HDR - Nouveau langage visuel ou technique insolite ?

09 novembre 2007
Les photographes expérimentés le savent : les sujets dont l’écart de luminosité entre les parties les plus sombres et plus claires d’une image dépasse la dynamique du support d’enregistrement (film ou capteur) sont fort nombreux. L’étendue dynamique d’un capteur se situe entre celle des films diapositives et négatifs couleur.
09 novembre 2007
Les photographes expérimentés le savent : les sujets dont l’écart de luminosité entre les parties les plus sombres et plus claires d’une image dépasse la dynamique du support d’enregistrement (film ou capteur) sont fort nombreux. L’étendue dynamique d’un capteur se situe entre celle des films diapositives et négatifs couleur. Capable d’enregistrer les informations sur une étendue d’environ dix diaphragmes (ce qui correspond à un taux de contraste de 1000:1), un appareil reflex numérique peine encore à maîtriser les écarts de luminosité d’un paysage ensoleillé ou d’une vue en contre-jour, dont le taux de contraste atteint parfois des valeurs entre 20000:1 et 50000:1. Face à un tel dilemme, le photographe doit choisir son camp à la prise de vue : pour photographier un paysage, par exemple, il peut conserver soit les détails d’un ciel nuageux, soit les détails dans les ombres du premier plan…
Oldtimer, Paris. Canon EOS 1Ds, EF 2/100 USM, trois vues fusionnées dans Photomatix Pro
Côté affichage et impression, la situation n’est guère plus encourageante : la plupart des écrans atteignent péniblement des taux de contraste entre 100:1 et 500:1, un tirage papier entre 80:1 et 120:1.
Le format RAW avec son codage sur 12, voire 14 bits par couche offre une latitude d’exposition bien supérieure à celle obtenue en travaillant au format JPEG (8 bits par couche) et s’améliore encore lorsque vous exploitez toute la dynamique du capteur (Exposer à droite). Toutefois, quelques sujets requièrent une dynamique encore plus étendue. Il est alors possible de fusionner deux versions issues de la même image et développées différemment dans votre logiciel de développement RAW, ou, mieux, plusieurs images prises avec différentes valeurs d’exposition.
EOS 1Ds, EF 17-40 f/4 L USM, trois vues (-2/0/+2 IL) fusionnées dans Photomatix Pro
La technique appelée “HDRI” (High Dynamic Range Imaging), couramment appelée aussi “HDR”, utilise une série d’images prises chacune avec une exposition différente – la plus sombre doit reproduire les valeurs les plus claires d’une image, et la plus claire ne plus comporter de noir profond. Bien qu’il n’y ait pas de règle pour le nombre d’images et l’écart d’exposition entre deux vues, vous pouvez faire vos premiers essais avec une série de trois images, obtenue grâce au “bracketing” automatique de votre appareil ; les valeurs -2 0 et +2 IL donnent de bons résultats en format RAW.
L’histogramme sur l’écran à cristaux liquides de votre appareil est d’une aide précieuse : les histogrammes des deux images sur- ou sous-exposées doivent être dépourvus de crête sur le bord droit (l’image la plus sombre), ou sur le bord gauche (l’image la plus claire) afin que ces dernières ne comportent ni blanc « pur » ni noir profond. Il est de loin préférable de modifier la vitesse d’obturation : une variation du diaphragme entraîne une modification de la profondeur de champ, générant des difficultés lors de la fusion des images dans un logiciel dédié.
Rue nocturne. Canon EOS 1Ds, EF 3.5/24 L TS-E, 3 vues (-2, 0, +2) combinées dans Photomatix Pro
Bien qu’il soit possible de saisir une série d’images à main levée – bénéficiant du mode Bracketing et de la cadence de prise de vue d’un appareil moderne (dont certains permettent une cadence de plus de 5 images par seconde) – l’emploi d’un trépied photo demeure incontournable. Toutefois, ce dernier est loin de résoudre tous les problèmes car les sujets parfaitement immobiles sont rares : très souvent le vent agite les feuilles des arbres ou des voitures, cyclistes ou piétons se déplacent à travers du cadre, contribuant à la fois à des images fantômes et des artéfacts disgracieux. Les logiciels HDR les plus sophistiqués éliminent fort heureusement tout ou une partie de ces artéfacts.



