandard

Canon propose une gamme transtandard expert de qualité très honorable, avec les 15-85 mm et 18-135 mm, le premier offrant  l’avantage  de faire mieux que les classiques 24-105 mm des 24 × 36, avec un cadrage équivalent à 24-135 mm. Mais aux deux bouts de la gamme EF-S il faut signaler d’une part l’excellent 17-55 mm f/2,8 stabilisé, et d’autre part le très démocratique 18-55 mm STM qui atteint le grade « excellent » en courte focale et reste de très bon niveau à 55 mm. En revanche, même si sa variation de focale ne correspond qu’à un 29-56 mm, il nous faut signaler les performances exceptionnelles du zoom Sigma Art 18-35 mm, seul zoom au monde à offrir l’ouverture ultra-lumineuse de f/1,8 tout en étant toujours noté au grade « excellent », même si les angles sont en retrait à 35 mm aux grandes ouvertures.

On sera moins enthousiaste quant à l’utilisation des transtandards de 24 × 36 sur le 7D Mark II, alors même qu’un 24-105 mm complète très bien un 10-22 mm en matière d’étagement des focales. Le 24-70 mm f/4 est exemplaire et pourra être complété par un 70-200 mm de même ouverture,  en revanche le classique 24-105 mm f/4 est supplanté désormais par les performances de l’entrée de gamme STM de même focale.

Les performances du Sigma ART 18-35 mm sont exceptionnelles, mais hélas sa variation de focale est limitée.

Le Canon 24-70 mm f/4 assurera une transition heureuse entre un grand-angle et un 70-200 mm.

 

Nikon D750 : la mesure de la lumière (1/2)

nikon d750 mesure lumière

Or, selon sa matière, sa nature, sa couleur, sa densité ou sa surface, chaque sujet réfléchit dans une proportion plus ou moins forte une partie de la lumière qu’il reçoit, et possède donc un coefficient de réflexion, ou albedo, qui lui est propre. D’une manière générale, une charte de gris (disponible chez Scuadra ou auprès d’autres accessoiristes) fournit une aide précieuse, et cela notamment quand le sujet à photographier présente d’importants écarts de luminosité ou reçoit un éclairage complexe (contre-jour, sujet dense sur fond clair – chat noir devant un mur blanc, par exemple – ou l’inverse – pétales clairs sur feuillage sombre, coquillages blancs sur sable ou galets mouillés, etc.).

nikon d750 mesure de la lumière

À défaut de charte de gris, vous devrez estimer la réflectivité de votre sujet. Afin de vous aider à y parvenir au mieux, vous trouverez dans le tableau suivant les coefficients de réflexion approximatifs de quelques sujets types. L’estimation du coefficient de réflexion du sujet vous permet de déduire la correction d’exposition à réaliser par rapport à la mesure de lumière faite par l’appareil photo ; cette correction vous est indiquée dans la dernière colonne du tableau.

nikon d750 tableau coefficient de réflexion

Retenez que les valeurs données dans le tableau sont indicatives ; vous devrez les adapter en situation selon les spécificités de votre sujet mais aussi en fonction du rendu que vous recherchez.

nikon d750 mesure de la lumière

Pour ce portrait d’un ara macao, j’ai très légèrement sous-exposé l’image (-0,3 IL) afin de rehausser la saturation des couleurs vives.
200 ISO, 1/320 s, f/4, 600 mm

Cet article est extrait de Photographier avec son Nikon D750, de Pascal Druel, à paraître en librairie le 13 mai (ISBN : 978-2-212-14134-4, 256 pages, 25 euros).

Nikon D810 – Exploiter la fonction vidéo (1/2)

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Avantages de la visée vidéo en photo

Pour visualiser en direct ce que le capteur est en train d’enregistrer, vous pouvez activer la visée vidéo sur l’écran arrière en pressant le commutateur Lv. Le miroir reflex se relève alors, et la visée optique n’est plus possible. Vous choisirez ainsi le type de visée qui convient le mieux à la situation (figures 1 et 2) : optique dans la majorité des situations, ou vidéo pour adopter des points de vue plus radicaux, comme lorsque vous faites une contre-plongée très forte, ou au contraire lorsque vous portez votre appareil très haut, à bout de bras, et que vous souhaitez bénéficier d’un bon contrôle de la composition.

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Figure 1. Le Live view est un atout en prise de vue pour réaliser des images suivant un point de vue peu compatible avec la visée optique… malgré le moniteur fixe !

 

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Figure 2. Il est préférable de fermer l’oculaire du viseur optique pour un usage optimal du mode Live view.

La visée vidéo peut être un réel avantage en photo pour prévisualiser le résultat final, puisque l’écran arrière vous affiche l’image formée par l’objectif et captée par l’imageur, développée suivant les réglages du boîtier en termes d’exposition, de profondeur de champ, de balance des blancs et de Picture Control, ce que ne permet évidemment pas la visée reflex… Vous visualisez donc l’image finale avant la prise de vue, et pouvez ajuster les réglages en direct avant de déclencher.

La visée sur écran vous fait en outre bénéficier d’un certain nombre d’informations que vous pouvez activer en pressant plusieurs fois la touche Info : l’horizon virtuel ou le quadrillage vous permettront, par exemple, de caler votre composition avant de shooter, ou de commencer l’enregistrement de votre plan, surtout si un mouvement de caméra est prévu…

Un agrandissement de l’image vidéo est possible, pour vérifier et affiner une mise au point, par le biais de la touche Loupe +. Une fois l’affichage agrandi, vous pouvez vous déplacer dans l’image à l’aide du sélecteur, et un appui sur la touche centrale du sélecteur vous replacera automatiquement au centre. Voilà qui peut remplacer une loupe de visée en cas de prise de vue de nature morte ! En termes de piqué, l’autofocus en Lv ne pourra présenter aucun décalage ni erreur de mise au point et, comme le miroir est déjà en position relevée au moment du déclenchement, les vibrations dues au miroir seront nulles.

Photographe portraitiste

Pour mener votre entreprise à la réussite, il vous faudra user d’astuces marketing et penser à satisfaire la clientèle visée avant tout. Si votre style démontre vos ambitions artistiques, il ne suffit pas à encourager les gens à vous engager. Être photographe n’est pas qu’une question de créativité !
  • Être discipliné : la discipline est la clé quand vous êtes travailleur autonome. Certains s’imaginent les photographes occupant leur temps comme bon leur semble, passant leur journée à ne rien faire, étant un brin fainéants (forcément, la photo n’est pas un vrai métier !). Or, en tant qu’indépendant, vous devrez jongler entre clients, fournisseurs, contrats et partenaires d’affaires, en plus de votre vie personnelle ; vous devrez entre autres organiser des plannings de prises de vue, de livraisons d’images, vous promouvoir pour développer votre activité, établir une grille de tarifs et la faire évoluer, chercher de nouveaux clients potentiels, gérer votre comptabilité… Ces tâches ne pourront être réalisées par personne d’autre que vous – au moins au début de votre activité – et s’accumuleront par manque de rigueur. Donc, si un contrat traîne sur le coin de votre bureau pendant des semaines, c’est à vous que les clients feront part de leur mécontentement et vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même. Un manque de discipline nuira, par conséquent, à l’image de votre entreprise et à votre réputation, et vous mettra en difficulté lorsqu’il s’agira de fidéliser la clientèle et de vous faire recommander. Aussi, si vous êtes du genre à ne pas prendre vos responsabilités et à tout remettre au lendemain, ça ne fonctionnera pas.

Vos clients ne devraient jamais avoir à vous rappeler à l’ordre qu’il s’agisse de recevoir une réponse à une demande d’informations ou de savoir quand leur commande sera livrée. C’est à vous de fournir un service de qualité si vous voulez qu’ils aient de nouveau envie de collaborer avec vous. La vie d’indépendant exige de la discipline : imposez-vous-la !

  • Être créatif : faire preuve de créativité, ce n’est pas seulement produire de belles photographies, mais c’est aussi savoir vous sortir du pétrin si nécessaire… C’est innover pour trouver des manières de fidéliser votre clientèle, proposer des promotions, des concours, des publicités ou encore réussir à vous vendre et à mettre en valeur votre travail (chapitre 3). Cette qualité vous sera aussi utile pour faire rire un enfant lors d’une séance de prises de vue ou encore pour apporter satisfaction à un client en élaborant un concept original correspondant à l’idée qu’il a émise (chapitre 5).
  • Être débrouillard et curieux : être photographe indépendant, c’est être débrouillard et curieux tous les jours… Et j’exagère à peine ! L’un ne va pas sans l’autre, car la curiosité vous mènera souvent à faire appel à votre débrouillardise et la débrouillardise fera croître votre curiosité. Devant tout faire par vous-même, vous devrez souvent aussi répondre à vos propres questions, et vous vous retrouverez tôt ou tard à chercher sur Google le nom d’un fournisseur, comment régler un défaut de votre appareil photo, créer un nouvel éclairage, utiliser au mieux un équipement qui ne fonctionne pas comme il se doit, effectuer la mise à jour de vos logiciels, installer une sonde pour calibrer votre écran, et j’en passe… Sans oublier que vous devrez sans aucun doute, à un moment ou à un autre de votre carrière, vous renseigner sur la législation d’entreprise, sur tel ou tel aspect de comptabilité qui vous échappe ou encore participer à des formations pour approfondir vos connaissances sur la photographie, tout ceci en contactant les services spécialisés, en vous rendant si nécessaire dans les centres administratifs adéquats ou en vous inscrivant à des stages/formations selon vos besoins. Beaucoup de jeunes photographes ont une certaine lâcheté sur ce point, ce qui leur nuit énormément. Dites-vous bien que l’on ne peut apprendre le métier de photographe dans toutes ses facettes et sa complexité en une journée ; des années de pratique et de recherche sont nécessaires pour y arriver. Être débrouillard et curieux, c’est donc non seulement être capable de régler une foule de problèmes, mais aussi de développer son style en recherchant toujours de nouvelles idées… Sans plagier !

Prix, bourse, résidence photo : comment se préparer ? (2/2)

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Dans le cadre d’un prix, d’une bourse ou d’une résidence, le jury, comme les organisateurs, sont préparés à regarder vos images, le contexte est dédié et donc favorable à l’écoute et à la prise en considération de vos éléments ; c’est un espace particulièrement approprié pour montrer vos travaux. Il ne faut jamais avoir honte ou peur d’avoir envie de montrer mais il faut toujours avoir une très forte envie de faire de la photographie. Il ne faut pas avoir envie de montrer pour soi, pour se montrer, s’exposer : il faut avoir un discours et il faut que ce discours ait du sens, qu’il soit lui-même louable et montrable. Et là et seulement là, vous aurez la légitimité d’être et serez un photographe parmi les photographes.

Je n’ai de cesse de dire que le nombre de personnes qui souhaitent devenir photographe est croissant, vous savez certainement que le nombre d’amateurs croit également et que les prouesses des appareils, la prégnance des réseaux sociaux généralistes ou bien dédiés à la mise en ligne de photographies constituent une manne pour qui veut faire circuler ses images. Tant que l’image qui est ainsi véhiculée et rendue publique est une bonne image, tout est pour le mieux. Je ne suis pas pour l’à peu près, le vite fait, le vite consommé, car la photographie, au contraire, demande du temps, demande du sens. Je souhaite vous mettre ici en garde contre la voracité et/ou l’amateurisme de certains professionnels. Comme lors du choix de votre établissement de formation, comme lors de la sélection des masterclass ou workshops, cherchez à savoir qui organise ces prix et ces bourses ou encore ces résidences que vous avez identifiés. Quelle est leur portée et où apparaissent les organisateurs ? Ont-ils un réel lien avec la profession, les galeries, les festivals, connaissent-ils réellement les jurys ? Une astuce : lorsqu’un prix ou une bourse promet une exposition ici ou là ou bien revendique une collaboration avec un éditeur, une institution culturelle, prenez contact avec eux, questionnez-les. Assurez-vous d’être face à quelqu’un de sérieux et non face à quelqu’un qui va se servir de vous, qui se sert de la jeune photographie pour faire sa propre promotion, créer son propre réseau et son fond de commerce. Rappelez-vous que les grandes entreprises, les marques qui organisent les plus grands prix les investissent avant tout de leurs propres compétences et génèrent des collaborations efficaces et pertinentes avec les milieux artistiques et les institutions culturelles à Paris comme en région.

Je vous assure également que nombreux sont ceux qui sont bienveillants. Ils sont durs, certes, car tous profondément épris de photographie. Prendre soin des photographes, être exigeant, c’est être exigeant pour la photographie et pour la profession !

Vous avez une identité propre ; chaque prix, chaque bourse en a une également. C’est à partir de cela que vous devez travailler. Il y a de la place pour tout le monde si vous êtes impliqué, il n’y a aucune raison pour que vous n’aboutissiez pas.

Demandez-vous d’abord comment cette candidature se situe dans votre carrière :

  • où en êtes-vous ?
  • à quoi cela va réellement vous servir ?

Il est toujours un peu compliqué de savoir où se diriger. Nous allons voir comment la matière produite par chacun de ces prix, bourses et résidences va vous aider à faire votre chemin…

Cet article est extrait de Artiste photographe, publié par Fabiène Gay Jacob Vial aux éditions Eyrolles. Pour en savoir plus concernant cet ouvrage, rendez-vous sur le blog Simples instants.

Prix, bourse, résidence photo : une étape formatrice (1/2)

couverture Artiste photographe Fabiène Gay Jacob Vial

Participer à des prix ou bourses, présenter ainsi son travail à divers jurys, est une activité à laquelle se soumettre tout au long de sa carrière, et que vous poursuivrez dans une optique différente au fur et à mesure du temps. Rassurez-vous, cela concerne tous les photographes de toutes les générations. Au début d’une carrière, le but est d’être repéré ; quelques années plus tard, de rester visible et présent sur le marché, puis enfin, le temps passant, de couronner sa carrière, valoriser son parcours et sa photographie. « Un prix, une bourse, c’est utile voire nécessaire. Cela permet d’être, d’exister. Plus on montre, plus on a de chances d’être vu. Il n’y a pas de chemin tracé, pas de règle mais une logique » affirme Marion Hislen, présidente et fondatrice de l’association Fetart.

Faut-il candidater à tout prix, à tous les prix ?

Les avis sont partagés, il se dit que les choses produisent toujours quelque chose, et que pourquoi pas le faire… Cependant, il est impératif de considérer chacune de vos candidatures comme étant unique. On ne duplique pas un dossier. On le fait évoluer, on l’organise en fonction de la nature du prix, de la bourse ou de la résidence. On considère soi et celui que l’on sollicite.

Au-delà de la participation

La visibilité donnée par un prix, une bourse ou une résidence est une validation de la profession. Potentiellement, ils sont un élément déclencheur de votre cote, car leurs connexions avec les foires et les salons – des lieux où l’on achète de la photographie ! – peuvent vous permettre de vendre vos premières images. Tel a été le cas avec SFR Jeunes talents qui présente ses lauréats lors de Paris Photo. Or, seule cette validation permet une valorisation. La distinction n’est toutefois pas une fin en soi. Il faut faire son chemin, bâtir de toutes pièces son propre réseau, le suivre et l’animer. La très grande majorité des experts constate que les jeunes photographes ne sont pas toujours très lucides par rapport à cela. Ils ne pensent pas, par exemple, à inviter à leurs futures expositions les jurys ou directeurs de prix qui les ont distingués, ils ne pensent pas à les tenir au courant de ce qu’ils font. Ils oublient de même les intervenants qu’ils ont croisés alors qu’ils étaient en formation. Les seuls auxquels ils pensent sont ceux avec qui ils ont eu la plus grande affinité, ce qui se conçoit bien mais je répète que nous sommes dans une logique professionnelle et je ne pense pas que l’on puisse se contenter de travailler avec celles et ceux qui nous sont le plus agréable ! J’ai souvent entendu dire que les jeunes photographes, sont individualistes et arrogants, que trop nombreux d’entre eux ne font pas le b.a.-ba. Quel dommage !

« Ce qui importe, c’est le travail. La qualité d’un dossier aussi bien en termes de contenu que sur le fond. Si l’un ou l’autre est bâclé cela se sentira et le photographe ne sera pas prix au sérieux. Si un dossier ne passe pas au niveau d’un prix ou d’une bourse, il serait étonnant qu’il passe auprès d’une galerie ou d’une agence » indique Philippe Gassmann, directeur général de Picto. Au-delà de la participation, il y a donc du travail, du travail et encore du travail, et ce travail n’est pas un travail de photographe mais un travail de représentant. Êtes-vous prêt à faire du porte à porte, de la communication, de la promotion ?

Cet article est extrait de Artiste photographe, publié par Fabiène Gay Jacob Vial, aux éditions Eyrolles. Pour en savoir plus concernant cet ouvrage, rendez-vous sur le blog Simples instants.

Au sommaire

Se former à la photographie. L’école : point de départ d’un projet • Comment choisir ? • Quels établissements pour devenir photographe ? Workshop et master class. Préparer ! • Sur quels critères choisir ? • À la découverte de six pratiques : la question des apprentissages Prix, bourses, résidences et aides publiques. Soumettre : une étape formatrice • Prix, bourse, résidence : quelle différence ? • Participer : l’intérêt des lectures de portfolios, la construction du dossier artistique, l’importance de l’éditing • Lauréat, et après ? • Points de repère : une sélection de prix • Dispositifs d’aides publiques Diffuser sa photographie. Votre visibilité et vos choix de professionnel • L’aspect financier • Parcours de jeune photographe • Comment vous diffuser ? • Le Web et les médias sociaux • Les galeries et les centres d’art • Les collectionneurs • Les éditeurs • Les festivals • La presse •Sponsors, mécènes, partenaires Parler de sa photographie. L’écriture • Assurer et mettre en mots son propos de photographe • Texte et portfolio : présenter sa photographie Annexe.

Fabiène Gay Jacob Vial accompagne les photographes dans le développement de leur carrière aussi bien sur le plan artistique que sur le plan d’une activité économique, et propose des formations dédiées sur www.blog-lescyclopes.com. Elle est l’auteur de Créer et gérer une activité de photographe et de Animer des ateliers de photographie.

Nikon D3300 : l’autofocus

nikon d3300 livre pascal druel

Les différents modes autofocus

Afin que vous soyez en mesure de couvrir le plus large éventail de sujets possibles, le D3300 propose trois modes autofocus agrémentés d’un mode de mise au point manuelle (captures ci-dessous). Les besoins en termes de netteté et de rapidité diffèrent en effet selon que vous photographiez un sujet immobile ou, au contraire, se déplaçant à grande vitesse. La sélection du mode de mise au point se fait via l’écran et le sélecteur multidirectionnel (validation par OK), suite à une pression sur la touche « i ».

 nikon d3300 mode autofocus

 

mode autofocus nikon d3300

Une pression sur la touche « i » vous permet de choisir instantanément le mode autofocus le plus adapté à vos besoins.

Par défaut, le D3300 est configuré en mode AF-A. Notez également que les modes AF-S et AF-C sont disponibles uniquement avec les modes P, A, S et M. Chacun des trois modes autofocus convient à une utilisation précise. Il est à retenir que dans les modes AF-A, AF-S et AF-C, le déclenchement est impossible si l’appareil ne parvient pas à faire la mise au point.

  • AF-A (Auto) : ce mode automatique laisse au D3300 le contrôle total sur la netteté. L’appareil ajuste alors de lui-même la gestion de la mise au point en fonction des spécificités du sujet et bascule d’un mode autofocus à un autre selon les besoins. Ainsi, en cas de sujet immobile, l’AF sélectif (ponctuel) est sélectionné. Inversement, si le sujet bouge, c’est le mode AF continu qui est choisi. L’autofocus travaille alors en mode suivi de mise au point, afin de se verrouiller sur les déplacements du sujet.
  • AF-S (Sélectif) : il convient aux sujets immobiles (architecture, paysage, portrait posé, objet, reproduction de documents, etc.). La mise au point est réalisée et mémorisée tant que vous maintenez le déclencheur pressé à mi-course.
  • AF-C (Continu) : dédié aux sujets en mouvement, l’autofocus AF-C assure la mise au point en continu dès lors que le déclencheur est sollicité à mi-course. Le D3300 active alors le suivi des déplacements du sujet et anticipe la position de ce dernier au moment du déclenchement afin d’assurer la netteté de l’image.
autofocus nikon d3300 mode AF-S

Pour photographier ce « paisible » crocodile, j’ai sélectionné le mode autofocus AF-S qui convient bien aux sujets immobiles. (200 ISO, 1/125 s, f/7,1, 300 mm.)

 

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