Face à la recherche de perfection ambiante qui trouve son expression dans des appareils numériques toujours plus puissants, et qui génèrent des photos toujours plus larges, plus propres et plus proches de la réalité, on oublie souvent qu’il existe une autre esthétique fondée sur la sensualité de l’imperfection, sur des images floues et déformées.

Image réalisée avec le script HolgaRoid Generator
Il y a peu de temps encore, le grand public raffolait d’appareils, aussi désuets que passionnants, fabriqués avec un manque de rigueur affligeant dans les usines du tiers monde photographique : les Holga, Lomo, Diana et Seagull, pour n’en nommer que les plus populaires. Victimes de leur succès, les plus encensés de ces “toy cameras” se négocient aujourd’hui à des tarifs irréalistes et qui frôlent l’arnaque – les Holga sont à plus de 50 € et le Seagull, qu’on pouvait acheter pour une bouchée de pain il y a vingt ans, à 200 €. En plus, afin de pouvoir photographier dans toutes les conditions, il est souvent nécessaire d’en acheter plusieurs exemplaires, chacun ayant ses propres particularités et défauts. Et il y a “last but not least” un autre facteur aggravant : tous ces appareils utilisent… des pellicules.

Image realisée avec un scanner à plat et le script PolaRoid Generator V1.1
Fort heureusement, il est possible de photographier en numérique, tout en utilisant les appareils et objectifs les plus perfectionnés, puis de dégrader les images a posteriori, grâce à deux scripts pour Photoshop, disponibles ici et là.
Les scripts, mis au point par Maxmilian Jaenicke alias rawimage, sont d’une réalisation vraiment astucieuse et professionnelle. Grâce à plusieurs points d’arrêt, ils permettent de personnaliser l’aspect final des images. Le premier s’évertue à reproduire le rendu d’une photo faite avec une Holga sur du film Polaroid “type 87”, le second le rendu d’une photo Polaroid sur du film “600” ou “SX-70 Time Zero”.

Image réalisée avec le script HolgaRoid Generator