Canon EF 28-70 mm f/3,5-4,5 II : peut-on cuisiner dans d'aussi vieux pots ?

01 mai 2011
L’augmentation de la résolution des capteurs entraîne aussi celle des objectifs. Pour satisfaire les exigences des capteurs actuels, les optiques doivent ainsi distinguer davantage de détails et surtout mieux corriger différentes aberrations optiques que le numérique tend à aggraver : vignetage, aberrations chromatiques et reflets parasites.
01 mai 2011
L’augmentation de la résolution des capteurs entraîne aussi celle des objectifs. Pour satisfaire les exigences des capteurs actuels, les optiques doivent ainsi distinguer davantage de détails et surtout mieux corriger différentes aberrations optiques que le numérique tend à aggraver : vignetage, aberrations chromatiques et reflets parasites.
On pourrait alors penser que seules les optiques les plus prestigieuses et les plus récentes soient aptes à répondre aux impératifs de la photographie numérique “haute fidélité”. Canon, pour ne citer que lui, se désengage depuis de nombreuses années du renouvellement de ses objectifs de milieu de gamme. Seules les références de série L, aussi onéreuses que performantes, ont bénéficié d’un remaniement visant leur mise en conformité avec les capteurs contemporains. Si certains objectifs macro et télé plus anciens semblent avoir échappé à l’obsolescence, les objectifs grands angulaires sont assez désuets pour peu qu’ils ne soient pas estampillés du sigle L.
Vieille grange, Murbach/Haut-Rhin, Canon 5D Mark II, EF 28-70 mm f/3, 5-4, 5 II, f/6,7, 1/60s à 1000 ISO
Visant à alléger mon sac photo lors de mes errances printanières, j’étais récemment à la recherche d’on objectif transstandard léger, apte à compléter un ensemble composé d’un boîtier Canon EOS 5D Mark II et deux objectifs, Voigtländer Color-Skopar 20 mm f/3, 5 et Canon EF 135 mm f/2 L USM ou 100 mm f/2, 8 Macro (au choix). J’avais rapidement éliminé un certain nombre de références : Canon EF 24-105 mm f/4 L IS USM (trop onéreux), 24-70 mm f/2, 8 L USM (idem et trop lourd et encombrant), 28-70 mm f/2, 8 L USM et 28-80 mm f/2, 8-4 L USM (trop lourds et volumineux, trop risqué pour le dernier, discontinué depuis des lustres…). Il était également hors de question d’investir dans un objectif d’un fabricant tiers, ayant fait de mauvaises expériences avec deux objectifs Sigma, d’une fiabilité douteuse.
Lors d’une balade en Allemagne, j’avais déniché une occasion intéressante : un boîtier Canon EOS 600, accompagné d’un objectif Canon EF 28-70 mm f/3, 5-4, 5 II. Proposé à un tarif particulièrement alléchant (39 euros), surtout compte tenu du bon état de cet ensemble, je n’ai pas pu résister. De retour à la maison, il ne me restait qu’à parquer le boîtier dans une valise abritant mes vieux appareils argentiques et à fouiller dans mes archives pour trouver un vieux dépliant de l’illustre magazine Chasseur d’Images qui répertorie et évalue les zooms transstandards du début des années 90. Et, surprise, cet objectif fort discret était alors un des rares à décrocher une quatrième étoile pour ses performances optiques.
Printemps près d’Orbey, Haut-Rhin, Canon 5D Mark II, EF 28-70 mm f/3, 5-4, 5 II, f/13, 1/45s à 400 ISO
Selon la publication “L’art de l’image”, parue en 1991, l’ EF 28-70 mm f/3, 5-4, 5 II fait partie de la première trentaine d’objectifs du système Canon EF accompagnant l’appareil phare de l’époque, le Canon EOS 1. Les moteurs USM étaient alors peu communs et quasiment toujours réservés aux fameuses télés habillées en blanc. À noter qu’il existe deux versions de cet objectif qui coiffait souvent d’office un des appareils de la série 600 : le modèle I, produit pendant seulement quelques mois, fut rapidement remplacé par le II, qui bénéficie selon Chasseur d’Images d’un piqué plus homogène, grâce au déplacement de l’unique élément asphérique.


