LightZone : disparition d’un logiciel précurseur

15 octobre 2011
C’est une nouvelle qui est restée largement inaperçue dans l’univers des logiciels photo : Lightcrafts, éditeur de l’astucieux logiciel Lightzone, vient de mettre la clé sous la porte, après une période d’inactivité assez longue.
15 octobre 2011
C’est une nouvelle qui est restée largement inaperçue dans l’univers des logiciels photo : Lightcrafts, éditeur de l’astucieux logiciel LightZone, vient de mettre la clé sous la porte.
Depuis quelques semaines déjà, les serveurs de la maison mère sont inaccessibles et, pire encore, le logiciel ne fonctionne même plus (sous Mac OS X au moins), faute de pouvoir établir une liaison avec eux au lancement du logiciel.
Bien malin qui réussit à démarrer le logiciel en version 3.9 sur Mac OS X 10.6.8. Il faut télécharger la version 3.9.2, introuvable…
LightZone a été un des premiers logiciels de développement RAW à introduire des corrections locales, grâce à des masques vectoriels qui ont été depuis copiés par Bibble 5. La philosophie du logiciel était proche de Nikon Capture NX2 : une pile d’outils permettant de superposer plusieurs corrections dont on pouvait contrôler l’opacité et le mode de fusion. Autres highlights du logiciel : l’outil ZoneMapper, inspiré des travaux d’Ansel Adams, et l’outil Relight, permettant de redistribuer les zones de tonalité d’une image (tonemapping). Malheureusement, le logiciel a aussi été conçu dans l’esprit du grand photographe de paysage américain : pataud et dépourvu d’outils de gestion, il se prêtait uniquement au peaufinage de quelques photos sélectionnées, délaissant le développement d’un reportage. De même, la qualité de dématriçage laissait un peu à désirer (bruit, couleurs) et les mises à jour étaient peu fréquentes. Chose rare, LightZone proposait une version dédiée à Linux et depuis sa disparition ce micro-marché est encore un peu plus pauvre : seul Bibble y mérite encore le libellé “professionnel”.
Ces dernières années, les développeurs de Lightcrafts, peu nombreux, semblaient concentrer leurs efforts sur le développement d’un logiciel “grand public ” (Aurora), sans prétention et situé à mille lieues de l’ancienne maestria de LightZone. Mais plus grave encore, l’incompétence de leurs “business angels” qui croyaient sérieusement de pouvoir rivaliser avec les logiciels de l’éditeur Adobe, et notamment avec le logiciel de flux de production Lightroom. La communication n’a jamais été le point fort de l’équipe de Lightcrafts (un euphémisme…) et c’est donc en toute logique qu’elle disparaît ni vu ni connu, sans pour autant permettre à certains de ces utilisateurs fidèles de continuer à utiliser ce logiciel. Quant au fondateur de Lightcrafts, Fabio Riccardi, il a depuis rejoint les rangs d’Apple…






























