Bon an mal an, les fabricants d’appareils photo profitent de la torpeur du mois d’aout pour annoncer leurs nouvelles gammes pour la fin de l’année. Suivant Nikon (D300s, D3000, AF-S DX NIKKOR 18-200mm f/3.5-5.6 G ED VR Ⅱ et AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ) et Sony (DSLR-A500, DSLR-A550, DSLR-A850 et 28-75mm F2.8 SAM), Canon a retenu deux dates pour ses annonces : une première pour sa gamme grand public et une deuxième pour un nouvel appareil reflex expert et trois optiques.

Des fonctionnalités à foison et une construction robuste : le Sony A850
Parmi les trois appareils visant les photographes professionnels et les amateurs experts, le Sony A850 est sans doute le plus intéressant : arborant le même capteur que le vaisseau amiral de la gamme, un imposant capteur plein format avec pas moins de 24 millions de photosites, ses autres caractéristiques sont tout aussi alléchantes : viseur à pentaprisme, afficheur LCD de 920.000 pixels sur une diagonale de 3 pouces et deux processeurs BIONZ proposant des sensibilités entre 100 et 6400 ISO et une qualité d’image très élevée aux vitesses les plus importantes, grâce à un traitement du bruit parasite en deux étapes. L’A850 partage avec l’A900 le système de mise au point AF, le stabilisateur d’image SteadyShot et le système de nettoyage de capteur basé sur de mouvements de capteur. Par rapport au A900, le nouvel appareil ne sacrifie que peu de fonctionnalités sur l’autel de la réduction de tarif : la vitesse en rafale passe de 5 à 3 images par seconde, le viseur ne couvre que 98 % du champ photographié et le boitier possède une finition légèrement moins élaborée. Quant à la télécommande, fournie avec l’A900, elle devient avec l’A850 un accessoire optionnel. Si ce nouvel appareil de chez Sony snobe encore la vidéo, fonction pourtant plutôt discutable sur un appareil reflex numérique, il saura satisfaire sans aucun doute la plupart des utilisateurs exigeants, sans pour autant vider leurs bourses puisqu’il sera commercialisé à moins de 2000 euros. L’objectif 28-75mm F2.8 SAM, proposé en complément, est beaucoup moins onéreux que l’autre objectif à ouverture constante, le magnifique Vario-Sonnar T* 24-70 mm f/2,8 ZA. Mais il ne s’agit en réalité que d’un « remake » du réputé Tamron AF SP 28-75 mm F/2,8 Di XR LD Asp.(IF), dont on connaît déjà les principaux atouts (compacité, faible poids et bonne qualité optique) et points faibles (réalisation un peu légère).

Le Tamron rhabillé en Sony
Si la résolution du capteur de l’appareil compact numérique Canon PowerShot G11 (10Mpix.) est en retrait par rapport à celle du l’ainée G10 (14,7 Mpix.), on ne peut pas dire la même chose du nouveau Canon EOS 7D, positionné entre l’EOS 50D et l’EOS 5D Mark2 : le nouveau venu additionne pas moins de 18 mégapixels sur un minuscule capteur de taille APS-C, dépassant de loin le décompte, plutôt raisonnable, du Nikon D300s (12,3 mégapixels), sans pour autant rivaliser avec la distribution, ô combien plus harmonieuse, du Sony A850 (24,6 mégapixels sur un capteur plein format). Mais avouons qu’il aurait été plutôt délicat de concevoir un clone allégé du Canon EOS 5D Mark 2 sans pour autant lui ôter tout son intérêt : l’appareil expert s’appuie principalement sur son capteur pour appâter le chaland et déçoit un peu dans les disciplines vitesse, réactivité et robustesse.

Pas de full frame, mais néanmoins fort intéressant : le Canon EOS 7D
L’EOS 7D est, quant à lui, bien mieux qu’une révision du Canon EOS 50D, qui reste par ailleurs au catalogue : enrobé d’un châssis qui, selon Canon, protège les organes vitaux de l’appareil aussi bien contre les éléments que faisait le feu EOS 1N, il offre un nouveau système de mise au point AF basé sur 19 collimateurs croisés (celui des 40D et 50D n’est pas assez performant pour accrocher des sujets mobiles…) et un système de mesure nettement plus sophistiqué que ses ainés : le système iFCL pondère la luminance, la couleur et la mise au point sur 63 zones distinctes, s’appuyant sur le capteur AF pour obtenir une exposition à la fois plus précise et plus fiable.

Au coeur du 7D : le nouveau capteur au format APS-C possède pas moins de 18 mégapixels
Mais n’oublions pas le viseur, couvrant enfin et pour la première fois dans ce segment l’intégralité du champ photographié et qui possède un grossissement élevé (1 fois) pour un affichage plus confortable. Ce viseur intègre un affichage à superposition permettant d’incruster différentes informations tels les collimateurs AF, le cercle de la mesure Spot et une grille facilitant la composition. Le viseur et l’afficheur LCD (3 pouces et 920.000 points) intègrent également un niveau électronique sur deux axes, très pratique pour des photos de paysage ou des photos d’architecture avec un objectif à décentrement et bascule. Répondant aux critiques de nombreux photographes, l’appareil est également le premier qui intègre un transmetteur pour flashs Speedlite, permettant ainsi de déclencher les flashs en mode sans fil, sans pour autant réclamer un accessoire optionnel et très onéreux. Côté réactivité, l’appareil offre d’excellentes performances : outre 8 images par seconde en mode rafale, il possède un obturateur (30 à 1/8000s, vitesse synchro-X à 1/250s) et un processeur véloce — ce dernier propose même une plage de sensibilités très étendue, entre 100 et 12.800 ISO. Bref, il s’agit d’un boîtier performant et très bien équipée (système de nettoyage de poussières, mode vidéo HD), fort bien préparé pour affronter la concurrence, surtout le nouveau Nikon D300s. En revanche, il est fort dommage que Canon n’ait pas incorporé un capteur plein format pour ainsi rivaliser avec Sony, étoile montante de l’univers des appareils reflex numériques : animé par une équipe de développement qui est redevable aux équipes de spécialistes en marketing, le fabricant impose à ses appareils des avancées souvent trop timides et insuffisantes pour distancer la concurrence.
Côté objectifs, Canon annonce la sortie prochaine du premier objectif macro à stabilisateur d’image hybride. L’EF 100 mm f/2.8 L IS USM Macro est composé de 15 éléments optiques en 12 groupes et propose un rapport d’agrandissement d’une fois (100%) à la distance minimale de mise au point de 30 cm. Plus encombrant et plus lourd que son homologue sans dispositif de stabilisation (77.7 mm x 123 mm et 625 g), l’EF 100 mm f/2.8L Macro IS USM accepte de nombreux accessoires existants : adaptateur trépied D, Adaptateur 67 pour Speedlite MR-14EX and MT-24EX, pare-soleil ET-73 et bagues allonge EF12 II and EF25 II.


L’EF-S 15-85mm f/3.5-5.6 IS USM a été calculé pour l’EOS 7D
Pour sa gamme d’objectifs EF-S, reservée aux appareils APS-C, le fabricant introduit deux nouvelles références, l’EF-S 18-135mm f/3.5-5.6 IS et l’EF-S 15-85mm f/3.5-5.6 IS USM. Avec une plage de focales équivalente à 24-136 mm, l’EF-S 15-85mm f/3.5-5.6 IS USM possède un stabilisateur optique pour un gain de quatre vitesses d’obturation et une distance de mise au point de 0,35 pour l’ensemble des focales. L’EF-S 18-135mm f/3.5-5.6 IS arbore le même stabilisateur et une plage de focales encore plus large (7.5 fois, 29-216 mm).

Un objectif “universel” : l’EF-S 18-135mm f/3.5-5.6 IS
Les deux objectifs incorporent des verres à faible dispersion (UD), des éléments asphériques et un traitement particulier des surfaces afin de réduire les reflets parasites. Ils possèdent également un diaphragme circulaire pour un rendu harmonieux des zones hors mise au point (bokeh) et une finition plus soignée que les « anciens » objectifs EF-S.