Questions Photo

Livres photo : être édité ou s’autoéditer ?

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Le planning de fabrication de votre livre (depuis la conception jusqu‘à l’envoi chez l’imprimeur) risque d‘être très serré, sans vous laisser une grande marge de manœuvre quant aux dates de remise des tirages, des scans ou des autres contributions. D’un point de vue commercial, les grandes maisons d‘édition exercent leur pouvoir de négociation, tant au niveau des délais que des coûts, auprès des papetiers et des imprimeurs, ce qui leur permet d’importantes économies d‘échelle sur le papier, les frais d’impression, de façonnage et autres. L’impression se déroule, d’ailleurs, de plus en plus souvent hors d’Europe mais, quel que soit l’endroit où votre livre sera imprimé, toute modification, une fois la mise en pages achevée, devient compliquée et coûteuse dès lors que les fichiers ont été transmis à l’imprimeur. Il vous faudra donc respecter les délais imposés par l‘éditeur et fournir les éléments tels que demandés au risque de voir le projet prendre du retard et accuser un surcoût. Vous aurez sans doute plus de chances – bien que ce ne soit pas garanti – d‘être associé plus directement au processus de création chez un petit éditeur.

En résumé, lorsque vous vous faites éditer, les décisions à prendre et la responsabilité en dernier ressort appartiennent à l‘éditeur et à l‘équipe de responsables éditoriaux, de graphistes et de commerciaux chargés de votre projet. Le livre présente votre travail, mais il s’intègre dans un cadre plus vaste qui est celui de la vision de la maison d‘édition. C’est un point essentiel qu’il ne faudra jamais oublier. D’un autre côté, votre projet sera pris en charge par une équipe de spécialistes, dont c’est le travail quotidien et sur lesquels vous pourrez vous reposer.

S’autopublier
Le plus gros avantage de l’autoédition, c’est que vous aurez le dernier mot à chaque étape du processus. Vous pourrez travailler avec les graphistes et les prestataires que vous aurez choisis, imprimer sur le papier que vous aurez retenu, reproduire vos œuvres de la manière que vous jugerez la plus appropriée et ne faire que les compromis que vous aurez décidés. Vous pourrez faire coïncider l‘édition du commerce et celle à tirage limité avec vos prochaines expositions, et promouvoir votre livre sur les plateformes et dans les formats de votre choix directement auprès du public visé. C’est sans conteste l’autoédition qui vous offrira les meilleures chances d’arriver exactement au livre dont vous aviez rêvé ; en revanche, vous devrez vous tenir prêt à assumer tous les frais de cette liberté ou à trouver les partenaires financiers vous permettant d’atteindre ce rêve.

Ce qui vous manquera peut-être aussi, c’est l’expérience et les compétences requises pour réaliser exactement tout ce que vous voulez. Pour une première publication, la courbe d’apprentissage sera particulièrement raide. Vous allez réaliser tout seul ce qui nécessite une industrie entière : vous prendrez toutes les décisions et empocherez tous les bénéfices, mais vous devrez régler toutes les factures. En d’autres termes, vous obtiendrez le livre que vous voudrez, mais vous devrez payer d’avance les coûts à chaque étape du processus d‘édition, en comptant sur les revenus tirés des ventes du livre et, dans l’idéal, des ventes de tirages d’art générées par le livre. Vous devrez gérer suffisamment tôt les questions de vente et de diffusion afin de ne pas devoir stocker l’ensemble du tirage chez vous. Contactez des associations, des organisations professionnelles ou à but non lucratif en rapport avec votre sujet afin de leur proposer d’acheter votre ouvrage en volume à un tarif préférentiel. Vous pouvez également lancer une souscription, avant même que le livre ne soit imprimé. Quiconque présente un rapport avec le sujet ou le projet devient un partenaire potentiel en termes de ventes et d’expositions.

Préparez un plan d’action pour la promotion du livre, et de toute exposition en lien avec lui. Vous devrez agir comme votre meilleur agent de relations publiques, que vous fassiez ou non appel à un spécialiste pour s’occuper de cette campagne. Il faudra contacter les magazines et les médias, papier et en ligne, leur présenter l’ouvrage, et gérer d‘éventuelles présentations d’extraits, interviews, etc., mais aussi utiliser les réseaux sociaux pour donner un maximum de visibilité au livre. Bref, les compétences nécessaires pour s’autoéditer sont multiples. Vous serez tour à tour éditeur, graphiste, responsable prépresse, chef de fabrication, responsable logistique, diffuseur, directeur des ventes et attaché de presse. Chacune de ces tâches peut occuper un poste à temps plein, et anticiper les contraintes logistiques sera déterminant pour votre réussite.

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Cet article est extrait de “Photographes, publiez votre livre photo !” de Darius D. Himes et Mary Virginia Swanson (traduit de l’anglais par Dominique Dudouble), à paraître aux éditions Eyrolles (224 pages, 26 euros, ISBN : 978-2-212-13381-3). L’ouvrage décrit le processus complet de réalisation, de promotion et de diffusion d’un livre de photographie que l’on souhaite s’autoéditer ou confier son projet à un éditeur.

Mini-studio photo : fond blanc, fond noir

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Fond noir
Un fond noir fait briller les couleurs et met particulièrement en valeur la forme du sujet. Mais il n’est pas toujours simple d’obtenir un fond d’un noir profond et il ne suffit pas de placer le sujet devant un fond noir pour obtenir le résultat attendu. Soit le sujet n’est pas éclairé de manière satisfaisante, soit l’arrière-plan s’obstine à ne pas vouloir rester noir. En outre, si des grains de poussière sont venus se poser sur l’arrière-plan, ils brillent comme des étoiles dans un ciel sans nuages.
Ces problèmes peuvent être résolus grâce à une installation judicieuse. Pour le fond, nous utilisons du velours ou du molleton noirs qui absorbent beaucoup la lumière, mais du simple carton noir ou gris fait aussi l’affaire. L’important est que le moins de lumière possible atteigne le fond : c’est là que réside le ″secret″. On peut y parvenir en tamisant l’éclairage artificiel, en utilisant un filtre nid-d’abeilles ou en éloignant l’arrière-plan du sujet.


Le flash est soigneusement isolé car il est important que sa lumière n’arrive pas sur l’arrière-plan.

L’installation ressemble à celle employée pour obtenir un arrière-plan blanc, à la différence que l’arrière-plan est protégé de la lumière. Pour cela, nous utilisons des cartons noirs des deux côtés que nous plaçons de façon à laisser voir l’arrière-plan foncé.
Lors du choix de l’éclairage, il faut veiller à ce que la lumière ne passe pas entre les deux pare-soleil. L’idéal est d’utiliser un éclairage latéral. Plus il y a d’espace entre le fond et les cartons occultants, moins il y a de risques que la lumière atteigne l’arrière-plan.
Comme l’éclairage ambiant influence aussi la prise de vue, mieux vaut assombrir la pièce autant que possible.


Un fond noir souligne la forme et les couleurs du sujet.

Cet article est extrait du livre de Cyrill Harnischmacher, Mini-studio photo – Utilisation créative des flashs cobra et des accessoires d’éclairage photo, qui vient de paraître aux éditions Eyrolles.

Mini-studio photo : comparaison des accessoires d’éclairage

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Boîte striplight

Une boîte striplight (22 × 90 cm) est une boîte à lumière étroite qui permet de placer des rais de lumière, notamment sur les surfaces brillantes. Sa lumière douce crée des touches de lumière bien définies et des ombres peu marquées. Le rai de lumière souligne la forme de la bouteille.

Snoot

Un snoot produit des ombres sombres et très dures pour des effets lumineux marqués. Il est généralement employé comme éclairage d’effet supplémentaire.

Coupe-flux

Les coupe-flux permettent de modeler le faisceau lumineux par l’orientation des volets. Ici, les ombres sont sombres et nettes. La direction de l’éclairage est précise.

Bol beauté

L’intérieur du bol beauté (40 cm de diamètre) est argenté. Cet accessoire crée des ombres douces et atténuées, mais encore bien définies.

Cet article est extrait du livre de Cyrill Harnischmacher, Mini-studio photo – Utilisation créative des flashs cobra et des accessoires d’éclairage photo, qui vient de paraître aux édition Eyrolles.

 

Deux nouveaux compagnons pour le photographe baroudeur

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Dans le style “Cuisine nouvelle” la nouvelle tendance en livre photo est le mini-format. Ainsi, l’éditeur Pearson vient de publier deux nouveaux ouvrages dédiés à la photographie de paysage et à l’exposition. Proposés dans un format de poche, ils tiennent aisément dans un sac à main ou un fourre-tout photo tout en conservant un contenu assez dense.

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Photographier la nature en macro : les araignées (Deuxième partie)

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Technique photo

Attention à la surexposition : les toiles et les araignées, du fait de leur petite taille et de leur finesse, sont peu prises en compte par la cellule qui privilégie l’environnement. Si ce dernier est sombre, toile, fil et animal paraîtront trop clairs. Par ailleurs, à moins de bénéficier d’un peu de rosée ou d’un contre-jour favorable, les toiles se distinguent mal du fond. Vaporisez un peu d’eau pour les mettre en évidence, en procédant délicatement pour éviter de faire fuir l’araignée. Un flash en mode Automatique à côté du boîtier et un second, en mode Manuel déclenché par cellule photoélectrique, derrière la toile, permettront de mieux mettre cette dernière en valeur grâce au contre-jour ainsi produit. Il est prudent de bracketer.

L’éclat du flash annulaire souligne le regard particulier de cette saltique dont les yeux, véritables téléobjectifs, lui permettent d’apprécier la longueur de ses sauts. Pour ceux qui n’apprécient pas ce côté artificiel, l’éclat peut être facilement supprimé au posttraitement. 200 ISO, 65 mm macro, 1/200 s à f/14.
Souvenez-vous que les gros plans d’araignée sont surprenants. En effet, nous avons rarement l’occasion de rencontrer des animaux qui possèdent de six à huit yeux autour de la tête. Toutes n’ont pas les yeux à la même place, c’est même une façon de reconnaître les familles. Pour les photographier, il est indispensable d’utiliser le 50 mm macro, éventuellement retourné, ainsi que deux flashs montés sur support dont l’automatisme TTL est toujours en fonction. Munissez-vous d’un pied ou d’un monopode et approchez en douceur, en prenant garde de ne pas heurter la toile afin de ne pas donner l’alerte. En retournant l’objectif, vous gagnez un peu plus de distance entre l’objectif et le sujet, ce qui vous permet de moins effrayer l’animal et de bénéficier de plus de place pour l’éclairer.

 

 

Photographier la nature en macro : l’envol des insectes (Première partie)

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Les limites de l’emploi des cellules

L’acquisition de cellules photoélectriques ne résoudra pas toutes vos difficultés de prise de vue en vol. En effet, vous devrez encore régler un certain nombre de problèmes techniques. En premier lieu, il faudra baliser le chemin que devra emprunter l’insecte pour passer devant les cellules photoélectriques, déterminer l’endroit où faire la mise au point et, enfin, régler la rapidité de l’éclair pour immobiliser les ailes. Pour plus de confort, une fois encore, je conseille l’emploi de plusieurs flashs.

Guider l’insecte. Avant qu’il déclenche en passant devant la cellule, il faut conduire l’insecte à se présenter à un endroit donné en lui faisant suivre un parcours guidé dont l’ouverture finale sera réduite pour éviter qu’il ne s’éloigne trop. N’oublions pas que sa taille oblige à un rapport relativement important qui réduit la profondeur de champ : à un demi-centimètre près, la photo risque d’être floue. Un bon système consiste à placer les insectes dans une boîte noire dont l’une des faces comporte un cône translucide dirigé vers la lumière. Sur la face opposée, une large ouverture couverte par un rideau noir permet d’introduire de nouveaux « sujets ». En vous plaçant devant une fenêtre, vous récupérerez plus facilement les insectes lors de leur sortie afin de les remettre dans la boîte d’envol.

Régler la mise au point. La cellule est située devant la sortie du cône et les insectes en coupent le faisceau en sortant, ce qui provoque le déclenchement de l’appareil. Voilà pour la théorie. La pratique est plus délicate. En effet, les vitesses de vol varient d’un animal à l’autre et il est difficile de déterminer avec précision à quel endroit régler la mise au point. Selon le matériel utilisé, le déclenchement de l’obturateur varie également. Le mieux est de cadrer assez large au début, puis de réduire progressivement le champ si les résultats confirment la zone de netteté.



Il faut anticiper l’action de l’insecte pour tenter de le stopper en vol, d’où un grand nombre de photos ratées. Parmi le nombre, la découverte d’une rareté, un citron de Provence unique, à la fois mâle et femelle. 500 ISO, 180 mm macro, 1/1 300 s à f/18.


Les cellules à rayon laser sont également plus rapides au déclenchement et, surtout, leur faisceau très fin réagit au passage d’un petit insecte, ce qui n’est pas le cas avec les cellules classiques à infrarouge. Leur rayon plus large est facile à mettre en place mais d’un déclenchement plus aléatoire avec les petits sujets. Dans tous les cas, dites-vous que vous ne couperez pas aux essais, heureusement facilités maintenant par le numérique…
Si vous n’avez pas les moyens d’acquérir une cellule, laissez voler l’insecte dans un couloir transparent et déclenchez au moment où il quitte le tube, mais c’est un peu hasardeux. L’autre solution que nous propose le numérique, c’est de pratiquer une véritable chasse photographique sportive de tir en vol. Utilisez pour cela un boîtier performant capable de réaliser des rafales de 5 à 10 images par seconde et montez dessus un objectif macro de 180 mm.



Placée sur le dos sur une plaque d’altuglas opaque, cette coccinelle a été photographiée au moment où elle ouvrait ses élytres pour se redresser. La vitesse de prise de vue dépend de celle des éclairs émis par deux Metz CT4 utilisés en manuel avec la puissance diminuée de 1/128e. 160 ISO, 100 mm macro, 1/100 s à f/22.

Augmentez la sensibilité à 800 ou 1 600 ISO selon la luminosité. Vous pouvez gagner encore en sous-exposant de 1 ou 2 diaphragmes ; les papillons clairs ressortiront mieux et les parties sous-exposées seront retouchées au post-traitement. Réglez votre autofocus en mode AI Servo de façon à pouvoir suivre le sujet. La vitesse sera réglée autour de 1/4 000 s. Postez-vous près d’un massif de fleurs qui reçoit de nombreux visiteurs et tirez des rafales quand ils arrivent ou repartent des fleurs. Bon courage !


Les atouts de la visée à l’écran

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Tout à l‘écran
L‘écran arrière de l’appareil présente certaines qualités que n’ont pas les viseurs traditionnels. Il permet une visée 100 %, alors qu’un viseur optique ne montre que 95 à 98 % de la photo finale (les éléments en bord de cadre ne sont alors pas visibles à la prise de vue). L‘écran, lui, affiche l’image en entier, ce qui permet un cadrage parfait et limite le risque d‘éléments parasites.

Utiliser un appareil photo léger, à visée écran, d’une seule main, permet d‘être acteur d’une scène en même temps que photographe. Ici, je caresse le chat de la main gauche tout en cadrant de la main droite, ce qui rend l’animal plus réceptif et la photo plus originale.

De plus, l‘écran restitue fidèlement le rendu lumineux de l’image. Cadrez un bâtiment puis basculez doucement votre appareil vers le ciel et vous verrez la luminosité de l‘écran changer : l’appareil actualise en direct le rendu de l’image afin de vous montrer quelle exposition sera appliquée. Si vous trouvez alors que le ciel est trop blanc ou le bâtiment trop sombre (veillez, cependant, à ce que la luminosité de votre écran soit bien réglée !), il vous suffit d’envisager une correction d’exposition. L‘écran vous permettra alors de suivre en direct l‘évolution du rendu de l’image au fur et à mesure que vous faites varier l’exposition, pour un dosage lumineux particulièrement précis. Voir ainsi la photo évoluer en direct est très formateur, en ce qui concerne la gestion de la lumière, pour les débutants… et toujours très utile pour les photographes confirmés !
Enfin, la visée à l‘écran vous donne la possibilité de “voir le monde” directement en noir et blanc, en sélectionnant l’option adéquate, et d’entrevoir votre environnement différemment. Cette fonctionnalité peut vous aider à travailler votre “vision en densité” : vous percevrez de mieux en mieux quelles scènes présentent un bon contraste et sont particulièrement adaptées à un traitement monochrome.

En pratique

  • Explorez la diversité d’angles de vue qu’offrent la maniabilité d’un appareil léger et la visée à l‘écran. Gardez vos pieds fixes au sol et photographiez autour de vous en variant au maximum les cadrages et angles de vue. Avez-vous remarqué que vous pouviez photographier ce qui se trouve derrière vous, sans même avoir à vous contorsionner ? Ne vous inquiétez pas si, dans un premier temps, vos photos sont un peu bancales. Vous parviendrez peu à peu à obtenir une bonne horizontalité des vues, ou déciderez que vous affranchir de la gravité est une option créative à conserver !
  • Osez des expositions extrêmes en noir et blanc en évaluant leur impact grâce à l‘écran. Réglez votre appareil sur un rendu en noir et blanc, sous-exposez à -1 ou -2 IL et photographiez en contre-jour. Jouez à faire surgir des éléments clairs ou éclairés de l’obscurité.

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Cet article est extrait de Vivez, déclenchez, partagez ! La photo au quotidien, de Anne-Laure Jacquart, à paraître aux éditions Eyrolles le 6 octobre 2011 (978-2-212-13304-2).
Anne-Laure Jacquart est photographe et formatrice photo. Par l’intermédiaire d’articles, d’ouvrages et de formations, elle invite les photographes amateurs à affiner leur regard, leur sens de la composition et leur créativité, et les engage à considérer la technique comme un simple outil permettant d’arriver à leurs fins expressives. Elle est également l’auteur de Composez, réglez, déclenchez ! La photo pas à pas.

Maîtriser le Canon EOS 600D : adapter la mesure de la lumière

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Mesure incidente et charte de gris

On aura compris que même avec un système sensible à la couleur, la mesure de la lumière réfléchie par le sujet a ses limites et que plus encore que la mesure en elle-même, c’est son interprétation qui s’avère délicate. Pour autant, on peut assez facilement réaliser une exposition parfaite moyennant quelques accessoires.

La mesure incidente

Si le posemètre du 600D ne permet de réaliser des mesures que par réflexion, il est toujours possible d’effectuer une mesure par incidence avec certains posemètres indépendants (Sekonic, Gossen, etc.). Ce n’est alors plus la lumière renvoyée par le sujet qui est mesurée, mais la lumière qui l’atteint. Les posemètres pour mesure incidente présentent une sorte de demi-sphère blanche, appelée « intégrateur », juste devant l’élément sensible de la cellule, qui ne laisse passer que 18 % de la lumière, de façon à ce que la cellule (toujours étalonnée pour un sujet moyen) donne un résultat optimal. La mesure se fait donc au niveau du sujet lui-même, en orientant le posemètre dans la direction de l’appareil.
Même si elle n’est pas toujours très facile à mettre en œuvre (la mesure et la prise de vue se font en deux temps), la mesure par incidence offre une précision appréciable puisqu’elle ne tient pas compte du coefficient de réflexion du sujet. Elle évite ainsi facilement les pièges que sont les sujets trop clairs (sable blanc, paysage enneigé, reflets, etc.) ou trop sombres (sous-bois, personnages habillés en noir, etc.) avec lesquels une mesure par réflexion nécessite une correction plus ou moins importante.

La seule difficulté se rencontre quand le sujet est hors d’atteinte du photographe et/ou que le sujet est très proche de la source. Dans le premier cas, si les deux sont baignés par la même lumière, on contournera facilement le problème en réalisant une mesure au niveau de l’appareil, cellule orientée « dos » au sujet en veillant à ne pas lui faire d’ombre. Si au contraire l’un est au soleil, l’autre à l’ombre, il sera souvent préférable de travailler en mesure Spot avec le boîtier plutôt que de s’essayer à des compensations hasardeuses. Il en ira de même en cas de proximité du sujet avec une source à cause de la loi en « carré inverse » qui régit la quantité de lumière.

Utiliser le 600D en mesure incidente

Si un posemètre indépendant est incontestablement pratique et efficace, et même si l’on trouve des modèles accessibles, l’investissement reste assez élevé pour un usage occasionnel. À défaut, on peut utiliser un accessoire que l’on dispose devant l’objectif en guise d’intégrateur et ainsi se servir de son boîtier comme d’une cellule externe.
Cette technique nécessite bien entendu de disposer d’assez de temps pour préparer sa prise de vue ; idéale en paysage, elle est un peu plus difficile à mettre en œuvre en reportage. Pour autant, elle fait merveille quand on se trouve dans une situation d’éclairage difficile, notamment en intérieur et/ou quand des sources de lumière situées dans le champ peuvent perturber une mesure en réflexion. Ainsi, même si l’on bouge et que l’on modifie l’importance du sujet et/ou des sources dans le cadre, tant que la lumière est stable, on pourra réaliser une série à l’exposition homogène. On peut donc se concentrer sur son sujet, son cadrage et sa mise au point sans avoir à se soucier de la mesure et de sa correction.

Un couvercle de pot de Nutella peut faire office d’intégrateur pour transformer votre 600D en posemètre à mesure incidente. Privilégiez une mesure Sélective ou Moyenne à prépondérance centrale. Une fois l’accessoire installé, placez l’appareil au niveau du sujet et orientez-le face au point d’où sera faite la photo. Pressez le déclencheur à mi-course pour effectuer la mesure ; mémorisez-la via la touche dédiée et réalisez votre image avec les paramètres ainsi déterminés.

La seule vraie difficulté tient dans le choix de l’élément servant d’intégrateur. Il doit offrir un coefficient de transmission le plus proche possible de 18 % et, bien sûr, être blanc (et le rester) pour ne pas créer de risque d’erreur. Il ne doit en effet modifier que la quantité de lumière reçue, pas sa qualité ni sa couleur.
Après avoir essayé pas mal d’objets usuels en comparant les résultats procurés par mon propre posemètre externe, c’est finalement le couvercle d’un pot de Nutella qui m’a donné les meilleurs résultats (le diamètre du couvercle du pot de 700 g est d’ailleurs très pratique à utiliser avec des objectifs de 77 mm de diamètre, car il tient bien en place). Mais attention, comme le « filtre » employé est plat, contrairement à l’intégrateur d’un posemètre dédié, il faut l’orienter de façon précise pour éviter de trop grosses erreurs de mesure. Bien qu’approximative, cette méthode est souvent autrement plus efficace qu’une mesure Évaluative, et d’un rapport qualité/prix imbattable !

Utiliser une charte de gris

Il existe différents types de chartes, cartonnées (comme celles de ColourConfidence qui commercialise celles que l’on connaissait avant sous la marque Kodak) ou pliables (comme la EzyBalance de Lastolite) ; certaines sont aussi plus abouties que d’autres. C’est le cas de l’XpoGrey de Scuadra qui, en plus d’une grande plage grise servant à la mesure, dispose d’une référence de blanc, de noir et d’une gamme de gris qui permettent d’affiner très précisément le contraste de l’image dans un logiciel de retouche, les valeurs cibles de chacune des plages étant connues. Il est alors assez pratique de réaliser deux images de la même scène dans des conditions identiques, l’une avec la charte, l’autre sans. La première servira de référence pour déterminer les corrections que l’on appliquera ensuite sur la seconde (ce qui est très simple avec les calques de réglage de Photoshop, par exemple, ou la synchronisation des données de correction de la majorité des logiciels de développement). Cette solution est très utilisée par les experts, notamment en studio, parfois aussi en reportage.

La charte EzyBalance de Lastolite mesure environ 30 cm de diamètre. Pliable à la façon des réflecteurs de la marque, elle dispose en son centre d’une cible facilitant l’accroche de l’AF et se montre (selon moi) plus pratique et moins fragile que les chartes cartonnées.

Le format 18 × 11,5 cm de la charte XpoGrey de Scuadra est un excellent compromis entre facilité de transport et surface utile. Il existe une version Compact de 5,5 × 9 cm.

Cet article est extrait de “Maîtriser le Canon EOS 600D” de Vincent Luc et Pascale Brites, éditions Eyrolles, à paraître en septembre 2011.

Photographier la nature (troisième partie) : les animaux

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Portfolio


Les lumières en contre-jour sont très belles en fin et début de journée, lorsque les rayons du soleil sont rasants. Elles sont aussi les seules à permettre de faire ressortir des éléments presque transparents présents dans la scène, tels que ces insectes en vol.
Canon EOS-1D MkII, 1/320 s à f/5, 100 ISO, 500 mm.


Les zones d’herbes rases et les sols sableux du bord de dunes sont souvent très appréciés des lapins de garenne. Pour photographier ce jeune individu, je me suis allongé sous un filet camouflage à quelques mètres d’un passage régulièrement fréquenté en fin de journée.
Canon EOS-1D MkIII, 1/250 s à f/5,6, 320 ISO, 700 mm.


Installé dans mon affût, je suis assis sur mon sac de couchage, qui m’isole du sol, face à une falaise rocheuse, dans une de ces belles pointes sauvages du Finistère. Devant moi, mon 500 mm f/4 L IS est calé sur trépied, tout le matériel est à portée de main : cartes de rechange, deuxième boîtier… Les premiers rayons du soleil viennent éclairer les roches devant moi, me confirmant que ce sera le bon moment. Le bon moment si le faucon pèlerin est décidé à venir se poser à quinze mètres de ma cachette. Cela fait maintenant plusieurs jours que je surveille ses allées et venues, l’œil collé aux jumelles. L’affût a été construit de nuit, l’entrée et les sorties se font de nuit pour ne pas me faire repérer par l’oiseau.
Canon EOS 1D Mark III, 1/200 s f/4, 100 ISO,500 mm.


La loutre est un animal difficile à photographier, il faut savoir la repérer, ce qui nécessite une bonne habitude et un bon sens du terrain. C’est en bord de mer que les chances de la voir sont les plus importantes mais, malgré cela, l’observer et la photographier reste très aléatoire. Cet individu venait pêcher tous les jours dans une zone de blocs rocheux ; petits poissons et crabes étaient au menu. Malgré sa venue régulière sur le site, elle n’utilisait pas toujours les mêmes rochers pour manger et se déplaçait rapidement, me laissant peu de temps pour me placer au bon endroit au bon moment.
Canon EOS 1D Mark III, 1/1 600 s, f/4, 100 ISO, 500 mm.

Cet article est extrait du livre d’Erwan Balança, Photographier la nature, paru aux éditions Eyrolles.
Photographe naturaliste professionnel depuis plus de 15 ans, Erwan Balança partage sa connaissance intime des animaux et des milieux naturels dans ses ouvrages destinés aux photographes amoureux de nature. Ses photos sont régulièrement publiées dans des magazines en France et à l‘étranger (National Geographic, Terre sauvage, Chasseur d’Images, Bird Watching, Sciences et Vie, Image & Nature…) et dans des beaux livres.

Le magazine Eyrolles
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Animé par Volker Gilbert et publié par les éditions Eyrolles, QuestionsPhoto vous propose des articles de fond sur les techniques photo, mais aussi des actus, des critiques de livres... et des réponses à toutes vos questions !