Questions Photo

L’objectif standard revisité (première partie)

La focale standard donne la même priorité aux différents éléments d'une scène, ne privilégiant pas l'un au détriment d'un autre. Cela ne facilite guère la prise de vue car on ne peut plus se fier aux seules caractéristiques de l'objectif pour créer une composition saisissante.

À l’aise dans la proxiphotographie

Grâce à leur formule quasi symétrique, les objectifs standards de type Gauss sont relativement insensibles au changement de la distance de mise au point, permettant d’obtenir des résultats de bonne qualité aux distances les plus proches. Qui plus est, il est même possible de les doter de bonnettes et/ou de bagues-allonge pour s’approcher davantage du sujet. Sous condition de fermer le diaphragme aux valeurs moyennes et de ne pas dépasser le rapport x 1. Pour aller plus loin (et pour obtenir un piqué supérieur), vous pouvez utiliser un des objectifs macro à focale standard. Disposant d’une monture hélicoïdale plus longue et/ou d’un dispositif de mise au point interne, les objectifs en question permettent d’obtenir un tirage de plusieurs centimètres et donc des grossissements plus importants, sans avoir recours aux accessoires cités plus haut. Les objectifs plus anciens autorisent alors à réaliser le grossissement x 0,5, les objectifs plus modernes à atteindre le grossissement x 1. Un objectif macro, excellent à courte distance, conserve sa qualité optique à l’infini. C’est pourquoi certains photographes préfèrent utiliser un objectif macro en guise d’objectif standard, d’autant que le sacrifice en matière de luminosité n’est pas très importante : si un objectif macro ne propose qu’une ouverture entre f/2 et f/4, ses performances optiques sont souvent déjà convenables à pleine ouverture, contrairement à certains objectifs plus lumineux dont le piqué n’est satisfaisant qu’en vissant le diaphragme de quelques crans.

Même sans accessoire spécifique, la plupart des objectifs standard autorisent des grossissements suffisamment importants pour de nombreux sujets (ici un autocollant sur la vitrine d’un restaurant), avec la même qualité qu’à l’infini.

Photographier l’automne

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Explorez les détails

Si les photos de détails ne font pas partie, à proprement parler, du domaine de la photo de paysage, il serait dommage de laisser votre objectif macro, bague allonge ou bonnette macro au fond d’un tiroir. Même en automne, il y a de nombreux sujets qui n’attendent qu’à être saisis, profitez-en !

Araignée, Colmar, Alsace. Canon EOS 5D Mark III, EF 100 mm f/2,8 L IS USM Macro, f/5,6 et 1/125 s à 6400 ISO.

Feuilles, Lac Noir, Alsace. Canon 5D Mark II, Canon EF 100-400 mm f/4,5-5,6 L IS USM, f/13 et 4 s à 100 ISO.

Toile d’araignée et gouttes d’eau, Colmar, Alsace.Canon EOS 600D, Rodenstock Rodagon 50 mm f/2,8 + soufflet macro, f/8 et 1/10s à 800 ISO.

Piccure + : la suite dans les idées

Piccure + est très efficace pour donner du "peps"  à une image sans pour autant en altérer les tonalités et les couleurs.

En guise de conclusion

Piccure + est un logiciel très spécialisé dont les compétences ne sont pas très nombreuses. Mais est-il vraiment aussi efficace qu’il prétend ? Sur son site Web, Intelligent Imaging Solutions compare une image prise avec un objectif haut de gamme (Zeiss Otus 55 mm f/1, 4) avec une autre prise avec un objectif standard « économique » (Canon EF 50 mm f/1, 8II ou Canon EF 50 mm f/1, 4 USM). Tel qu’il est présenté, le résultat du match ne peut être interprété que d’une seule manière : l’image provenant de l’objectif de qualité inférieure et traitée avec Piccure + égale l’image issue de l’objectif de référence, mais non accentuée pour ce qui est de la restitution des détails. Il s’agit donc dans les faits d’une comparaison particulièrement boiteuse, étant donné qu’il faut appliquer aux images le même traitement pour les mettre sur un pied d’égalité. Afin de mieux cerner leurs qualités, j’ai confronté les algorithmes de Piccure + à mes routines d’accentuation habituelles dans Photoshop. Et là, je parviens à des résultats très proches,  bien que Piccure+ conserve encore une petite avance sur mes traitements manuels (plusieurs étapes d’accentuation avec différentes valeurs USM, suivies d’un masquage des aplats pour ne pas y accentuer le bruit). Voici les résultats, l’image optimisée avec Piccure+ se trouve à gauche et celle corrigée en utilisant  mes propres routines d’accentuation à droite :

Piccure +(à gauche)  produit une image légèrement plus piquée, mais l’écart ne plus aussi important (cliquez pour agrandir).

Piccure + n’est pas particulièrement à l’aise avec des images prises aux sensibilités ISO élévées (>1000 ISO) et le logiciel montre également ses limites avec des images issues de téléphones portables. Il s’agit donc en premier lieu d’une solution  d’accentuation pour des images qui méritent qu’on leur consacre un peu de son temps. A l’image de  l’algorithme PRIME de DxO Optics Pro… .
Pour vous faire votre propre idée des performances de Piccure+ et pour évaluer l’utilité du logiciel pour votre flux de production,  n’hésitez  pas à télécharger une version d’essai valable pendant 15 jours en suivant un des liens suivants : Windows, Mac. Quant au manuel du logiciel (an anglais), il est disponible ici.

Piccure + 1.0 – configuration requise

  • Windows : processeur Core2Duo, AMD Athlon 64 x 2 ou supérieur, 4 Go de RAM (fonctionnalité Lens+), Windows XP, Windows Vista, Windows 7 64 bits, Windows 8 64 bits ou Windows 8.1 64 bits, une version 64 bits étant  fortement recommandée.
  • Mac OS X : processeur Core2Duo, 4 Go de RAM, Mac OS X 10.6, 10.7, 10.8, 10.9 ou 10.10, une version 64 bits étant fortement recommandée.

DxO Optics Pro : il passe la dixième !

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La société française DxO Labs vient d’annoncer la sortie de la dixième version de DxO Optics Pro, logiciel de développement RAW très réputé pour sa qualité d’image. La nouvelle mouture introduit la fonction DxO ClearView, destinée à supprimer le voile atmosphérique, améliore la technologie de réduction du bruit PRIME, peaufine l’interface utilisateur et inaugure une nouvelle segmentation de la gamme DxO Optics Pro, déclinée en deux versions Essential et Elite.

L’interface utilisateur du logiciel s’offre encore une fois un lifting en profondeur qui lui donne un look plus sobre avec des icônes plus élégantes, notamment celles de l’explorateur de fichiers dont la mission est d’informer sur la conformité des images avec les corrections optiques. Les outils Balance des blancs et Correction des poussières sont désormais appliqués en mode plein écran, pour davantage de précision et un meilleur confort d’utilisation. À noter aussi l’intégration des outils du plug-in ViewPoint 1 ou 2, pour peu que celui-ci soit installé et activé. Une palette qui lui est dédiée permet alors d’intervenir directement sur les perspectives et la déformation de volume de fichiers RAW et JPEG, avec les mêmes commandes que celles de la version indépendante de ViewPoint. Si l’éditeur du logiciel annonce une vitesse accrue pour le démarrage (x 1,5) et le chargement des images d’un dossier (x 10), l’amélioration constatée n’était pas aussi importante sur mes machines de test, un PC et un MacPro. Mais elle existe bel et bien !

Désormais, le réglage de la balance des blancs et la retouche des poussières peut se faire en mode plein écran.

La prise en charge des fichiers DNG est une des nouveautés les plus importantes de DxO Optics Pro 10. La version précédente était à même de produire des fichiers DNG en sortie, ce qui est très pratique pour poursuivre leur traitement dans Camera Raw ou Lightroom tout en conservant les corrections optiques et de perspective appliquées dans DxO Optics Pro. La nouvelle version est à même de corriger directement des fichiers DNG, pour peu que les fichiers RAW dont ils sont issus soient également pris en charge par le logiciel. Autre condition sine qua non : une conversion préalable des RAW au format DNG en passant par Camera Raw, DNG Converter ou Lightroom, ce qui exclut des fichiers DNG « exotiques » produits par certains logiciels plus spécialisés (PhotoAcute, LumaRiver HDR, etc.).

Le traitement des fichiers DNG se déroule de la même façon que celui des fichiers RAW. En revanche, l’ouverture d’un dossier de fichiers DNG et la génération des aperçus demandent davantage de temps.

DxO ClearView s’attaque de manière très efficace au phénomène de voile atmosphérique qui affecte certaines photos prises à l’extérieur. En fonction de la distance qui le sépare du photographe, le sujet photographié semble recouvert d’un voile blanc. Pour retirer ce dernier, un algorithme puissant analyse les composantes de couleur de chaque pixel pour distinguer dans un premier temps les zones d’arrière-plan et de premier plan de l’image et, dans un deuxième temps, pour améliorer automatiquement le contraste et la saturation de l’image. Grâce à une « carte de profondeur » de la scène, DxO Clear View opère une correction locale du contraste et des couleurs sans pour autant demander une sélection préalable des zones à corriger. La fonction préserve les hautes lumières et les tons foncés. S’il existe déjà plusieurs logiciels et plug-ins permettant de supprimer le voile atmosphérique, DxO Optics Pro est la première application qui agit de manière complètement automatique : une fois activée la palette DxO ClearView, un unique curseur Intensité (valeur par défaut 50) permet de doser l’effet entre 0 (minimum)  et 100 (maximum).

DxO ClearView à l’œuvre : le réglage par défaut, obtenu en activant la palette DxO ClearView, est d’une efficacité bluffante. Gardez à l’esprit que cette correction automatique très sophistiquée  ne nécessite aucune autre intervention de votre part !

La technologie PRIME (Probabilistic Raw IMage Enhancement), apparue en même temps que DxO Optics Pro 9, conserve désormais mieux les détails les plus fins, grâce à une amélioration de l’algorithme de la réduction du bruit. Rappelons que celui-ci analyse pour chaque pixel débruité un millier de pixels environnants pour ainsi séparer le signal utile et le bruit : alors que ce dernier possède une structure plus ou moins aléatoire, le signal utile présente des similarités en termes de couleurs, tonalité et structure. Si la technologie PRIME produit d’excellents résultats, elle est aussi particulièrement gourmande en ressources. Son utilisation ne s’impose donc avant tout pour le développement d’images particulièrement bruitées et/ou prises à des sensibilités ISO très élevées et/ou méritant un traitement de grande qualité. La dernière version du logiciel rend l’utilisation de PRIME beaucoup plus efficace : pour développer un fichier RAW issu d’un Canon EOS 5D Mark III, DxO Optics Pro 10 est trois fois plus rapide que DxO Optics Pro 9 (52 au lieu de 164 secondes) alors que l’utilisation de l’algorithme Haute Qualité donne également un léger avantage à la nouvelle version du logiciel (7 au lieu de 9 secondes), preuve d’une optimisation du logiciel qui n’est pas cantonnée au seul algorithme de réduction du bruit haut de gamme (test effectué sur un ordinateur PC équipé d’un processeur i7-3770 de 3,4 Ghz et 16 Go de RAM, sous Windows 7 Pro 64 bits). Pour mieux apprécier la correction du bruit, la palette Réduction du bruit offre désormais un aperçu deux plus grand.

L’aperçu de la palette Réduction du bruit est presque deux fois plus large, favorisant ainsi une bonne appréciation de l’effet de « débruitage », notamment en mode PRIME.

L’éditeur s’est également penché sur d’autres fonctions du logiciel. Ainsi, l’algorithme DxO Smart Lighting bénéficie d’un meilleur rendu en mode automatique, avec une restitution plus fine des hautes lumières et tons foncés. Si la récupération des ombres tire pleinement parti du savoir-faire de DxO Labs en matière de traitement du bruit, la récupération des hautes lumières n’arrive pas encore à la cheville des logiciels concurrents Camera Raw/Lightroom, Capture One et Photo Ninja. Les curseurs de la palette Tonalité sélective, très utiles pour intervenir sur la luminosité des pixels dans quatre plages de tonalités (Hautes lumières, Tons moyens, Ombres et Noirs), sont désormais plus discriminants, favorisant des rendus beaucoup plus naturels. Quant à l’outil Netteté de l’optique, il hérite un réglage par défaut avec un taux d’accentuation plus prononcé, grâce à des algorithmes plus fins qui génèrent moins d’artéfacts et qui permettent d’aller plus loin en termes d’accentuation.

L’outil Netteté de l’optique est encore plus efficace lorsqu’il s’agit de compenser des différences de netteté entre le centre et les bords d’une image.

DxO Optics Pro 10 inaugure deux nouvelles versions qui ne se distinguent plus par les appareils pris en charge (une bipartition pas toujours très heureuse…), mais par leur richesse fonctionnelle. Alors que la version Elite inclut l’ensemble des fonctionnalités du logiciel, la version Essential a été allégée de certaines fonctions plus sophistiquées, mais pas toujours essentielles. Ainsi, DxO Optics Pro 10 Essential fait l’impasse sur PRIME, DxO ClearView, l’outil Anti-moiré, la gestion de profils ICC personnalisés et les profils de rendus couleur. Manquent également à l’appel l’édition d’autoréglages, la création d’autoréglages partiels et de palettes personnalisés et les files de sortie multiples. Si vous pouvez activer et utiliser Elite sur trois ordinateurs, Essential ne supporte que l’activation simultanée sur deux machines. En revanche, les deux éditions de DxO Optics Pro 10 sont disponibles à des tarifs plus intéressants : 129 euros TTC pour la version DxO Optics Pro 10 Essential (au lieu de 149 euros TTC pour DxO Optics Pro 9 Standard) et 199 euros TTC pour la version DxO Optics Pro 10 Elite (au lieu de 299 euros TTC pour DxO Optics Pro 9 Elite). À noter aussi que la mise à jour vers DxO Optics Pro 10 est gratuite pour tous ceux ayant acheté une licence pour la version précédente après le 1er septembre 2014. Quant à la mise à jour vers DxO Optics Pro 10 Elite, elle est récompensée par une licence gratuite de DxO ViewPoint 1.0. Par ailleurs, l’éditeur propose jusqu’au 25 novembre 2014 une baisse de prix sur deux suites comprenant DxO Optics Pro 10, DxO FilmPack 5 et DxO ViewPoint 2 : DxO Photo Suite Essential, comprenant les versions de base, est commercialisée à 189 au lieu de 287 euros TTC et DxO Photo Suite Elite à 289 au lieu de 407 euros TTC.

Vous pouvez également télécharger une version d’essai de DxO Optics Pro 10, utilisable pendant 30 jours, sur le site de DxO Labs.

DxO Optics Pro 10 – configuration requise

  • Windows : processeur Core2Duo, AMD Athlon 64 x 2 ou supérieur, 4 Go de RAM (8 Go recommandés), 2 Go d’espace disponible (6 Go recommandés), Windows 7 64 bits, Windows 8 64 bits ou Windows 8.1 64 bits ; carte graphique compatible DirectX 9.0c avec 512 Mo de mémoire vidéo pour la prise en charge de l’accélération GPU, carte graphique Nvidia GeForce 460 ou supérieure, ATI Radeon HD 58xx ou supérieure pour la prise en charge de l’accéleration OpenCL, Microsoft .NET Framework version 4.5 (installé si pas encore présent sur le disque dur).
  • Mac OS X : Intel Core i5 ou supérieur, 4 Go de RAM (6 Go recommandés), 2 Go d’espace disponible (6 Go recommandés), Mac OS X 10.8, 10.9 ou 10.10, carte graphique avec 512 Mo de mémoire vidéo pour la prise en charge de l’accélération GPU.

Notez que seuls les systèmes d’exploitation 64 bits sont pris en charge et que le traitement de fichiers RAW de plus de 24 mégapixels demande 8 Go de RAM et, idéalement, un processeur quadri-coeur pour rester fluide.

Prix, bourse, résidence photo : comment se préparer ? (2/2)

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Dans le cadre d’un prix, d’une bourse ou d’une résidence, le jury, comme les organisateurs, sont préparés à regarder vos images, le contexte est dédié et donc favorable à l’écoute et à la prise en considération de vos éléments ; c’est un espace particulièrement approprié pour montrer vos travaux. Il ne faut jamais avoir honte ou peur d’avoir envie de montrer mais il faut toujours avoir une très forte envie de faire de la photographie. Il ne faut pas avoir envie de montrer pour soi, pour se montrer, s’exposer : il faut avoir un discours et il faut que ce discours ait du sens, qu’il soit lui-même louable et montrable. Et là et seulement là, vous aurez la légitimité d’être et serez un photographe parmi les photographes.

Je n’ai de cesse de dire que le nombre de personnes qui souhaitent devenir photographe est croissant, vous savez certainement que le nombre d’amateurs croit également et que les prouesses des appareils, la prégnance des réseaux sociaux généralistes ou bien dédiés à la mise en ligne de photographies constituent une manne pour qui veut faire circuler ses images. Tant que l’image qui est ainsi véhiculée et rendue publique est une bonne image, tout est pour le mieux. Je ne suis pas pour l’à peu près, le vite fait, le vite consommé, car la photographie, au contraire, demande du temps, demande du sens. Je souhaite vous mettre ici en garde contre la voracité et/ou l’amateurisme de certains professionnels. Comme lors du choix de votre établissement de formation, comme lors de la sélection des masterclass ou workshops, cherchez à savoir qui organise ces prix et ces bourses ou encore ces résidences que vous avez identifiés. Quelle est leur portée et où apparaissent les organisateurs ? Ont-ils un réel lien avec la profession, les galeries, les festivals, connaissent-ils réellement les jurys ? Une astuce : lorsqu’un prix ou une bourse promet une exposition ici ou là ou bien revendique une collaboration avec un éditeur, une institution culturelle, prenez contact avec eux, questionnez-les. Assurez-vous d’être face à quelqu’un de sérieux et non face à quelqu’un qui va se servir de vous, qui se sert de la jeune photographie pour faire sa propre promotion, créer son propre réseau et son fond de commerce. Rappelez-vous que les grandes entreprises, les marques qui organisent les plus grands prix les investissent avant tout de leurs propres compétences et génèrent des collaborations efficaces et pertinentes avec les milieux artistiques et les institutions culturelles à Paris comme en région.

Je vous assure également que nombreux sont ceux qui sont bienveillants. Ils sont durs, certes, car tous profondément épris de photographie. Prendre soin des photographes, être exigeant, c’est être exigeant pour la photographie et pour la profession !

Vous avez une identité propre ; chaque prix, chaque bourse en a une également. C’est à partir de cela que vous devez travailler. Il y a de la place pour tout le monde si vous êtes impliqué, il n’y a aucune raison pour que vous n’aboutissiez pas.

Demandez-vous d’abord comment cette candidature se situe dans votre carrière :

  • où en êtes-vous ?
  • à quoi cela va réellement vous servir ?

Il est toujours un peu compliqué de savoir où se diriger. Nous allons voir comment la matière produite par chacun de ces prix, bourses et résidences va vous aider à faire votre chemin…

Cet article est extrait de Artiste photographe, publié par Fabiène Gay Jacob Vial aux éditions Eyrolles. Pour en savoir plus concernant cet ouvrage, rendez-vous sur le blog Simples instants.

Prix, bourse, résidence photo : une étape formatrice (1/2)

couverture Artiste photographe Fabiène Gay Jacob Vial

Participer à des prix ou bourses, présenter ainsi son travail à divers jurys, est une activité à laquelle se soumettre tout au long de sa carrière, et que vous poursuivrez dans une optique différente au fur et à mesure du temps. Rassurez-vous, cela concerne tous les photographes de toutes les générations. Au début d’une carrière, le but est d’être repéré ; quelques années plus tard, de rester visible et présent sur le marché, puis enfin, le temps passant, de couronner sa carrière, valoriser son parcours et sa photographie. « Un prix, une bourse, c’est utile voire nécessaire. Cela permet d’être, d’exister. Plus on montre, plus on a de chances d’être vu. Il n’y a pas de chemin tracé, pas de règle mais une logique » affirme Marion Hislen, présidente et fondatrice de l’association Fetart.

Faut-il candidater à tout prix, à tous les prix ?

Les avis sont partagés, il se dit que les choses produisent toujours quelque chose, et que pourquoi pas le faire… Cependant, il est impératif de considérer chacune de vos candidatures comme étant unique. On ne duplique pas un dossier. On le fait évoluer, on l’organise en fonction de la nature du prix, de la bourse ou de la résidence. On considère soi et celui que l’on sollicite.

Au-delà de la participation

La visibilité donnée par un prix, une bourse ou une résidence est une validation de la profession. Potentiellement, ils sont un élément déclencheur de votre cote, car leurs connexions avec les foires et les salons – des lieux où l’on achète de la photographie ! – peuvent vous permettre de vendre vos premières images. Tel a été le cas avec SFR Jeunes talents qui présente ses lauréats lors de Paris Photo. Or, seule cette validation permet une valorisation. La distinction n’est toutefois pas une fin en soi. Il faut faire son chemin, bâtir de toutes pièces son propre réseau, le suivre et l’animer. La très grande majorité des experts constate que les jeunes photographes ne sont pas toujours très lucides par rapport à cela. Ils ne pensent pas, par exemple, à inviter à leurs futures expositions les jurys ou directeurs de prix qui les ont distingués, ils ne pensent pas à les tenir au courant de ce qu’ils font. Ils oublient de même les intervenants qu’ils ont croisés alors qu’ils étaient en formation. Les seuls auxquels ils pensent sont ceux avec qui ils ont eu la plus grande affinité, ce qui se conçoit bien mais je répète que nous sommes dans une logique professionnelle et je ne pense pas que l’on puisse se contenter de travailler avec celles et ceux qui nous sont le plus agréable ! J’ai souvent entendu dire que les jeunes photographes, sont individualistes et arrogants, que trop nombreux d’entre eux ne font pas le b.a.-ba. Quel dommage !

« Ce qui importe, c’est le travail. La qualité d’un dossier aussi bien en termes de contenu que sur le fond. Si l’un ou l’autre est bâclé cela se sentira et le photographe ne sera pas prix au sérieux. Si un dossier ne passe pas au niveau d’un prix ou d’une bourse, il serait étonnant qu’il passe auprès d’une galerie ou d’une agence » indique Philippe Gassmann, directeur général de Picto. Au-delà de la participation, il y a donc du travail, du travail et encore du travail, et ce travail n’est pas un travail de photographe mais un travail de représentant. Êtes-vous prêt à faire du porte à porte, de la communication, de la promotion ?

Cet article est extrait de Artiste photographe, publié par Fabiène Gay Jacob Vial, aux éditions Eyrolles. Pour en savoir plus concernant cet ouvrage, rendez-vous sur le blog Simples instants.

Au sommaire

Se former à la photographie. L’école : point de départ d’un projet • Comment choisir ? • Quels établissements pour devenir photographe ? Workshop et master class. Préparer ! • Sur quels critères choisir ? • À la découverte de six pratiques : la question des apprentissages Prix, bourses, résidences et aides publiques. Soumettre : une étape formatrice • Prix, bourse, résidence : quelle différence ? • Participer : l’intérêt des lectures de portfolios, la construction du dossier artistique, l’importance de l’éditing • Lauréat, et après ? • Points de repère : une sélection de prix • Dispositifs d’aides publiques Diffuser sa photographie. Votre visibilité et vos choix de professionnel • L’aspect financier • Parcours de jeune photographe • Comment vous diffuser ? • Le Web et les médias sociaux • Les galeries et les centres d’art • Les collectionneurs • Les éditeurs • Les festivals • La presse •Sponsors, mécènes, partenaires Parler de sa photographie. L’écriture • Assurer et mettre en mots son propos de photographe • Texte et portfolio : présenter sa photographie Annexe.

Fabiène Gay Jacob Vial accompagne les photographes dans le développement de leur carrière aussi bien sur le plan artistique que sur le plan d’une activité économique, et propose des formations dédiées sur www.blog-lescyclopes.com. Elle est l’auteur de Créer et gérer une activité de photographe et de Animer des ateliers de photographie.

Lightroom : sortie du plug-in d’importation de catalogues Aperture et iPhoto

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Depuis l’abandon officiel du logiciel Aperture par son éditeur Apple, un véritable vent de panique souffle parmi les utilisateurs de ce logiciel. Bien que le célèbre gestionnaire d’images et développeur RAW ait bénéficié hier d’une ultime mise à jour pour le rendre opérationnel sous OS X Yosemite, l’avenir d’Aperture est en jeu et mieux vaut s’occuper dès aujourd’hui des lendemains de sa collection d’images.

L’importation des données à partir d’une photothèque Aperture ou iPhoto se faiten tout confort, depuis le menu Fichier>Module externe-Extras

La plupart des dossiers virtuels d’Aperture sont convertis en collections.

Heureusement, les alternatives ne manquent pas : Capture One Pro 8 incorpore d’emblée un assistant de migration et Adobe propose depuis aujourd’hui la prise en charge de la photothèque Aperture dans la version 5.6 de Lightroom, via un module d’importation qui se charge également du transfert des données de la photothèque d’iPhoto. Alors que les métadonnées de développement ne sont pas traduites (rappelons que le moteur de développement d’Aperture diffère de celui de Camera Raw et Lightroom), le module d’importation se charge de perpétuer les métadonnées suivantes : drapeaux, rejets, notes, libellés de couleur, mots-clés, visages, métadonnées GPS et métadonnées IPTC. Alors que la plupart des métadonnées sont transférées telles quelles, d’autres sont inscrites sous forme de mots-clés (libellés de couleur et visages).

Les libellés de couleur, piles et tags de reconnaissance de visages sont transcrits en mots-clés, faute d’équivalent au sein du catalogue Lightroom.

L’utilitaire de migration vous rappelle d’effectuer une sauvegarde du catalogue avant la migration des données à partir d’Aperture. Vous pouvez choisir la photothèque Aperture et l’emplacement des originaux transférés.

En ce qui concerne l’organisation de la photothèque en projets, dossiers et albums, elle est également transcrite, les différents dossiers virtuels étant transposés en jeux de collections et collections, avec l’exception des projets d’impression iPhoto. Quant à l’appartenance à une pile de photos, elle est enregistrée sous forme de mots-clés et les versions sont converties en copies virtuelles. En revanche, l’utilitaire de migration ne tient pas compte des albums intelligents et certains champs de métadonnées spécifiques à Aperture. Qui plus est, Lightroom n’accepte que les fichiers PSD pour lesquels vous avez spécifié au préalable une compatibilité maximale.

  • Si vos images sont hébergés par Aperture (elles sont « prisonnières » de la photothèque), l’utilitaire de migration procède à leur copie, puis enregistre les duplicatas dans un emplacement préalablement spécifié.
  • Si vos images sont gérées par Aperture (Aperture les a répertorié sans les déplacer physiquement), elles sont conservées à leur emplacement initial, avec la possibilité de les copier vers un nouvel emplacement préalablement spécifié.

Installation et utilisation

  • Pour installer le plug-in, téléchargez-le, puis enregistrez-le sur votre disque dur.
  •  Double-cliquez pour décompresser le fichier, puis copiez-le à l’intérieur du dossier Bibliothèque>Application Support > Adobe > Lightroom>Modules de votre dossier Utilisateur [si le sous-dossier Modules n’existe pas encore, procédez à sa création].
  •  Lancez Lightroom, puis créez un nouveau catalogue ou effectuez une copie de sauvegarde de votre catalogue existant.
  • Sélectionner la commande Fichier>Module externe-Extras>Import from Aperture Library. Lightroom vous permet ensuite de choisir la photothèque Aperture ainsi que l’emplacement des images maitres. En cliquant sur Options, vous pouvez définir un certain nombre de paramètres relatifs à l’importation  des aperçus d’Aperture [très pratiques pour juger visuellement des paramètres de développement appliqués, d’autant plus que ces aperçus sont empilés avec les originaux] , la gestion des mots-clés et la copie des fichiers maitres.
  • Cliquez sur Import, puis patientez quelques heures. Sur ma machine principale, un MacPro 2010 doté de 16 Go de RAM et de disques durs traditionnels, la migration a nécessité pas moins de 2 heures et demie pour 9846 fichiers RAW — de quoi attendre plusieurs jours avant d’avoir digéré une photothèque composée de quelques centaines de milliers de fichiers bruts…

En tant qu’utilisateur d’Aperture, faut-il vraiment lui tourner son dos aussi vite ? Si la décision vous appartient, gardez à l’esprit qu’Aperture demeurera parfaitement opérationnel jusqu’à l’arrivée de son successeur Photos (et bien au-delà tant que vous n’effectuez pas de mise à jour du système d’exploitation…), dont on ignore encore le potentiel. Peut-être vaudrait-il mieux attendre la sortie de la future application photo de Cupertino (ainsi que celle de Lightroom 6) pour décider en toute connaissance de cause : en fait, le futur logiciel d’Apple sera le seul à conserver une bonne partie ou alors l’ensemble des paramètres de développement — un gain de temps considérable !

MacPhun Tonality Pro : métamorphoses monochromatiques

La transformation noir et blanc n'est pas aussi simple qu'on ne le croit. La subtilité des commandes de Tonality Pro vous aidera à  produire des images de toute beauté.

Clarté/structure

Le curseur Clarté du sous-menu homonyme applique des halos d’accentuation aux tons moyens de l’image pour ainsi augmenter leur contraste local, tout en protégeant les tons foncés et les hautes lumières. En poussant le curseur Protection vers la droite, vous éviterez la génération de halos le long des contours de haut contraste. Les curseurs Quantité et Protection du sous-menu Structure agissent de la même façon, sauf qu’ils agissent sur une échelle plus petite, mieux adaptée pour révéler des textures plus fines. Quant au curseur du sous-menu Micro-structure, son modus operandi s’apparente à celui d’une commande d’accentuation. Pour ma part, je préfère ne pas m’en servir et de passer plutôt à Photoshop pour accentuer les images en fonction de leur contenu et leur destination.

 

Courbe des tons

Les utilisateurs de Photoshop et Lightroom apprécieront sans doute cet outil qui permet d’appliquer des corrections tonales très précises. Elle autorise jusqu’à huit points d’ancrage supplémentaires et il suffit de cliquer sur la courbe, puis de la faire glisser pour en modifier son tracé. Les trois curseurs situés au bas du panneau aident à définir les points noir et blanc (curseurs aux extrémités) et à éclaircir ou assombrir les tons moyens (curseur médian). L’outil Courbe des tons  révèle toute sa puissance lorsqu’il s’agit de modifier certaines parties de l’image, grâce aux calques et masques de correction locale.

 

Séparation des tons

Les outils du menu Séparation des tons appliquent un virage partiel aux hautes lumières et/ou aux tons foncés. Les curseurs Tente permettent alors de déterminer une couleur et les curseurs Saturation contrôlent la saturation pour chacune des plages de tons (Hautes valeurs et Ombres). Si le curseur Protection empêche une contamination des tons foncés et tons moyens lorsqu’il est déplacé à droite, le curseur Balance permet de donner davantage d’importance à un virage au détriment d’un autre. Quant au curseur Quantité, il pondère les réglages appliqués dans le menu Séparation des tons. Pour finir, le menu offre huit paramètres prédéfinis, appliqués en cliquant sur les pavés couleur dans sa partie supérieure.

Macphun Intensify Pro : le révélateur de détails

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Flux de travail

Bien que le logiciel soit capable de travailler directement à partir de fichiers bruts provenant d’un grand nombre d’appareils, il manque plusieurs outils pourtant indispensables à la production d’images de qualité (réduction du bruit, correction des défauts optiques, nettoyage des poussières, etc.). Mieux vaut donc alimenter Intensify Pro d’images ayant préalablement transité par Aperture, Camera Raw et Lightroom.

1. Une fois l’image ouverte dans l’interface du plug-in, commencez par sélectionner un paramètre prédéfini (panneau Pré-réglages) ou un ensemble de réglages (panneau Régler) pour corriger l’image de manière globale. Jouez éventuellement sur l’opacité de l’effet pour atténuer un rendu caricatural.

2. Identifiez ensuite les réglages pouvant profiter à certaines parties de l’image : pour cela, choisissez un autre paramètre prédéfini ou modifiez les curseurs du panneau Régler avant de procéder à la création d’un nouvel ensemble calque/masque de fusion ; appliquez ensuite les réglages à l’aide du pinceau ou du filtre gradué, puis affinez la sélection à l’aide de la gomme.

3. Répétez l’étape 2 en créant des calques et masques supplémentaires jusqu’à ce que le rendu de l’image vous convient. Enfin, cliquez sur Appliquer pour récupérer votre image dans la fenêtre de l’application hôte (Attention, un clic sur Annuler ferme la fenêtre d’Intensify Pro tout en supprimant l’ensemble des réglages appliqués, et cela, sans vous prévenir — utilisez donc la commande Annuler uniquement si vous souhaitez abandonner le travail effectué au sein du plug-in…).

Transfert d’un fichier Bitmap vers Intensify Pro depuis Photoshop CC (à gauche), Lightroom (au milieu) et Aperture (à droite). Si l’application indépendante est à même d’ouvrir certains fichiers RAW, il est plus avantageux d’effectuer le développement dans un logiciel de développement à proprement parler.

En guise de conclusion

Rapide et très efficace, Intensify Pro est un des meilleurs outils du marché lorsqu’il s’agit de donner du pep à vos images. Si d’autres plug-ins ne profitent parfois qu’à une poignée d’images, les réglages d’Intensify Pro bénéficient au plus grand nombre. Mais comme toujours, il faut choisir les préréglages et manier les curseurs avec modération et discernement pour ne pas verser dans la peinture numérique ou l’imagerie HDR mal exécutée. Si les commandes du logiciel ne sont pas aussi ingénieuses que les points de contrôle U-Point des célèbres plug-ins Nik, leur prise en main reste néanmoins très intuitive, grâce à un modus operandi qui s’inspire directement de celui des deux ténors Lightroom (pinceau, filtre gradué) et Photoshop (gomme, calques et masques de fusion). Le logiciel  apporte aux utilisateurs d’Aperture et Lightroom des fonctionnalités inédites qui ne font pas partie du logiciel hôte et  les utilisateurs de Photoshop apprécieront sans doute la pertinence des paramètres prédéfinis et la facilité avec laquelle il est possible d’intervenir sur la tonalité, la texture et les détails d’une image. Pour obtenir les meilleurs résultats, il est conseillé d’utiliser le logiciel en version plug-in, car il est alors possible de réduire le bruit et de retoucher les poussières, mises en évidence suite à une modification du contraste (global, local ou microcontraste).

Les développeurs de Macphun ont encore du pain sur la planche puisque le logiciel manque encore  à l’heure actuelle un traitement par lots et une prise en charge des filtres dynamiques de Photoshop. De même, les réglages appliqués ne peuvent être conservés qu’en enregistrant l’image finalisée dans un format propriétaire, tandis que les calques d’un fichier TIFF ou PSD sont systématiquement aplatis lors du transfert vers l’application hôte. À regretter aussi l’apparence « lugubre » de l’interface utilisateur qui cède au look Lightroom ( j’aurais préféré des teintes plus claires …),  l’absence d’un masquage automatique pour le pinceau et celle d’outils plus sophistiqués pour la retouche des couleurs (outil TSL et/ou mélangeur de couches). Enfin, certains curseurs possèdent un niveau de granularité qui rend le dosage de certains effets assez difficile.

Mais il s’agit là de (petits) défauts qui ne nuisent nullement à l’usage du logiciel. Celui-ci est particulièrement stable et fluide et fournit des réglages et des résultats de qualité. Que demander de plus, après tout ? Reste à lui accorder une petite place dans son flux de travail photo. En ce qui me concerne, je l’ai déjà adopté et je me sers régulièrement d’Intensify Pro pour embellir mes meilleures images.

Configuration requise

  • Mac OS 10.7 et plus récent
  • Processeur Intel Core 2 Duo, Core i3, Core i5, Core i7 ou  Xeon
  • 4 Go de mémoire vive ou davantage
  • Plug-in compatible avec Adobe Photoshop CS5, CS6,  CC et CC 2014 ; Adobe Photoshop Lightroom 4 ou 5 ; Apple Aperture 3.2 ou plus récent, Photoshop Elements 10 à 12 (sauf la version App Store)

Formats d’image pris en charge

  • RAW (.NEF et .CR2)
  • PSD
  • TIFF  RGB (8 et 16 bits/couche)
  • PNG
  • JPEG
  • MPI (format propriétaire pour enregistrer les réglages)

Prix et disponibilité

Intensify  : 17, 99 EurosTTC

Intensify Pro : 54, 44 Euros TTC

 

 

Capture One Pro 8 : une progression toute en harmonie

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L’éditeur de logiciels et fabricants de dos numériques Phase One vient de présenter la huitième mouture de son logiciel de développement RAW Capture One Pro. Si celle-ci ne réinvente pas la roue, elle apporte tout de même de nouvelles fonctions intéressantes.

La mise à jour du moteur de développement RAW est sans doute la nouveauté la plus marquante. Entre l’ancien processus Capture One 7 et le nouveau, dument baptisé Capture One 8, il y a un petit fossé puisque ce dernier apporte une nouvelle gestion des tonalités (tone mapping) beaucoup plus convaincante et une réduction du bruit nettement plus performante.Alors que les curseurs Hautes lumières et Ombres de l’outil High Dynamic Range provoquaient par le passé une perte de contraste plus ou moins importante dans les plages de tonalités voisines, ils se comportent désormais de manière exemplaire, permettant de récupérer des hautes lumières écrêtées et des ombres bouchées sans trop altérer la restitution des tonalités « moyennes ». Qui plus est, le curseur Hautes lumières est d’une puissance remarquable, proche de celle de son alter ego dans Camera Raw et Lightroom, sans pourtant générer autant d’artéfacts que dans ces logiciels concurrents. La réduction du bruit de luminance bénéficie également de bien meilleures performances et procure aux images un rendu très fin et ce, même aux sensibilités ISO les plus élevées. Notez que la conversion des paramètres de développement des images préalablement traitées dans Capture One n’est pas automatique : alors que les images fraichement importées profitent d’emblée des nouveaux algorithmes de traitement, les anciennes images doivent être « converties » pour en tirer parti. L’éditeur danois a également travaillé sur la suppression locale du moiré et la transformation noir et blanc, dans le dernier cas il sera possible de choisir des réglages plus musclés sans pour autant introduire des artéfacts gênants.

En termes de qualité d’image, Capture One Pro 8 vient de dépasser Camera Raw 8 et Lightroom 5, grâce à d’excellents algorithmes de distribution de tonalités (récupération des hautes lumières et tons foncés) et une puissante réduction du bruit qui ne génère que peu d’artéfacts. La restitution des couleurs était déjà plus fidèle dans Capture One Pro 7. A l’heure actuelle, seul DxO Optics Pro 9 offre encore une meilleure gestion du bruit, grâce à PRIME.

L’outil Clarté a gagné un nouveau paramètre « Naturel » alors que l’outil « Grain Film » est entièrement nouveau. Celui-ci permet de gérer la texture du grain, sa taille et son importance, grâce à six paramètres prédéfinis et deux curseurs. À noter aussi qu’il serait maintenant possible de simuler le rendu de films argentiques, grâce à des styles commercialisés par des éditeurs tiers.

Les paramètres de correction locale dans Capture One Pro 8 : un ensemble aussi complet que performant.

En termes de correction locale, les fonctionnalités de Capture One Pro 8 sont également plus étendues que celles de son prédécesseur. Désormais, le panneau Réglages locaux permet d’appliquer les commandes des outils Balance de blanc, High Dynamic Range, Clarté, Réduction du bruit et Franges pourpres à des parties de l’image, préalablement sélectionnées à l’aide du pinceau ou d’un masque dégradé. Quant aux nouveaux outils Duplication et Pansement, ils permettent de retoucher des poussières ou corriger des petits défauts sur un calque à part.

Phase One cherche également à séduire les utilisateurs d’Aperture, Lightroom et Media Pro. À leur égard, le logiciel propose des outils d’importation de catalogues permettant de récupérer un certain nombre de métadonnées et paramètres de développement de l’autre logiciel. Dans le cas d’Aperture, le nouveau catalogue conserve les Projets, Dossiers et Albums, les métadonnées IPTC, notes, libellés de couleurs et mots-clés tout en convertissant un certain nombre de réglages de développement, par exemple le recadrage, la rotation et le redressement ainsi que la luminosité, l’exposition, la récupération des hautes et basses lumières et la transformation noir et blanc.

Importation d’un catalogue Lightroom. Notez que les collections dynamiques ne sont pas (encore) prises en charge.

Le système de catalogage est beaucoup plus robuste que celui de la version précédente. Au fil de l’utilisation de différentes versions bêta, j’ai pu constater que Capture One Pro 8 gère avec aise plusieurs dizaines de milliers de fichiers RAW. Si le logiciel ne connait pas la notion des collections de Lightroom, il est tout à fait possible de l’utiliser en tant qu’outil d’organisation principal ou unique, d’autant plus qu’il est enfin possible de créer une arborescence de mots-clés hiérarchiques. Certes, Capture One Pro 8 manque cruellement de fonctions pour envoyer des images vers des sites sociaux, mais le logiciel offre tout de même un module d’impression et un autre pour la création de galeries Web.

Le panneau Bibliothèque. Si Capture One Pro 8 n’offre qu’une partie des fonctionnalités de Lightroom, ce qui existe pourrait bien satisfaire les besoins de nombreux photographes…

Le mode LiveView bénéficie également d’un certain nombre de perfectionnements : un indicateur de mise au point uniquement disponible avec certains dos numériques en mode connecté ainsi qu’un bouton pour tester la profondeur de champ et une fonction pour forcer l’orientation des images. Il est également possible de personnaliser la disposition des outils et onglets dans l’interface utilisateur du mode LiveView.Phase One cède également (au moins en partie) à la mode actuelle de souscription de logiciels. Ainsi, il est désormais possible d’acheter (version complète 229 euros HT, mise à jour 69 euros HT) ou de louer le logiciel sur une base annuelle (8 euros HT par mois). Cette dernière option n’est certes pas la plus intéressante puisqu’il est possible d’obtenir Photoshop et Lightroom pour la même somme. Mais l’offre sera sans doute réajustée en fonction de la demande. Vous pouvez télécharger une version d’essai valable pendant 60 jours en suivant ce lien .

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