DNG, le « négatif numérique » revisité
Publié le 23 mai 2008 dans Articles et dossiers par Volker Gilbert
Anatomie du format DNG
Si le format DNG n’a pas encore été désigné comme format standard par un organisme international et indépendant, il utilise certains standards, eux-mêmes reconnus : outre le format TIFF/EP, il comporte des métadonnées TIFF-EP, EXIF, XMP et IPTC et utilise des matrices couleur, des profils ICC, des aperçus au format JPEG et une compression du type JPEG et ZIP.
Voici les principaux éléments qui constituent le format DNG :
- L’extension (.dng ou .DNG) est conforme au standard TIFF-EP. Le format TIFF est un des formats les plus répandus au monde de l’image, et ce depuis 1992, date de l’introduction de la spécification TIFF 6.0 sur laquelle se base le format DNG.
- Parmi les métadonnées pouvant être incorporées aux fichiers au format DNG, on compte les métadonnées EXIF, IPTC et XMP.
- Les données brutes. Celles-ci sont directement enregistrées au format DNG lorsqu’il s’agit du format d’enregistrement proposé par l’appareil photo, mais il existe plusieurs logiciels et utilitaires (DNG Converter, Camera Raw et Lightroom) pouvant convertir les données brutes propriétaires pour faire en sortie que ces dernières soient lisibles par un nombre plus important de logiciels. Notez qu’il est possible de les préserver en l’état brut (DNG Raw) ou de les pixelliser en un format Bitmap (DNG linéaire).
- Les données propriétaires. Même si le format DNG est par définition à la fois ouvert et documenté, les fabricants d’appareils peuvent stocker des données confidentielles à l’intérieur des balises privées prévues à cet effet. Puisque les informations sont censées rester confidentielles, ils ne peuvent pas toujours être interprétées ou sont parfois interprétées de manière erronée par le logiciel d’un éditeur tiers…
- Des informations quant aux dimensions des différentes régions d’un capteur : surface maximale, surface active, surface recadrée et pixels masqués. Certains appareils n’utilisent que les pixels d’une zone centrale (surface active), la surface recadrée désigne les pixels utilisés par l’appareil pour former l’image – les quelques rangées de pixels situées autour ne servent qu’aux algorithmes du logiciel de développement RAW. Les pixels masqués sont utilisés par les capteurs pour coder le niveau de noir et pour ainsi définir le noir de référence. Toutes ces informations sont enregistrées dans une balise spécifique, il existe par ailleurs un petit utilitaire qui récupère les pixels recadrés, c’est-à-dire les pixels de la surface active, mais tronquées par un recadrage lors de la prise de vue (surface recadrée).
- L’échantillonnage. Le format DNG est codé au choix en 8, 16 ou 32 bits par couche. Si la profondeur n’est pas égale à une de ces valeurs, les pixels sont reéchantillonnées au nombre de pixels supérieur. Un fichier RAW en 14 bits par couche est ainsi transformé en fichier DNG, codé, lui en 16 bits par couche.
- Le taux de compression. Le format DNG offre une compression JPEG (JPEG-LS) sans perte. Si vous incorporez le fichier RAW à l’intérieur du fichier DNG (très coûteux en termes de poids de fichier, mais tellement rassurant ), les données RAW subissent une compression de type ZIP.
- Matrices couleur et profils ICC. La nouvelle version DNG 1.2.0.0 permet d’intègrer, en plus des matrices couleur (rappelons que Camera Raw utilise des tables de conversion (matrices), exprimée en valeurs CIE XYZ), deux profils ICC pour caractériser les couleurs du fichier.









