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Ricoh GXR : un drôle d’appareil pour photographes experts

Le fabricant japonais Ricoh vient de présenter un nouvel appareil hybride d’une conception plutôt insolite : le Ricoh GXR est composé d’une base sans objectif et sans capteur, puis de deux unités interchangeables composées pour chacun d’un ensemble objectif et capteur. L’appareil permet ainsi non seulement de changer l’objectif, mais également le capteur !

Le fabricant japonais Ricoh vient de présenter un nouvel appareil hybride d’une conception plutôt insolite : le Ricoh GXR est composé d’une base sans objectif et sans capteur, puis de deux unités interchangeables composées pour chacun d’un ensemble objectif et capteur. L’appareil permet ainsi non seulement de changer l’objectif, mais également le capteur ! Dépourvue d’optique et de capteur, la base de l’appareil ne comporte qu’une poignée, une batterie, un écran LCD de 3 pouces et les commandes nécessaires à son contrôle, les modules objectif-capteur sont adaptés grâce à un système à platine de fixation qui est dotée d’un port de communication, le processeur dédié au traitement d’image étant par ailleurs intégré au module.
Si l’appareil est très compact (114 × 70 × 29mm) et léger (200 g), mais les dimensions et le poids de l’ensemble dépendent bien évidemment du module objectif-capteur adapté : avec le module S10, composé d’un objectif zoom et d’un capteur CCD au format 1/1, 7 pouces, il pèse un peu moins de 400 g, avec le module A12, composé d’un objectif macro à focale standard et d’un grand capteur au format APS-C, l’ensemble accuse d’un poids de près de 500 g – ce qui n’est plus vraiment aussi exceptionnel face à l’encombrement et au poids de ses concurrents au format Micro 4/3 et APS-C (Panasonic GF1, Olympus E-P1 et Sigma DP2).


(c) Ricoh

Mais le simple fait de concevoir et de produire des unités objectif-capteur apporte des avantages importants, notamment pour accorder le capteur à l’objectif et à la cible utilisateur visé. Autre point important : le module est parfaitement étanche et protégé contre les poussières.

L’objectif “universel” (dont la plage de focales est équivalente à celle d’un objectif 24-70 mm f/2,5-4,4 au format 24×36) est ainsi couplé à un « petit capteur » de 10 mégapixels et à un stabilisateur optique, lui permettant de rester à la fois compact et léger.

Quant à l’objectif macro à focale standard (33 mm f/2.5), il arbore un capteur de 12 mégapixels non stabilisé au format APS (qui équipe déjà nombre d’appareils reflex numériques …), qui lui permet d’obtenir une qualité d’image très convaincante.


(c) Ricoh. Les courbes de résolution montrent l’excellente qualité optique des objectifs proposés

Mais cette segmentation n’est pas sans inconvénient : suivant l’objectif utilisé, la qualité varie entre celle d’un appareil compact numérique et celle d’un appareil reflex numérique. Avec le module S10, les détails sont donc beaucoup plus dilués et la qualité d’image s’effondre littéralement aux sensibilités supérieures à 400 ISO. Et pour la qualité en capture vidéo, on passe du mode 640×480 (S10) au mode 1280×720 pixels (A12). Notez aussi qu’en mode rafale, le module macro est le seul à proposer des vitesses convenables (3 images par seconde), le module zoom n’autorise que des vitesses aux alentours de 1,5 images par seconde. Pour la mise au point manuelle, l’objectif macro possède sa propre bague, pour l’objectif zoom on doit passer par l’intermédiaire des commandes du boîtier. Notez que, pour satisfaire des exigences élevées en qualité d’image, Ricoh ne propose pour l’instant qu’un seul objectif macro qui n’est pas vraiment d’un usage universel. Le fabricant doit donc impérativement élargir son offre, notamment avec des focales fixes couplées à des capteurs au format APS-C.


(c) Ricoh

Doté d’une construction robuste en alliage de magnésium, le GXR propose une disposition des commandes très proche de celle des appareils de la série GRD. Les utilisateurs de ces appareils retrouvent donc immédiatement leurs repères, hormis peut-être pour l’utilisation de l’objectif macro, plus proche de l’ergonomie d’un objectif reflex. Le GRX propose les modes d’exposition classiques (le quatuor PSAM ainsi qu’un mode Auto et plusieurs modes scène) et permet même d’enregistrer ses propres réglages moyennant trois jeux de paramètres prédéfinis. La plage de vitesses et de sensibilités ISO (entre 100/200 et 3200 ISO) dépend de l’objectif utilisé, même l’autonomie de l’appareil varie suivant l’objectif adapté (entre 320 et 410 photos). Cependant, il propose toujours le choix entre deux formats d’enregistrement, JPEG et RAW,et pour ce dernier le fabricant propose bien heureusement (et depuis quelques années déjà) le format “universel” DNG, ce qui permet de choisir « librement » son logiciel de développement RAW : Aperture, Camera Raw, Lightroom et Capture One ouvrent ces fichiers sans encombre.


(c) Ricoh

Hormis d’une griffe pour flash externe, le Ricoh GXR intègre un petit flash et un écran LCD d’une diagonale de 3 pouces et de 920.000 pixels pour viser, cadrer et pour paramétrer l’appareil. Un viseur électronique (VF-2) assez onéreux étant proposé en option, mais on pourrait regretter l’absence d’un “vrai” viseur optique. Ce dernier serait impossible à réaliser vu l’hétérogénéité des objectifs proposés, d’autant plus que le fabricant projette à compléter l’appareil par un module intégrant un objectif à plage focale très étendue. En mode Live View, l’appareil propose la superposition de plusieurs grilles et même un « niveau à bulle » électronique. L’histogramme affiché permettra un contrôle immédiat de l’exposition.

Comme pour ses autres appareils, Ricoh commercialise une gamme d’accessoires exclusifs au système GX : outre un viseur électronique, vous trouverez un flash externe (GF-1), deux compléments optiques télé et grand angle, des pares-soleil, des étuis et une télécommande (CA-1).

Reste à aborder le prix : si l’appareil est vendu aux alentours de 460 euros et les modules à 370 euros (24-72 mm) et 670 euros (50 mm macro), l’ensemble coutera la modique somme de plus de 800 ou 1100 euros, ce qui est assez (trop ?) élevé compte tenu des prestations proposées et celles des produits concurrents. Alors que l’appareil offre une évolutivité sans égal (on peut mettre à jour le capteur en achetant un nouvel objectif), on pourrait s’interroger sur la nécessité de produire autant de capteurs que d’objectifs. Hormis l’aspect écologique d’un tel choix, celui-ci augmente aussi le prix de l’objectif, surtout lorsqu’il s’agit d’un capteur de type APS-C

Consultez le mini-site consacré au Ricoh GXR pour plus d’amples informations.

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