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Nikon D810 – Exploiter la fonction vidéo (1/2)

Les fonctionnalités vidéo implantées dans le D810 en font un outil aussi professionnel dans l’univers audiovisuel qu’il peut l’être dans celui de la photographie. Des améliorations tant ergonomiques que qualitatives ont été développées pour cette gamme de reflex depuis le D800, corrigeant certains manques de ce dernier et confirmant l’arrivée à maturité de Nikon sur ce créneau de la capture vidéo, malgré l’hégémonie qui reste grande de Canon dans ce domaine. Beaucoup d’utilisateurs de ces reflex considèrent aujourd’hui leur outil à la fois comme un appareil photo et une caméra, mais il ne s’agit pas encore de la majorité des photographes !

 

Aborder la vidéo avec le D810

Les aspects capture vidéo du reflex restent souvent négligés par beaucoup de photographes. Si les spécialistes de la vidéo ont, eux, très rapidement adopté ces boîtiers hybrides, notamment en complément de leur équipement habituel, trop rares sont encore les photographes voyant cette évolution comme une chance, même si cet état d’esprit évolue rapidement.

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Nous voyons plusieurs raisons à cela, et notamment l’appréhension qui peut saisir le professionnel ou le photographe passionné à devoir apprendre une nouvelle technique : si des points communs existent entre photo et vidéo (notions de lumière et de cadrage notamment, bien que ce dernier se fasse suivant un ratio plus allongé de 16:9 contre 3:2, auquel les photographes ne sont pas forcément habitués), d’autres pratiques doivent être envisagées, comme les notions de temps et de mouvements de caméra, la gestion de la netteté, sans compter les aspects de préproduction (écriture du scénario, story-board…) et de postproduction (derushage, montage, étalonnage…) spécifiques à la vidéo. Le photographe rencontre également dans cet univers des termes technologiques (formats de fichiers, types d’encodages…) et des particularités techniques qu’il devra apprendre à maîtriser avec autant d’aisance que les termes photographiques qui lui sont familiers.

C’est pourquoi ce chapitre est axé sur la maîtrise de la vidéo à l’aide du D810, mais aussi sur des termes techniques et des méthodes à mettre en œuvre pour obtenir des films de qualité. Cette partie s’adresse donc aux vidéastes qui voudraient mieux comprendre l’usage spécifique du D810, mais aussi et surtout aux photographes qui souhaiteraient s’initier à la capture vidéo avec ce boîtier… Nous aborderons donc ici des notions qui pourront paraître triviales à l’expert en vidéo, mais qui sont nécessaires au lecteur « photographe ». Un ouvrage consacré à un boîtier n’a évidemment pas pour objet de devenir un manuel d’audiovisuel. Toutefois, il semble utile d’aborder également des techniques et des points technologiques non spécifiques à cet appareil, à destination du lecteur non initié à la vidéo, pour l’aider à exploiter au mieux ces fonctionnalités. Si vous souhaitez approfondir le domaine, des livres dédiés à la vidéo avec les reflex sauront répondre à vos attentes, tels que celui renseigné dans la rubrique Livres conseillés au bas de cet article, qui couvre tous les types de boîtiers reflex.

Rappelons avant tout que l’avantage de pouvoir filmer avec un reflex au format de capteur FX est de bénéficier en vidéo du rendu particulier offert par son grand capteur, si on le compare aux tailles usuelles de ceux qui équipent les Caméscope. Nous bénéficions ainsi d’une grande qualité d’image en haute sensibilité et de la haute dynamique offerte par le D810, ainsi que d’une profondeur de champ potentiellement très courte et produisant des flous très doux et « fondus », souvent impossibles à obtenir avec des Caméscope, même professionnels. En outre, on dispose d’une compatibilité avec un parc d’objectifs très large, incluant des optiques hors normes comme les fish-eyes ou les objectifs à bascules.

On comprend dès lors que la vidéo n’a rien d’une fonction accessoire et incongrue sur un reflex photo, mais qu’elle constitue un véritable atout pour réaliser un film de qualité très cinématographique. Toutefois, la priorité demandée à l’appareil reste l’aptitude à faire de bonnes photos, ce qui limite son usage vidéo, notamment en ce qui concerne l’ergonomie : la prise en main n’est pas des plus aisées, et pour juger du potentiel de cet équipement, je vous conseillerais de commencer par des séquences sur pied. Il existe des accessoires rendant l’appareil plus apte au filmage à main levée, que vous pourrez par la suite envisager d’acquérir si ce nouveau champ d’exploration vous intéresse.

Gérer l’autonomie en mode Vidéo

Le Live view et l’enregistrement de vidéos, sollicitant très fortement le capteur et le processeur, font non seulement chauffer le boîtier (ce qui peut provoquer une montée du bruit dans l’image), mais font aussi baisser l’autonomie de la batterie de façon impressionnante. Disposer d’au moins deux, voire trois batteries pour cet usage ne sera pas un luxe…

Vous pouvez optimiser l’autonomie en utilisant la poignée d’alimentation MB-D12, pouvant accueillir une seconde batterie EN-EL15. Quand les conditions le permettent, vous pouvez également envisager de brancher l’appareil sur le secteur, à l’aide du connecteur d’alimentation EP-5B et de l’adaptateur secteur EH-5B.

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