Questions Photo

La numérisation sans scanner : prise de vue (seconde partie)

Reportage de mode pour le magazine "New Woman", Taipei, Taïwan. Photo prise avec un Canon T90 et un objectif FD 85 mm f/1,8 sur du film Orwopan 400. Numérisation avec un Canon 5D Mark II, soufflet macro et objectif d'agrandisseur Nikon Nikkor EL 80mm f/5,6.

 Un flux de travail de numérisation

La séance de numérisation commence toujours par un nettoyage et dépoussiérage minutieux de l’environnement de travail (statif de reproduction, plateau et table lumineuse), du matériel de prise de vue (boîtier, objectif et soufflet macro) ainsi que des originaux à numériser. Manipulez ces derniers uniquement avec des gants en coton pour éviter des rayures et traces de doigts. Utilisez une bombe à air sec et/ou un chiffon antistatique pour vous débarrasser des poussières. Pensez également au porte-films et notamment lorsque celui-ci comporte des verres. Comme toujours, mieux vaut prévenir que guérir : les quelques minutes passées à enlever les poussières sur vos films vous épargneront ensuite quelques heures pénibles dans Photoshop. A titre personnel, j’utilise Capture One Pro 8 pour contrôler l’appareil photo à partir de  l’ordinateur.

  • Je commence par régler l’appareil sur sa sensibilité minimale (100 ISO).  Les images sont enregistrées au format RAW et l’exposition est contrôlée en mode manuel.
  • Une balance des blancs personnalisée permet de « normaliser  » la source d’éclairage. Dans mon cas, il s’agit d’une table lumineuse dont les caractéristiques sont proches de celles de la lumière du jour.
  • Une fois l’appareil photo reconnu par le logiciel et connecté, je clique sur le bouton Démarrer Visée Vidéo, situé dans le menu Appareil de l’onglet Capturer,  pour passer en mode LiveView. Dans la fenêtre Visée vidéo, j’effectue dans un premier temps le cadrage et la mise au point. Cette dernière est effectuée après avoir agrandi l’aperçu à la taille réelle des pixels (100%) et en examinant la texture du grain. La mise au point se fait à l’ouverture la plus grande, avec des objectifs d’agrandisseurs il faut penser à fermer le diaphragme à l’ouverture de travail avant de déclencher.

Cadrage et réglage de l’exposition en temps réel.

Mise au point sur la texture de grains

  •  Je ferme l’ouverture à la valeur optimale, situé deux ou trois crans en dessous de l’ouverture maximale de l’objectif (f/8 pour le 50 et 100 macro).  La vitesse d’obturation varie en fonction du diaphragme, avec pour objectif  une exposition » à droite » qui déplace les informations de l’image vers les valeurs moyennes et claires sans pour autant écrêter les hautes lumières.
  • Pour prendre la photo et pour la transférer sur le disque dur de l’ordinateur, je clique sur le bouton Capturer.  L’image s’affiche ensuite dans la fenêtre principale du logiciel, une fois la fenêtre Vidée vidéo fermée.

L’image après une rotation de 180%.

  •  Le traitement d’image à proprement parler commence avec l’arrivée de l’image dans la fenêtre principale de Capture One Pro  : inversion de la courbe tonale, ajustement des points blanc et noir, réglage du contraste et correction de l’équilibre de couleur (Capture One Pro), réglages plus fins, fusion de plusieurs images, réparation des rayures et nettoyage des poussières (Photoshop) sont autant de corrections à effectuer avant d’aboutir à l’image finale.  Les différentes étapes de correction seront le  sujet d’un article à venir.

Dans la dernière partie de cette minisaga consacrée à la numérisation sans scanner, j’aborderai tout ce qu’il faut savoir sur le développement et le posttraitement. Prochain rendez-vous dans quelques jours !

VisionLOG : un adoucissant pour Camera Raw et Lightroom

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En guise de conclusion

L’usage des profils VisionLOG me rappelle un peu les tirages de lecture que je produisais dans la chambre noire. Volontairement tirés sur du papier à grande très doux, ils me permettaient d’évaluer le potentiel de mes images argentiques tout en m’indiquant la voie à suivre pour les différents traitements globaux et sélectifs à effectuer (grades simples/multiples et/ou maquillages). À la manière de la courbe « Linear Response » dans Capture One Pro, la courbe logarithmique offre une marge de manœuvre plus importante pour ajuster les tonalités d’une image, sans pour autant recourir systématiquement aux commandes de récupération des tonalités.  Pour une qualité globalement supérieure, car l’usage intensif des curseurs Hautes lumières (Tons clairs dans Camera Raw) et Ombres (Tons foncés dans Camera Raw) risque sinon d’introduire des artéfacts plus ou moins gênants (ruptures de tons et bruit).

Ne vous attendez pas à des miracles pour ce qui est de la plage dynamique. Fixée à la prise de vue, celle-ci ne pourrait pas être améliorée en utilisant une courbe des tonalités plus douce. Pour éviter un écrêtage dans les hautes lumières et tons foncés, une exposition parfaite restera donc primordiale (en posant éventuellement «à droite »). Pour ma part, j’ai ajouté les profils VisionLOG à mon arsenal d’outils de développement et je les utilise de plus en plus pour des images à convertir en noir et blanc.

La numérisation sans scanner : prérequis et matériel (première partie)

Dorci, Tanshui River, Taipeh, Taïwan, 1993. L'image à été saisie avec un Canon T90 et un objectif Tamron SP 80-200 mm f/2,8 sur Agfacolor Ultra 100. Numérisation avec un Canon EOS 5D Mark II, un soufflet macro et un objectif d'agrandisseur Nikon EL Nikkor 50 mm f/5,6. Le fichier final, obtenu en fusionnant 5 images, mesure 53444 x 8226 pixel et permet un tirage aux dimensions de 45,3 x 69,6 cm à 300 ppp !

Matériel de prise de vue et éclairage

Je l’ai déjà écrit plus haut : plus la résolution de l’appareil est importante, meilleur sera le résultat en termes de piqué et de texture de grain. Si un appareil à capteur de 36 mégapixels (Nikon D800, D800E, D810, Sony 7R) est idéal pour la numérisation d’images argentiques, tous les appareils numériques récents conviennent, sous condition d’autoriser un changement de l’objectif.

À titre personnel, j’utilise actuellement un EOS 5D Mark II avec un capteur 24 x 36 de 22 mégapixels, mais je me suis servi, pendant plusieurs années, d’un EOS 1DS « Mark I » dont le capteur, également au format 24 x 36, possédait « seulement » 11 mégapixels. Avec ce dernier, il était déjà possible d’obtenir des numérisations de grande qualité, supérieure à celle d’un scanner à plat Epson V750, à partir d’originaux au format 24 x 36.

Les objectifs d’agrandisseurs sont parfaits pour numériser des originaux argentiques, et notamment lorsqu’il s’agit de dépasser le rapport 1/1. Privilégiez les modèles de type Gauss, à six lentilles, plus homogènes que les modèles économiques, dotés de trois ou quatre lentilles.

Plus encore que l’appareil photo, c’est l’objectif qui détermine la qualité technique (piqué et texture de grain) des images. Compte tenu des rapports de grossissement exigés pour exploiter tout le potentiel du capteur, vous pourriez opter pour un objectif standard avec une bague allonge ou, mieux, un objectif macro à même d’atteindre le rapport 1/1. Si les objectifs macro sont inégalés pour ce qui est de la planéité de champ et de l’absence de distorsion, vous pouvez également recycler un vieil objectif d’agrandisseur. Les modèles à six lentilles bénéficient tous d’une excellente qualité optique tout en étant proposés à des tarifs très intéressants sur le marché d’occasion. Ayant gardé mon matériel de labo, je possède encore une petite collection de ces objectifs spécialisés : deux EL Nikkor de première génération (50 mm f/4 et 80 mm f/5, 6), un vieux Agfa Color-Magnolar II 105 mm f/4, 5, un Rodenstock Rodagon 50 mm f/2, 8 et un Fujinon-EX 75 mm f/4, 5. Les deux derniers doivent être modifiés pour des travaux de numérisation : leur bague de diaphragme étant rétroéclairé, la lumière peut s’y engouffrer pour abaisser le contraste et générer des parasites. Parmi les objectifs mentionnés, l’EL Nikkor 80 mm f/5,6 et le Fujinon-EX 75 mm f/4,5, associés à un vieux soufflet macro, sont mes objectifs favoris pour saisir des extraits de mes originaux argentiques ; le « mythique »  Fujinon-EX atteint son piqué optimal à f/5,6, ce qui est particulièrement appréciable avec des négatifs très denses.

Il est possible de choisir parmi différents matériels de numérisation  :

  • un banc de reproduction pour diapositives tel qu’il a été commercialisé par Elinchrom, Multiblitz et Beseler. Il intègre un flash électronique pour éclairer l’original par transparence, une colonne pour fixer l’appareil photo et un soufflet pour déterminer fixer le rapport de grossissement et effectuer la mise au point. L’objectif utilisé est un objectif d’agrandisseur ;
  • un dispositif de duplication de diapositives comportant un petit soufflet et un cadre porte-diapositive. Parfois, un tube-allonge télescopique ou à longueur invariable remplace le soufflet. Une plaque translucide, située à l’arrière du porte-diapositive, permet d’éclairer l’original de manière homogène, en dirigeant l’ensemble vers une zone de ciel légèrement couvert ou une source d’éclairage (flash ou lumière continue);
  • un dispositif fait maison, composé d’un support pour l’appareil photo, d’un porte-film pour assurer la planéité du film et d’une source lumineuse stable et de qualité. Pour obtenir un alignement parfait entre l’appareil photo et le film, j’ai choisi à transformer mon agrandisseur Kaiser : il a suffi d’enlever la tête et de la remplacer par un bras support sur lequel j’ai fixé l’appareil photo. La colonne à manivelle assure alors un support particulièrement stable tout en facilitant le positionnement de l’appareil et la mise au point.

Mon banc de reproduction : celui-ci se compose d’un statif de reproduction Kaiser, issu d’un agrandisseur de la même marque, d’un vieux soufflet macro « Sesnon » à monture Minolta X, de deux bagues d’adaptation (Minolta X vers Canon EF et M39 vers Minolta X), d’un boîtier Canon 5D Mark II et d’un porte-négatif Kaiser au format 6 x 7 cm. Notez que le Canon est relié à un Mac Pro et contrôlé via ce dernier à l’aide de Capture One Pro 8. La fenêtre LiveView, affiché à l’écran du Mac, est très utile pour effectuer la mise au point sur le grain du film.

Le porte-film, équipé de deux verres anti-Newton, assure la planéité du film et ainsi une netteté parfaite à travers l’image. Le pupitre lumineux offre un éclairage stable et proche de la lumière du jour, doté d’une douceur qui atténue les imperfections (rayures, poussière) sur la surface du film.

L’éclairage de la diapositive ou du négatif couleur ou noir et blanc est effectué exclusivement par l’arrière, c’est-à-dire par transparence. Faites donc attention à ne pas éclairer la face avant du film. Vous pouvez utiliser un flash électronique ou une source de lumière continue. Cette dernière est plus avantageuse puisqu’elle vous sert en même temps d’aide à la mise au point. À titre personnel, j’utilise un pupitre lumineux que j’employais autrefois pour examiner mes films. Il fournit une lumière homogène et « neutre », sa température de lumière étant proche de 5000 K et son indice de rendu de couleur (IRC) proche de 100.

Dans les deux autres parties de cette minisaga consacrée à la numérisation sans scanner, j’aborderai tout ce qu’il faut savoir pour réussir ses numérisations, aussi bien à la prise de vue que lors du développement et posttraitement. Prochain rendez-vous dans quelques jours !

 

L’objectif standard revisité (troisième partie)

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KMZ Helios 44 58 mm f/2

C’est lui, l’objectif standard du peuple ! Le Helios 44 58 mm f/2 est un objectif standard de provenance russe qui a été produit entre 1958 et les années 2000 par plusieurs usines dans l’ancienne Union soviétique. Il s’agit d’une copie du Zeiss Biotar 58 mm f/2 dont la formule optique, de six éléments disposés en quatre groupes, est de type Planar (double Gauss). Le Helios a été produit en de multiples variations, avec ou sans contrôle automatique du diaphragme. Les modèles les plus récents bénéficient d’un traitement multicouche (MC Helios) et d’une distance de mise au point plus rapprochée (0,5 au lieu de 0,6 ou 0,7 m). À noter aussi une amélioration des performances optiques et une modification du diamètre de filtre au fil du temps. L’objectif testé, un Helios-44M 2/58 fabriqué par KMZ, possède un traitement monocouche, une distance de mise au point minimale de 0,5 m et un diamètre de filtre de 52 mm. Les barillets sont épais et entièrement métalliques et la fabrication inspire confiance bien qu’elle ne soit pas à la hauteur des réalisations occidentales et japonaises. La bague de mise au point est assez raide, tout comme la bague de diaphragmes, crantée par demi-valeurs entre f/2 et f/11 et valeurs entières entre f/11 et f/16. Le diaphragme, doté d’un commutateur A/M, est assez lymphatique.

  • Caractéristiques techniques
  • Focale : 58 mm (équivalent 87 ou 93 mm sur un reflex au format APS-C)
  • Ouverture maximale/minimale : f/2 et f/16
  • Construction optique : 6 éléments en 4 groupes
  • Angle de champ : 40 °
  • Distance minimale de mise au point : 0.5 m
  • Diamètre de fixation pour filtre : 52 mm
  • Diamètre x longueur : 62 x 42 mm
  • Poids : 300 g

KMZ Industar-50  50 mm f/3,5

Conçu à l’origine pour des appareils télémétriques, l’Industar-50 existe aussi dans une version dédiée aux appareils reflex, Industar-50-2, doté d’une monture M42. Il s’agit d’un objectif d’une focale de 50 mm et d’une ouverture maximale de f/3, 5 dont la formule optique est de type Tessar. Bien que très léger et de dimensions très réduites, l’objectif, un véritable « bouchon de boîtier », bénéficie d’une réalisation très soignée, tout en métal. Du fait de sa taille minuscule, l’objectif est assez délicat à manipuler. Une modification de l’ouverture entraine parfois une modification de la distance de mise au point et génère ainsi un flou intempestif. La lentille frontale est assez exposée à des empruntes digitales et il est difficile de lui trouver un pare-soleil ou un filtre adapté. Le traitement antireflet est de type monocouche et la distance de mise au point est égale à 65 cm. Le diaphragme est entièrement manuel, avec un ajustement en continu, sans crantage,  entre f/3, 5 et f/16. L’objectif testé à été fabriqué par KMZ, à l’époque soviétique.

  • Caractéristiques techniques
  • Focale : 50 mm (équivalent 75 ou 80 mm sur un reflex au format APS-C)
  • Ouverture maximale/minimale : f/3,5 et f/16
  • Construction optique : 4 éléments en 3 groupes
  • Angle de champ : 46 °
  • Distance minimale de mise au point : 0.65 m
  • Diamètre de fixation pour filtre : 36,5 mm
  • Diamètre x longueur : 50 x 20 mm
  • Poids : 100 g

L’objectif standard revisité (seconde partie)

Léger et compact, le 50 mm f/1,8 est un excellent objectif standard. Canon EOS 5D Mark III, EF 50 mm f/1,8, 1/320 s à f/5,6 et 400 ISO.

En guise de conclusion

Si aucun des objectifs ci-présents ne possède de quoi pousser les rois actuels parmi les objectifs standards (Zeiss Otus 55 mm f/1, 4 et Sigma 50 mm f/1, 4 Art) de leur trône, chacun se distingue par des performances optiques à même de satisfaire la majorité des utilisateurs même exigeants. Tous possèdent leur propre personnalité : si l’EF 50 mm F/2, 5 Macro possède une grande polyvalence, le Voigtländer Ultron 40 mm f/2 séduits les photographes de reportage et les voyageurs grâce à une très grande compacité et une robustesse à toute épreuve. Le TS-E 45 mm f/2, 8 s’adresse au photographe créatif qui souhaite jouer avec les fonctions de bascule et de décentrement qui le prédestinent à la photo de produit, la photo d’architecture et le paysage. Mais il se prête aussi bien au portrait, sous condition de conserver un peu de recul pour ne pas introduire des déformations de perspective — la fonction de bascule permet alors de placer la netteté sur les yeux tout en plongeant les autres parties de l’image dans un flou vaporeux. Certes, il ne s’agit pas d’un objectif facile d’emploi et la maitrise de ses réglages demande un apprentissage lent et laborieux. L’EF 50 mm f/1, 8 continue à me surprendre. Alors qu’il s’agit d’un objectif très bon marché (mais uniquement disponible sur le marché d’occasion), il offre des performances optiques très élevées, sous condition de trouver un exemplaire un bon état. Certes, l’ancien moteur AF-D n’est pas toujours d’une précision à même de produire des images nettes aux grandes ouvertures, mais l’objectif partage cet inconvénient avec son remplaçant, l’ EF 50 mm f/1, 8  II dont la construction mécanique s’avère nettement plus fragile à l’usage.

Canon 5D Mark II, TS-E 45 mm f/2,8, f/11, 1/8 s et 100 ISO.

 Dans la troisième et dernière partie de cette petite saga consacrée aux objectifs standards,  je vous présenterai quelques objectifs signés Leica, Nikon, Pentacon, Zeiss et Zenit. Rendez-vous prochain dans quelques jours !

L’objectif standard revisité (première partie)

La focale standard donne la même priorité aux différents éléments d'une scène, ne privilégiant pas l'un au détriment d'un autre. Cela ne facilite guère la prise de vue car on ne peut plus se fier aux seules caractéristiques de l'objectif pour créer une composition saisissante.

À l’aise dans la proxiphotographie

Grâce à leur formule quasi symétrique, les objectifs standards de type Gauss sont relativement insensibles au changement de la distance de mise au point, permettant d’obtenir des résultats de bonne qualité aux distances les plus proches. Qui plus est, il est même possible de les doter de bonnettes et/ou de bagues-allonge pour s’approcher davantage du sujet. Sous condition de fermer le diaphragme aux valeurs moyennes et de ne pas dépasser le rapport x 1. Pour aller plus loin (et pour obtenir un piqué supérieur), vous pouvez utiliser un des objectifs macro à focale standard. Disposant d’une monture hélicoïdale plus longue et/ou d’un dispositif de mise au point interne, les objectifs en question permettent d’obtenir un tirage de plusieurs centimètres et donc des grossissements plus importants, sans avoir recours aux accessoires cités plus haut. Les objectifs plus anciens autorisent alors à réaliser le grossissement x 0,5, les objectifs plus modernes à atteindre le grossissement x 1. Un objectif macro, excellent à courte distance, conserve sa qualité optique à l’infini. C’est pourquoi certains photographes préfèrent utiliser un objectif macro en guise d’objectif standard, d’autant que le sacrifice en matière de luminosité n’est pas très importante : si un objectif macro ne propose qu’une ouverture entre f/2 et f/4, ses performances optiques sont souvent déjà convenables à pleine ouverture, contrairement à certains objectifs plus lumineux dont le piqué n’est satisfaisant qu’en vissant le diaphragme de quelques crans.

Même sans accessoire spécifique, la plupart des objectifs standard autorisent des grossissements suffisamment importants pour de nombreux sujets (ici un autocollant sur la vitrine d’un restaurant), avec la même qualité qu’à l’infini.

Photographier l’automne

automne-12

Explorez les détails

Si les photos de détails ne font pas partie, à proprement parler, du domaine de la photo de paysage, il serait dommage de laisser votre objectif macro, bague allonge ou bonnette macro au fond d’un tiroir. Même en automne, il y a de nombreux sujets qui n’attendent qu’à être saisis, profitez-en !

Araignée, Colmar, Alsace. Canon EOS 5D Mark III, EF 100 mm f/2,8 L IS USM Macro, f/5,6 et 1/125 s à 6400 ISO.

Feuilles, Lac Noir, Alsace. Canon 5D Mark II, Canon EF 100-400 mm f/4,5-5,6 L IS USM, f/13 et 4 s à 100 ISO.

Toile d’araignée et gouttes d’eau, Colmar, Alsace.Canon EOS 600D, Rodenstock Rodagon 50 mm f/2,8 + soufflet macro, f/8 et 1/10s à 800 ISO.

Piccure + : la suite dans les idées

Piccure + est très efficace pour donner du "peps"  à une image sans pour autant en altérer les tonalités et les couleurs.

En guise de conclusion

Piccure + est un logiciel très spécialisé dont les compétences ne sont pas très nombreuses. Mais est-il vraiment aussi efficace qu’il prétend ? Sur son site Web, Intelligent Imaging Solutions compare une image prise avec un objectif haut de gamme (Zeiss Otus 55 mm f/1, 4) avec une autre prise avec un objectif standard « économique » (Canon EF 50 mm f/1, 8II ou Canon EF 50 mm f/1, 4 USM). Tel qu’il est présenté, le résultat du match ne peut être interprété que d’une seule manière : l’image provenant de l’objectif de qualité inférieure et traitée avec Piccure + égale l’image issue de l’objectif de référence, mais non accentuée pour ce qui est de la restitution des détails. Il s’agit donc dans les faits d’une comparaison particulièrement boiteuse, étant donné qu’il faut appliquer aux images le même traitement pour les mettre sur un pied d’égalité. Afin de mieux cerner leurs qualités, j’ai confronté les algorithmes de Piccure + à mes routines d’accentuation habituelles dans Photoshop. Et là, je parviens à des résultats très proches,  bien que Piccure+ conserve encore une petite avance sur mes traitements manuels (plusieurs étapes d’accentuation avec différentes valeurs USM, suivies d’un masquage des aplats pour ne pas y accentuer le bruit). Voici les résultats, l’image optimisée avec Piccure+ se trouve à gauche et celle corrigée en utilisant  mes propres routines d’accentuation à droite :

Piccure +(à gauche)  produit une image légèrement plus piquée, mais l’écart ne plus aussi important (cliquez pour agrandir).

Piccure + n’est pas particulièrement à l’aise avec des images prises aux sensibilités ISO élévées (>1000 ISO) et le logiciel montre également ses limites avec des images issues de téléphones portables. Il s’agit donc en premier lieu d’une solution  d’accentuation pour des images qui méritent qu’on leur consacre un peu de son temps. A l’image de  l’algorithme PRIME de DxO Optics Pro… .
Pour vous faire votre propre idée des performances de Piccure+ et pour évaluer l’utilité du logiciel pour votre flux de production,  n’hésitez  pas à télécharger une version d’essai valable pendant 15 jours en suivant un des liens suivants : Windows, Mac. Quant au manuel du logiciel (an anglais), il est disponible ici.

Piccure + 1.0 – configuration requise

  • Windows : processeur Core2Duo, AMD Athlon 64 x 2 ou supérieur, 4 Go de RAM (fonctionnalité Lens+), Windows XP, Windows Vista, Windows 7 64 bits, Windows 8 64 bits ou Windows 8.1 64 bits, une version 64 bits étant  fortement recommandée.
  • Mac OS X : processeur Core2Duo, 4 Go de RAM, Mac OS X 10.6, 10.7, 10.8, 10.9 ou 10.10, une version 64 bits étant fortement recommandée.

DxO Optics Pro : il passe la dixième !

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La société française DxO Labs vient d’annoncer la sortie de la dixième version de DxO Optics Pro, logiciel de développement RAW très réputé pour sa qualité d’image. La nouvelle mouture introduit la fonction DxO ClearView, destinée à supprimer le voile atmosphérique, améliore la technologie de réduction du bruit PRIME, peaufine l’interface utilisateur et inaugure une nouvelle segmentation de la gamme DxO Optics Pro, déclinée en deux versions Essential et Elite.

L’interface utilisateur du logiciel s’offre encore une fois un lifting en profondeur qui lui donne un look plus sobre avec des icônes plus élégantes, notamment celles de l’explorateur de fichiers dont la mission est d’informer sur la conformité des images avec les corrections optiques. Les outils Balance des blancs et Correction des poussières sont désormais appliqués en mode plein écran, pour davantage de précision et un meilleur confort d’utilisation. À noter aussi l’intégration des outils du plug-in ViewPoint 1 ou 2, pour peu que celui-ci soit installé et activé. Une palette qui lui est dédiée permet alors d’intervenir directement sur les perspectives et la déformation de volume de fichiers RAW et JPEG, avec les mêmes commandes que celles de la version indépendante de ViewPoint. Si l’éditeur du logiciel annonce une vitesse accrue pour le démarrage (x 1,5) et le chargement des images d’un dossier (x 10), l’amélioration constatée n’était pas aussi importante sur mes machines de test, un PC et un MacPro. Mais elle existe bel et bien !

Désormais, le réglage de la balance des blancs et la retouche des poussières peut se faire en mode plein écran.

La prise en charge des fichiers DNG est une des nouveautés les plus importantes de DxO Optics Pro 10. La version précédente était à même de produire des fichiers DNG en sortie, ce qui est très pratique pour poursuivre leur traitement dans Camera Raw ou Lightroom tout en conservant les corrections optiques et de perspective appliquées dans DxO Optics Pro. La nouvelle version est à même de corriger directement des fichiers DNG, pour peu que les fichiers RAW dont ils sont issus soient également pris en charge par le logiciel. Autre condition sine qua non : une conversion préalable des RAW au format DNG en passant par Camera Raw, DNG Converter ou Lightroom, ce qui exclut des fichiers DNG « exotiques » produits par certains logiciels plus spécialisés (PhotoAcute, LumaRiver HDR, etc.).

Le traitement des fichiers DNG se déroule de la même façon que celui des fichiers RAW. En revanche, l’ouverture d’un dossier de fichiers DNG et la génération des aperçus demandent davantage de temps.

DxO ClearView s’attaque de manière très efficace au phénomène de voile atmosphérique qui affecte certaines photos prises à l’extérieur. En fonction de la distance qui le sépare du photographe, le sujet photographié semble recouvert d’un voile blanc. Pour retirer ce dernier, un algorithme puissant analyse les composantes de couleur de chaque pixel pour distinguer dans un premier temps les zones d’arrière-plan et de premier plan de l’image et, dans un deuxième temps, pour améliorer automatiquement le contraste et la saturation de l’image. Grâce à une « carte de profondeur » de la scène, DxO Clear View opère une correction locale du contraste et des couleurs sans pour autant demander une sélection préalable des zones à corriger. La fonction préserve les hautes lumières et les tons foncés. S’il existe déjà plusieurs logiciels et plug-ins permettant de supprimer le voile atmosphérique, DxO Optics Pro est la première application qui agit de manière complètement automatique : une fois activée la palette DxO ClearView, un unique curseur Intensité (valeur par défaut 50) permet de doser l’effet entre 0 (minimum)  et 100 (maximum).

DxO ClearView à l’œuvre : le réglage par défaut, obtenu en activant la palette DxO ClearView, est d’une efficacité bluffante. Gardez à l’esprit que cette correction automatique très sophistiquée  ne nécessite aucune autre intervention de votre part !

La technologie PRIME (Probabilistic Raw IMage Enhancement), apparue en même temps que DxO Optics Pro 9, conserve désormais mieux les détails les plus fins, grâce à une amélioration de l’algorithme de la réduction du bruit. Rappelons que celui-ci analyse pour chaque pixel débruité un millier de pixels environnants pour ainsi séparer le signal utile et le bruit : alors que ce dernier possède une structure plus ou moins aléatoire, le signal utile présente des similarités en termes de couleurs, tonalité et structure. Si la technologie PRIME produit d’excellents résultats, elle est aussi particulièrement gourmande en ressources. Son utilisation ne s’impose donc avant tout pour le développement d’images particulièrement bruitées et/ou prises à des sensibilités ISO très élevées et/ou méritant un traitement de grande qualité. La dernière version du logiciel rend l’utilisation de PRIME beaucoup plus efficace : pour développer un fichier RAW issu d’un Canon EOS 5D Mark III, DxO Optics Pro 10 est trois fois plus rapide que DxO Optics Pro 9 (52 au lieu de 164 secondes) alors que l’utilisation de l’algorithme Haute Qualité donne également un léger avantage à la nouvelle version du logiciel (7 au lieu de 9 secondes), preuve d’une optimisation du logiciel qui n’est pas cantonnée au seul algorithme de réduction du bruit haut de gamme (test effectué sur un ordinateur PC équipé d’un processeur i7-3770 de 3,4 Ghz et 16 Go de RAM, sous Windows 7 Pro 64 bits). Pour mieux apprécier la correction du bruit, la palette Réduction du bruit offre désormais un aperçu deux plus grand.

L’aperçu de la palette Réduction du bruit est presque deux fois plus large, favorisant ainsi une bonne appréciation de l’effet de « débruitage », notamment en mode PRIME.

L’éditeur s’est également penché sur d’autres fonctions du logiciel. Ainsi, l’algorithme DxO Smart Lighting bénéficie d’un meilleur rendu en mode automatique, avec une restitution plus fine des hautes lumières et tons foncés. Si la récupération des ombres tire pleinement parti du savoir-faire de DxO Labs en matière de traitement du bruit, la récupération des hautes lumières n’arrive pas encore à la cheville des logiciels concurrents Camera Raw/Lightroom, Capture One et Photo Ninja. Les curseurs de la palette Tonalité sélective, très utiles pour intervenir sur la luminosité des pixels dans quatre plages de tonalités (Hautes lumières, Tons moyens, Ombres et Noirs), sont désormais plus discriminants, favorisant des rendus beaucoup plus naturels. Quant à l’outil Netteté de l’optique, il hérite un réglage par défaut avec un taux d’accentuation plus prononcé, grâce à des algorithmes plus fins qui génèrent moins d’artéfacts et qui permettent d’aller plus loin en termes d’accentuation.

L’outil Netteté de l’optique est encore plus efficace lorsqu’il s’agit de compenser des différences de netteté entre le centre et les bords d’une image.

DxO Optics Pro 10 inaugure deux nouvelles versions qui ne se distinguent plus par les appareils pris en charge (une bipartition pas toujours très heureuse…), mais par leur richesse fonctionnelle. Alors que la version Elite inclut l’ensemble des fonctionnalités du logiciel, la version Essential a été allégée de certaines fonctions plus sophistiquées, mais pas toujours essentielles. Ainsi, DxO Optics Pro 10 Essential fait l’impasse sur PRIME, DxO ClearView, l’outil Anti-moiré, la gestion de profils ICC personnalisés et les profils de rendus couleur. Manquent également à l’appel l’édition d’autoréglages, la création d’autoréglages partiels et de palettes personnalisés et les files de sortie multiples. Si vous pouvez activer et utiliser Elite sur trois ordinateurs, Essential ne supporte que l’activation simultanée sur deux machines. En revanche, les deux éditions de DxO Optics Pro 10 sont disponibles à des tarifs plus intéressants : 129 euros TTC pour la version DxO Optics Pro 10 Essential (au lieu de 149 euros TTC pour DxO Optics Pro 9 Standard) et 199 euros TTC pour la version DxO Optics Pro 10 Elite (au lieu de 299 euros TTC pour DxO Optics Pro 9 Elite). À noter aussi que la mise à jour vers DxO Optics Pro 10 est gratuite pour tous ceux ayant acheté une licence pour la version précédente après le 1er septembre 2014. Quant à la mise à jour vers DxO Optics Pro 10 Elite, elle est récompensée par une licence gratuite de DxO ViewPoint 1.0. Par ailleurs, l’éditeur propose jusqu’au 25 novembre 2014 une baisse de prix sur deux suites comprenant DxO Optics Pro 10, DxO FilmPack 5 et DxO ViewPoint 2 : DxO Photo Suite Essential, comprenant les versions de base, est commercialisée à 189 au lieu de 287 euros TTC et DxO Photo Suite Elite à 289 au lieu de 407 euros TTC.

Vous pouvez également télécharger une version d’essai de DxO Optics Pro 10, utilisable pendant 30 jours, sur le site de DxO Labs.

DxO Optics Pro 10 – configuration requise

  • Windows : processeur Core2Duo, AMD Athlon 64 x 2 ou supérieur, 4 Go de RAM (8 Go recommandés), 2 Go d’espace disponible (6 Go recommandés), Windows 7 64 bits, Windows 8 64 bits ou Windows 8.1 64 bits ; carte graphique compatible DirectX 9.0c avec 512 Mo de mémoire vidéo pour la prise en charge de l’accélération GPU, carte graphique Nvidia GeForce 460 ou supérieure, ATI Radeon HD 58xx ou supérieure pour la prise en charge de l’accéleration OpenCL, Microsoft .NET Framework version 4.5 (installé si pas encore présent sur le disque dur).
  • Mac OS X : Intel Core i5 ou supérieur, 4 Go de RAM (6 Go recommandés), 2 Go d’espace disponible (6 Go recommandés), Mac OS X 10.8, 10.9 ou 10.10, carte graphique avec 512 Mo de mémoire vidéo pour la prise en charge de l’accélération GPU.

Notez que seuls les systèmes d’exploitation 64 bits sont pris en charge et que le traitement de fichiers RAW de plus de 24 mégapixels demande 8 Go de RAM et, idéalement, un processeur quadri-coeur pour rester fluide.

Prix, bourse, résidence photo : comment se préparer ? (2/2)

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Dans le cadre d’un prix, d’une bourse ou d’une résidence, le jury, comme les organisateurs, sont préparés à regarder vos images, le contexte est dédié et donc favorable à l’écoute et à la prise en considération de vos éléments ; c’est un espace particulièrement approprié pour montrer vos travaux. Il ne faut jamais avoir honte ou peur d’avoir envie de montrer mais il faut toujours avoir une très forte envie de faire de la photographie. Il ne faut pas avoir envie de montrer pour soi, pour se montrer, s’exposer : il faut avoir un discours et il faut que ce discours ait du sens, qu’il soit lui-même louable et montrable. Et là et seulement là, vous aurez la légitimité d’être et serez un photographe parmi les photographes.

Je n’ai de cesse de dire que le nombre de personnes qui souhaitent devenir photographe est croissant, vous savez certainement que le nombre d’amateurs croit également et que les prouesses des appareils, la prégnance des réseaux sociaux généralistes ou bien dédiés à la mise en ligne de photographies constituent une manne pour qui veut faire circuler ses images. Tant que l’image qui est ainsi véhiculée et rendue publique est une bonne image, tout est pour le mieux. Je ne suis pas pour l’à peu près, le vite fait, le vite consommé, car la photographie, au contraire, demande du temps, demande du sens. Je souhaite vous mettre ici en garde contre la voracité et/ou l’amateurisme de certains professionnels. Comme lors du choix de votre établissement de formation, comme lors de la sélection des masterclass ou workshops, cherchez à savoir qui organise ces prix et ces bourses ou encore ces résidences que vous avez identifiés. Quelle est leur portée et où apparaissent les organisateurs ? Ont-ils un réel lien avec la profession, les galeries, les festivals, connaissent-ils réellement les jurys ? Une astuce : lorsqu’un prix ou une bourse promet une exposition ici ou là ou bien revendique une collaboration avec un éditeur, une institution culturelle, prenez contact avec eux, questionnez-les. Assurez-vous d’être face à quelqu’un de sérieux et non face à quelqu’un qui va se servir de vous, qui se sert de la jeune photographie pour faire sa propre promotion, créer son propre réseau et son fond de commerce. Rappelez-vous que les grandes entreprises, les marques qui organisent les plus grands prix les investissent avant tout de leurs propres compétences et génèrent des collaborations efficaces et pertinentes avec les milieux artistiques et les institutions culturelles à Paris comme en région.

Je vous assure également que nombreux sont ceux qui sont bienveillants. Ils sont durs, certes, car tous profondément épris de photographie. Prendre soin des photographes, être exigeant, c’est être exigeant pour la photographie et pour la profession !

Vous avez une identité propre ; chaque prix, chaque bourse en a une également. C’est à partir de cela que vous devez travailler. Il y a de la place pour tout le monde si vous êtes impliqué, il n’y a aucune raison pour que vous n’aboutissiez pas.

Demandez-vous d’abord comment cette candidature se situe dans votre carrière :

  • où en êtes-vous ?
  • à quoi cela va réellement vous servir ?

Il est toujours un peu compliqué de savoir où se diriger. Nous allons voir comment la matière produite par chacun de ces prix, bourses et résidences va vous aider à faire votre chemin…

Cet article est extrait de Artiste photographe, publié par Fabiène Gay Jacob Vial aux éditions Eyrolles. Pour en savoir plus concernant cet ouvrage, rendez-vous sur le blog Simples instants.

Le magazine Eyrolles
des techniques photo

Animé par Volker Gilbert et publié par les éditions Eyrolles, QuestionsPhoto vous propose des articles de fond sur les techniques photo, mais aussi des actus, des critiques de livres... et des réponses à toutes vos questions !