Questions Photo

Livres photo : être édité ou s’autoéditer ?

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Se faire éditer
Examinons de plus près les deux scénarios. Se faire éditer, par un petit éditeur d’art ou par une grande maison d‘édition, implique de travailler avec un groupe de personnes chargées de faire de votre livre une réussite. Dans le meilleur des cas, ce travail d‘équipe se traduira par une expérience positive, entreprise avec des professionnels expérimentés, qui donneront corps à votre livre et le placeront rapidement entre les mains de milliers de lecteurs. Une chose est sûre, pour qu’un éditeur se lance dans la publication d’un projet, il faudra que celui-ci soit convaincu qu’il génèrera des revenus supérieurs aux coûts de production, et qu’il ait si possible un potentiel suffisant pour continuer à se vendre longtemps encore.

Le projet idéal portera sur un sujet pour lequel existe déjà un public identifié et, encore mieux, un public auquel l‘éditeur ait déjà vendu des ouvrages. Les clients existants achèteront plus volontiers d’autres ouvrages sur un sujet qui les intéresse déjà, ou d’un éditeur qu’ils connaissent et auquel ils font confiance. Si un éditeur n’est pas convaincu que votre œuvre et votre nom seuls parviendront à vendre des milliers d’exemplaires, il prendra votre projet plus au sérieux si un spécialiste du domaine apporte sa caution à l’ouvrage sous la forme d’un texte. Autrement dit, à moins d‘être déjà considéré comme un auteur “maison”, votre projet sera jugé à l’aune de son sujet et de la réputation du ou des auteurs qui y contribueront.

Une fois publié, il vous faudra attirer l’attention du département marketing et du service de presse pour vous démarquer des autres parutions maison et donner un maximum de chance à votre ouvrage d‘être “bien” promu. Les petites maisons d‘édition couvrent généralement des domaines plus spécialisés et s’adressent à une clientèle à la fois plus prévisible et plus fidèle, gagnée au fil des ans. Même si ce public ne vous connaît pas, mais que votre style, votre procédé, ou votre sujet cadre avec la niche occupée par cet éditeur, celui-ci appréciera la valeur apportée par votre livre. Les budgets marketing au sein d’une même maison varient d’un titre à l’autre. La plupart des maisons d‘édition, grandes ou moyennes, lanceront un plan marketing standard, comprenant la parution de publicités dans les magazines et les revues concernées, ainsi que l’envoi d’exemplaires de presse et l’organisation de séances de signature.

Du point de vue créatif, les grandes et moyennes maisons d‘édition disposeront d’un ou plusieurs maquettistes en interne travaillant sur plusieurs titres à la fois, ce qui rendra peu probable, voire impossible, l’organisation de longues séances de travail en commun. Cela pourrait vous inquiéter, jusqu’au moment où vous comprendrez que la conception de livres est leur métier, et qu’ils le font de façon courante. N’oubliez pas que votre éditeur supervise le travail du graphiste et qu’il a aussi en tête le succès de l’ouvrage ; faites-lui confiance et restez ouvert à ses propositions. Dans de rares cas, on vous laissera peut-être la possibilité de travailler avec le graphiste de votre choix, qui vous fournira le niveau d’attention et la qualité que vous réclamerez, mais c’est probablement vous qui devrez supporter le coût de la conception graphique, ou au moins en partie.

Mini-studio photo : fond blanc, fond noir

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Fond noir
Un fond noir fait briller les couleurs et met particulièrement en valeur la forme du sujet. Mais il n’est pas toujours simple d’obtenir un fond d’un noir profond et il ne suffit pas de placer le sujet devant un fond noir pour obtenir le résultat attendu. Soit le sujet n’est pas éclairé de manière satisfaisante, soit l’arrière-plan s’obstine à ne pas vouloir rester noir. En outre, si des grains de poussière sont venus se poser sur l’arrière-plan, ils brillent comme des étoiles dans un ciel sans nuages.
Ces problèmes peuvent être résolus grâce à une installation judicieuse. Pour le fond, nous utilisons du velours ou du molleton noirs qui absorbent beaucoup la lumière, mais du simple carton noir ou gris fait aussi l’affaire. L’important est que le moins de lumière possible atteigne le fond : c’est là que réside le ″secret″. On peut y parvenir en tamisant l’éclairage artificiel, en utilisant un filtre nid-d’abeilles ou en éloignant l’arrière-plan du sujet.


Le flash est soigneusement isolé car il est important que sa lumière n’arrive pas sur l’arrière-plan.

L’installation ressemble à celle employée pour obtenir un arrière-plan blanc, à la différence que l’arrière-plan est protégé de la lumière. Pour cela, nous utilisons des cartons noirs des deux côtés que nous plaçons de façon à laisser voir l’arrière-plan foncé.
Lors du choix de l’éclairage, il faut veiller à ce que la lumière ne passe pas entre les deux pare-soleil. L’idéal est d’utiliser un éclairage latéral. Plus il y a d’espace entre le fond et les cartons occultants, moins il y a de risques que la lumière atteigne l’arrière-plan.
Comme l’éclairage ambiant influence aussi la prise de vue, mieux vaut assombrir la pièce autant que possible.


Un fond noir souligne la forme et les couleurs du sujet.

Cet article est extrait du livre de Cyrill Harnischmacher, Mini-studio photo – Utilisation créative des flashs cobra et des accessoires d’éclairage photo, qui vient de paraître aux éditions Eyrolles.

Mini-studio photo : comparaison des accessoires d’éclairage

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Flash cobra

Un flash cobra sans accessoire d’éclairage, utilisé comme source d’éclairage ponctuel, crée des ombres très dures et clairement délimitées.

Parapluie

Les parapluies sont bon marché et facilement transportables. Ils peuvent être translucides ou avoir une doublure argentée, dorée ou blanche. Ces accessoires créent une lumière douce et des ombres aux contours irréguliers en raison de la dispersion de la lumière.

Petite boîte à lumière

Une petite boîte à lumière permet d’adoucir considérablement la lumière. Ici, il s’agit d’une boîte à lumière de dimensions 30 × 30 cm fixée sur un flash cobra à l’aide d’un adaptateur.

Parapluie diffuseur

Un parapluie diffuseur (100 cm de diamètre) se déploie comme un parapluie classique et est très facile à transporter. Il génère une lumière douce très discrète, idéale pour les objets mats, mais pas pour les objets brillants en raison de reflets déplaisants.

Boîte à lumière moyenne

Des ombres douces et un éclairage régulier font de la boîte à lumière un accessoire universel. Une boîte à lumière moyenne (50 × 70 cm) offre une surface lumineuse de taille appréciable.

 

Deux nouveaux compagnons pour le photographe baroudeur

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Dans le style “Cuisine nouvelle” la nouvelle tendance en livre photo est le mini-format. Ainsi, l’éditeur Pearson vient de publier deux nouveaux ouvrages dédiés à la photographie de paysage et à l’exposition. Proposés dans un format de poche, ils tiennent aisément dans un sac à main ou un fourre-tout photo tout en conservant un contenu assez dense.

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Photographier la nature en macro : les araignées (Deuxième partie)

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Les araignées sans toile

Toutes ne forment pas de toiles. Par exemple, les araignées-loups, telles les lycoses et les pardoses, chassent à courre. Dans le Sud de la France, la lycose de Narbonne, d’une taille impressionnante, creuse un terrier et se tient à l’affût des proies qui passent à proximité. La mygale maçonne, elle aussi méridionale, pousse le confort jusqu’à fermer son terrier d’un couvercle de terre et de soie qui s’emboîte parfaitement dans l’ouverture de son abri. Seules ses pattes dépassent et, malgré sa taille de 15 à 30 mm, il est assez difficile de la découvrir. Mais ne craignez rien, contrairement à certaines de ses cousines d’Amérique du Sud, elle ne présente aucun danger. Les thomises, appelées aussi “araignées-crabes” à cause de leurs grandes pattes arrondies, chassent à l’affût sur les fleurs. Elles capturent même des abeilles, pourtant puissamment armées. Il n’est pas rare de trouver sur une fleur une abeille retournée dont l’araignée suce le sang.

Les thomises restent difficiles à voir car elles se placent souvent sur des fleurs dont les couleurs sont semblables aux leurs. Mais il arrive que certaines se trompent de fleur…

Assez petites, les saltiques, ou araignées sauteuses, vivent aussi sur les fleurs, d’où elles bondissent sur leurs proies. L’une d’elles habite les pierriers du Midi où sa couleur rouge la rend facilement repérable.

La thomise consommant sa proie étant immobile et peu farouche, nous avons pu placer derrière elle un fond flou faiblement coloré permettant de faire ressortir le sujet d’une manière naturelle. 100 ISO, 50 mm macro et flash annulaire, 1/125 s à f/22.
Sous les pierres, d’autres espèces construisent des loges de soie pour s’abriter. Les dysderas de couleur orangée sont les plus remarquables. La nuit, elles chassent les cloportes à l’aide de leurs énormes chélicères (mâchoires) allongées vers l’avant.

 

 

Photographier la nature en macro : l’envol des insectes (Première partie)

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Les limites de l’emploi des cellules

L’acquisition de cellules photoélectriques ne résoudra pas toutes vos difficultés de prise de vue en vol. En effet, vous devrez encore régler un certain nombre de problèmes techniques. En premier lieu, il faudra baliser le chemin que devra emprunter l’insecte pour passer devant les cellules photoélectriques, déterminer l’endroit où faire la mise au point et, enfin, régler la rapidité de l’éclair pour immobiliser les ailes. Pour plus de confort, une fois encore, je conseille l’emploi de plusieurs flashs.

Guider l’insecte. Avant qu’il déclenche en passant devant la cellule, il faut conduire l’insecte à se présenter à un endroit donné en lui faisant suivre un parcours guidé dont l’ouverture finale sera réduite pour éviter qu’il ne s’éloigne trop. N’oublions pas que sa taille oblige à un rapport relativement important qui réduit la profondeur de champ : à un demi-centimètre près, la photo risque d’être floue. Un bon système consiste à placer les insectes dans une boîte noire dont l’une des faces comporte un cône translucide dirigé vers la lumière. Sur la face opposée, une large ouverture couverte par un rideau noir permet d’introduire de nouveaux « sujets ». En vous plaçant devant une fenêtre, vous récupérerez plus facilement les insectes lors de leur sortie afin de les remettre dans la boîte d’envol.

Régler la mise au point. La cellule est située devant la sortie du cône et les insectes en coupent le faisceau en sortant, ce qui provoque le déclenchement de l’appareil. Voilà pour la théorie. La pratique est plus délicate. En effet, les vitesses de vol varient d’un animal à l’autre et il est difficile de déterminer avec précision à quel endroit régler la mise au point. Selon le matériel utilisé, le déclenchement de l’obturateur varie également. Le mieux est de cadrer assez large au début, puis de réduire progressivement le champ si les résultats confirment la zone de netteté.



Il faut anticiper l’action de l’insecte pour tenter de le stopper en vol, d’où un grand nombre de photos ratées. Parmi le nombre, la découverte d’une rareté, un citron de Provence unique, à la fois mâle et femelle. 500 ISO, 180 mm macro, 1/1 300 s à f/18.


Les cellules à rayon laser sont également plus rapides au déclenchement et, surtout, leur faisceau très fin réagit au passage d’un petit insecte, ce qui n’est pas le cas avec les cellules classiques à infrarouge. Leur rayon plus large est facile à mettre en place mais d’un déclenchement plus aléatoire avec les petits sujets. Dans tous les cas, dites-vous que vous ne couperez pas aux essais, heureusement facilités maintenant par le numérique…
Si vous n’avez pas les moyens d’acquérir une cellule, laissez voler l’insecte dans un couloir transparent et déclenchez au moment où il quitte le tube, mais c’est un peu hasardeux. L’autre solution que nous propose le numérique, c’est de pratiquer une véritable chasse photographique sportive de tir en vol. Utilisez pour cela un boîtier performant capable de réaliser des rafales de 5 à 10 images par seconde et montez dessus un objectif macro de 180 mm.



Placée sur le dos sur une plaque d’altuglas opaque, cette coccinelle a été photographiée au moment où elle ouvrait ses élytres pour se redresser. La vitesse de prise de vue dépend de celle des éclairs émis par deux Metz CT4 utilisés en manuel avec la puissance diminuée de 1/128e. 160 ISO, 100 mm macro, 1/100 s à f/22.

Augmentez la sensibilité à 800 ou 1 600 ISO selon la luminosité. Vous pouvez gagner encore en sous-exposant de 1 ou 2 diaphragmes ; les papillons clairs ressortiront mieux et les parties sous-exposées seront retouchées au post-traitement. Réglez votre autofocus en mode AI Servo de façon à pouvoir suivre le sujet. La vitesse sera réglée autour de 1/4 000 s. Postez-vous près d’un massif de fleurs qui reçoit de nombreux visiteurs et tirez des rafales quand ils arrivent ou repartent des fleurs. Bon courage !


Les atouts de la visée à l’écran

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Tout à l‘écran
L‘écran arrière de l’appareil présente certaines qualités que n’ont pas les viseurs traditionnels. Il permet une visée 100 %, alors qu’un viseur optique ne montre que 95 à 98 % de la photo finale (les éléments en bord de cadre ne sont alors pas visibles à la prise de vue). L‘écran, lui, affiche l’image en entier, ce qui permet un cadrage parfait et limite le risque d‘éléments parasites.

Utiliser un appareil photo léger, à visée écran, d’une seule main, permet d‘être acteur d’une scène en même temps que photographe. Ici, je caresse le chat de la main gauche tout en cadrant de la main droite, ce qui rend l’animal plus réceptif et la photo plus originale.

De plus, l‘écran restitue fidèlement le rendu lumineux de l’image. Cadrez un bâtiment puis basculez doucement votre appareil vers le ciel et vous verrez la luminosité de l‘écran changer : l’appareil actualise en direct le rendu de l’image afin de vous montrer quelle exposition sera appliquée. Si vous trouvez alors que le ciel est trop blanc ou le bâtiment trop sombre (veillez, cependant, à ce que la luminosité de votre écran soit bien réglée !), il vous suffit d’envisager une correction d’exposition. L‘écran vous permettra alors de suivre en direct l‘évolution du rendu de l’image au fur et à mesure que vous faites varier l’exposition, pour un dosage lumineux particulièrement précis. Voir ainsi la photo évoluer en direct est très formateur, en ce qui concerne la gestion de la lumière, pour les débutants… et toujours très utile pour les photographes confirmés !
Enfin, la visée à l‘écran vous donne la possibilité de “voir le monde” directement en noir et blanc, en sélectionnant l’option adéquate, et d’entrevoir votre environnement différemment. Cette fonctionnalité peut vous aider à travailler votre “vision en densité” : vous percevrez de mieux en mieux quelles scènes présentent un bon contraste et sont particulièrement adaptées à un traitement monochrome.

En pratique

  • Explorez la diversité d’angles de vue qu’offrent la maniabilité d’un appareil léger et la visée à l‘écran. Gardez vos pieds fixes au sol et photographiez autour de vous en variant au maximum les cadrages et angles de vue. Avez-vous remarqué que vous pouviez photographier ce qui se trouve derrière vous, sans même avoir à vous contorsionner ? Ne vous inquiétez pas si, dans un premier temps, vos photos sont un peu bancales. Vous parviendrez peu à peu à obtenir une bonne horizontalité des vues, ou déciderez que vous affranchir de la gravité est une option créative à conserver !
  • Osez des expositions extrêmes en noir et blanc en évaluant leur impact grâce à l‘écran. Réglez votre appareil sur un rendu en noir et blanc, sous-exposez à -1 ou -2 IL et photographiez en contre-jour. Jouez à faire surgir des éléments clairs ou éclairés de l’obscurité.

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Cet article est extrait de Vivez, déclenchez, partagez ! La photo au quotidien, de Anne-Laure Jacquart, à paraître aux éditions Eyrolles le 6 octobre 2011 (978-2-212-13304-2).
Anne-Laure Jacquart est photographe et formatrice photo. Par l’intermédiaire d’articles, d’ouvrages et de formations, elle invite les photographes amateurs à affiner leur regard, leur sens de la composition et leur créativité, et les engage à considérer la technique comme un simple outil permettant d’arriver à leurs fins expressives. Elle est également l’auteur de Composez, réglez, déclenchez ! La photo pas à pas.

Maîtriser le Canon EOS 600D : adapter la mesure de la lumière

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Les quatre modes de mesure du 600D

Le capteur sur lequel repose le posemètre du 600D est segmenté en 63 zones que l’on peut assimiler à autant de cellules indépendantes. En privilégiant ou en minorant certaines d’entre elles, le système autorise quatre modes de mesure de la lumière que l’on peut librement choisir dans les programmes d’exposition P, Tv, Av et M. Une fois familiarisé avec leur pictogramme respectif (rappelé sur l’écran de contrôle, mais malheureusement pas dans le viseur), passer de l’un à l’autre est assez simple et rapide (voir mode d’emploi page 102). Pour autant, adapter correctement le mode de mesure aux conditions de lumière et/ou à ses habitudes de travail implique d’en comprendre le fonctionnement et les limites.

Mesure Evaluative

Le principe de la mesure Evaluative est assez simple. Le champ de mesure couvre la quasi-intégralité de l’image qui est segmentée en 63 zones. Le système les mesure et les analyse une à une (pondérant ou minorant certaines zones par rapport à d’autres). Une moyenne est ensuite établie à partir de l’ensemble et le 600D en déduit les paramètres d’exposition adaptés à la scène et à la sensibilité de prise de vue.

La mesure Evaluative est appliquée par défaut. Efficace dans la grande majorité des cas, on la conseillera aux débutants pour son côté « rassurant » et simple.

Les détails du processus demeurent obscurs pour des raisons évidentes de concurrence, mais on sait notamment que la distance communiquée par l’objectif est aussi prise en compte. Partant du principe que l’élément de l’image qui prime est celui sur lequel a été fait le point, le système privilégie ce qui est a priori le sujet et applique une pondération supérieure à la zone de mesure correspondante et à celles qui la jouxtent. Tout l’intérêt de la mesure Évaluative réside donc dans la pondération des résultats des différentes zones et dans sa simplicité d’utilisation puisque c’est le boîtier (et lui seul) qui en interprète les données. Dans 80 % des cas, l’efficacité du système est bonne et l’exposition convenable, du moins globalement et d’un point de vue technique.

La mesure Evaluative est assez efficace et permet d’obtenir une exposition moyenne, le plus souvent correcte. Elle est en revanche à la peine dès que la lumière est contrastée et par essence inadaptée à une gestion réfléchie et créative de l’exposition. (© Pascale Brites)

Cette mesure n’a pas pour autant la faveur des photographes expérimentés, les uns estimant qu’elle surexpose systématiquement, les autres lui reprochant l’inverse. En réalité, le plus souvent, le problème n’est pas tant lié à la mesure en elle-même qu’à son interprétation par un système qui manque de discernement dans la pondération des zones et qui s’avère instable.
En théorie, le capteur à double couche et le nouvel algorithme auraient dû offrir une meilleure efficacité à la mesure Évaluative du 600D qu’à celle du 500D ou du 450D par exemple, tous deux équipés d’un système achromate. Or, ni plus ni moins que le précédent, le système iFCL est particulièrement sujet aux erreurs avec les sujets s’éloignant trop de la moyenne et se laisse facilement piéger en présence de scènes comportant des reflets (sur l’eau notamment) où la sous-exposition est fréquente. Face à une scène contrastée par exemple (et encore plus de nuit), il privilégie le plus souvent le rendu des ombres, qui s’avèrent trop claires, au détriment des hautes lumières qui ont tendance à percer. Inversement, quand le ciel est couvert, une relative sous-exposition des images est courante.
Autrement dit, malgré un a priori séduisant, force est de constater une fois encore que l’expérience du photographe est bien plus précieuse dans l’interprétation de la mesure qu’un système d’analyse, fût-il sensible à la couleur.
Les réactions de la mesure Evaluative ne sont pas linéaires et, faute de savoir vraiment comment sont pondérées les zones, il est très difficile d’en anticiper efficacement les erreurs, même avec de l’expérience. L’utiliser impose donc de faire confiance à son boîtier ; les photographes cherchant à maîtriser l’exposition de leurs images (pour des raisons techniques ou créatives) se tourneront vers un autre mode, plus stable, dont ils assureront eux-mêmes l’interprétation, le plus souvent d’ailleurs avec une bien meilleure efficacité.

Mesure Sélective

Avec la mesure Sélective, seule la partie centrale du champ est prise en compte dans le calcul de l’exposition. La couverture représente environ 9 % de la surface du viseur, ce qui autorise une mesure sur une zone assez précise du cadre. On notera d’ailleurs une malheureuse erreur de traduction du mode d’emploi puisque la page 102 l’annonce effective (au lieu d’efficace), ce qui pourrait laisser croire à son activation automatique « lorsque l’arrière-plan est beaucoup plus lumineux que le sujet ». Ce n’est évidemment pas le cas.

La mesure Sélective est réduite à une pastille au centre du champ. La périphérie du cadre n’est donc pas prise en compte, ce qui peut s’avérer utile en portrait ou à contre-jour. Le choix de la zone de mesure et son interprétation par le photographe demeurent essentiels.

En pratique, le champ de mesure n’est ni vraiment restreint, ni vraiment large… Plus grave, il n’est pas clairement matérialisé dans le viseur et donc plus complexe qu’on ne le croit à utiliser car il est fréquent qu’il couvre à la fois des zones claires et plus denses du sujet. Dans ce cas, son interprétation peut se montrer délicate et l’on peut avoir une impression d’instabilité alors qu’en fait, c’est le plus souvent la zone de mesure qui n’est pas homogène. Enfin, avec un objectif grand-angle, on ne disposera pas toujours de la précision attendue, il vaudra mieux alors utiliser la mesure Spot.

Une mesure Sélective effectuée sur le ciel m’a permis d’obtenir un bleu profond qui tranche avec le rendu chaud de l’enseigne lumineuse. Le contrôle de l’exposition renforce ici le graphisme et les couleurs de l’image. (© Vincent Luc)

La mesure Sélective est cependant adaptée au portrait serré (quand le visage occupe sensiblement la même surface que la zone de mesure) ou encore au contre-jour. L’arrière-plan (qu’il soit plus lumineux ou non d’ailleurs) n’est alors pas pris en compte et l’exposition du sujet est privilégiée. La zone de référence est toujours considérée comme moyenne (donc ramenée à un gris à 18 %), ce qui rend son interprétation assez facile, mais souvent indispensable. Il va en effet de soi que si la zone de mesure est plus claire ou plus dense, il faudra utiliser le correcteur d’exposition pour compenser manuellement l’erreur attendue et/ou mémoriser l’exposition (voir la rubrique suivante).
La mesure Sélective est une alternative séduisante à la mesure Évaluative. Pour autant, on peut se trouver plus à l’aise avec la Moyenne à prépondérance centrale (voir plus loin), qui s’avère peut-être plus facile à aborder et à interpréter quand on débute. Certains photographes estiment d’ailleurs les deux un peu redondantes et préfèrent souvent l’une à l’autre.

Photographier la nature (troisième partie) : les animaux

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Le matériel nécessaire
Parmi le matériel approprié à la photo animalière, les téléobjectifs sont très utiles pour réaliser des photos à une distance suffisante ; les animaux seront ainsi détendus et auront un comportement naturel. Selon le type d’animaux, un téléobjectif plus ou moins puissant sera nécessaire, parfois une focale normale suffira.
Ainsi, les oiseaux ont des comportements très différents en fonction des espèces : en bord de mer, les limicoles seront souvent difficiles à approcher et il faudra utiliser un téléobjectif, alors que les oiseaux marins nichant sur les falaises n’ont pas peur de l’homme et se laisseront photographier à l’approche. Dans le cas des oiseaux marins nichant en colonies, il suffit souvent d’un objectif 70-200 mm ou 70-300 mm pour réaliser des gros plans sans aucune difficulté. Certains d’entre eux sont si peu craintifs que l’utilisation d’un grand-angle est possible.
Avec un zoom, vous disposerez de plusieurs focales en une seule optique mais attention, il ne suffit pas de changer la focale, il faut aussi se déplacer pour obtenir des images variées. Si vous photographiez un fou de Bassan avec un grand-angle en vous couchant sur le sol (prévoyez une tenue qui ne craint pas d’être salie car le sol des colonies est recouvert de fientes !), vous obtiendrez l’image d’un oiseau se découpant sur le ciel. En revanche, si vous vous levez et que vous prenez une photo le plus haut possible, vous aurez une vue d’ensemble de la colonie se découpant sur fond de mer. Ces deux photos réalisées avec la même optique seront très différentes. Un zoom standard comme un 28-135 mm ou 28-105 mm, complété par un télézoom de 70-200 mm ou 70-300 mm, permettront de faire face à un maximum de situations.
Avec les petits sujets ou les animaux craintifs, par exemple pour photographier un bécasseau ou une barge sur une vasière, l’emploi d’un téléobjectif comme un 300 mm ou un 500 mm sera nécessaire. Il est aussi possible d’ajouter un multiplicateur à une focale moins longue pour obtenir un grossissement suffisant. Un téléobjectif (300 mm ou plus) permet ainsi de réaliser des gros plans d’oiseaux peu craintifs, mais aussi des portraits ou des détails. Si l’on se couche sur le sol pour être en contre-plongée, il est alors possible d’isoler un oiseau ou son portrait sur un beau fond bleu. Utilisé à pleine ouverture, le téléobjectif permet enfin d’isoler le sujet sur un arrière-plan flou.
Avec les gros téléobjectifs qui exigent d’être bien stables, un pied sera souvent nécessaire. Il existe des rotules spécialement conçues pour la photographie animalière avec les gros téléobjectifs, tel que la BWG-Pro Gimbal Head de chez Jobu Design, que l’on trouve depuis peu on trouve en France.



Les goélands sont des animaux au régime varié : restes de poissons qui tombent des bateaux, vers de terre dans les labours ou oeufs de fou dérobés. Je photographiais une colonie de fous de Bassan en Ecosse quand j’ai surpris le manège de deux goélands qui importunaient les fous pour leur chaparder leurs oeufs. La scène se déroula rapidement, il fallait être prêt pour la photographier. Un gros téléobjectif m’a permis de rester à distance correcte des oiseaux.
Canon EOS-1Ds Mk IV, 1/300 s à f/4 (en haut), 1/800 s à f/6,3 (en bas), 320 ISO, 500 mm.

Le magazine Eyrolles
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Animé par Volker Gilbert et publié par les éditions Eyrolles, QuestionsPhoto vous propose des articles de fond sur les techniques photo, mais aussi des actus, des critiques de livres... et des réponses à toutes vos questions !