Appareils reflex numériques Canon : Peut-on les acheter d’occasion ? (Première partie)

27 juillet 2009
Les gammes d’appareils reflex se suivent et poursuivent à un rythme effrénée et ou pourrait se poser la question d’acquérir un appareil d’occasion ou légèrement défraîchi, tant le niveau technique est abouti depuis quelques années. Quid donc des appareils d’occasion et lequel choisir ?
27 juillet 2009
Cet article est le premier d’une série de trois, les articles suivants, publiés ici sous peu, traiteront plus en détail certains appareils évoqués ici ainsi que leurs objectifs.
Les appareils reflex numériques ne cessent d‘évoluer et leurs cycles de vie se réduisent au fur à et mesure des évolutions technologiques : capteurs plus puissants, performances accrues aux sensibilités ISO de plus en plus élevées, fonctions LiveView et Vidéo, l’importance de ces évolutions varie bien entendu suivant les pratiques et sujets préférés des photographes. Dépourvue de mise au point automatique et sans micro intégré, la fonction vidéo est encore dans un stade « expérimental » et certains avancent qu’elle relève du gadget.
Photo prise avec un Canon D30 de l’année 2000, véritable ancêtre de la gamme actuelle
Les appareils Canon actuels n’ont pas encore de quoi combler tous les photographes : certaines caractéristiques plus importantes sur le terrain et notamment le pilotage des flashs externes par le flash intégré, l’accès direct au relevage du miroir et le bon positionnement et dimensionnement du bouton de la touche dédiée au contrôle de la profondeur du champ, manquent encore à l’appel et l’ensemble des appareils grand public et experts ne bénéficient d’une visée intégrale (100 %) — quel est donc l’intérêt d’un nombre de pixels de plus en plus important si le photographe est souvent obligé à réduire celui-ci a posteriori, via un recadrage, faute de pouvoir détecter des éléments gênants dans la périphérie de son cadre ?? Et quid des performances des capteurs qui mettent celles des objectifs et des ordinateurs à rude épreuve ? En effet, pour exploiter la quintessence des Canon 1Ds Mark 3 et 5D Mark 2, mieux vaut changer son parc d’optiques et son équipement informatique.
Le Canon EOS 20D fait partie des modèles les plus réussis
A quoi bon acheter du matériel dépassé ?
Ne serait-il pas plus raisonnable de conserver son appareil plus longtemps ou encore d’investir dans un boîtier d’occasion ? Cet article tente à vous donner quelques réponses, en commençant par ce qu’on pourrait motiver un photographe à adopter un appareil défraichi :
Vous recherchez un deuxième boitier. Rien n’est plus gênant que de tomber en panne lors d’un voyage ou d’un reportage important, faut d’avoir emporté un deuxième boitier. Utilisé en renfort lorsque l’appareil principal montre des signes de faiblesse, cet appareil n’a pas besoin des derniers perfectionnements. Ainsi, on pourrait épauler un Canon EOS 50D par un 40D ou 30D, vu qu’ils partagent les mêmes accus et cartes mémoire. Si vous travaillez avec un appareil « full frame », il pourrait être intéressant de lui associer un deuxième boitier au format APS-C pour les photos prises au téléobjectif, le facteur de conversion se comporte alors comme un téléconvertisseur 1,6X.
Les appareils neufs subissent une décote importante. Un appareil photo neuf perd 40% de sa valeur à la sortie du magasin et le renouvèlement incessant des gammes entraîne une décote très importante. Acheté d’occasion, la valeur d’un appareil décroît plus lentement.
Vous n’êtes ni vidéaste ni chasseur de photons. Si vous ne faites que rarement de la vidéo ou si vous possédez déjà un équipement dédié, vous pouvez probablement faire l’impasse sur le 500D et acheter un 450D. Tant pis pour les trois mégapixels supplémentaires d’un capteur qui est en plus bien plus exigeant en matière d’optiques. Quant aux sensibilités ISO ahurissantes du modèle récent, elles sont tant le fruit d’algorithmes de suppression de bruit optimisés que le reflet d’une politique de marketing utilisant la magie des ISOs pour appâter le chaland.
Vous aimez les boitiers haut de gamme, mais votre budget n’est pas extensible à l’infini. Si les appareils de type 1d et 1Ds ne brillent pas toujours par leur ergonomie, ils sont merveilleusement bien finis et bien protégés contre les poussières et l’humidité. De plus, ils possèdent des viseurs brillants et spacieux, parfaits pour effectuer une mise au point manuelle avec des objectifs TS-E. Dotés d’obturateurs résistants et durables, ces appareils sont presque indestructibles et intègrent des capteurs de grandes dimensions, aptes à fournir des images bien définies et nuancées. Si vous succombez au charme de la gamme Pro, sachez que ces appareils se trouvent d’occasion à des tarifs très inférieurs à leurs prix d’achat de l’époque : un Canon 1D, vendu à environ 8000 €, se trouve aujourd’hui à 500 € environ, un Canon 1Ds première génération (10 000 €) autour de 1200 € et un Canon EOS 1Ds Mark 2, toujours vert, autour de 2000 €. Mais faites attention à l’état d’usage de l’appareil : un photographe professionnel en studio cumule souvent plusieurs dizaines de milliers de déclenchements sans pour autant toucher à l’aspect extérieur de l’appareil, en revanche, l’état extérieur d’un EOS 1 D reflète plus souvent son usage – utilisé en reportage, les traces d’usure sont plus fréquentes.
Capteur de grande qualité et prix raisonnables en occasion : photo prise avec le Canon EOS 1Ds Mark 2
Le « full frame » vous attire. Si votre parc d’objectifs EF-S n’est pas trop important, le passage au capteur plein format est une bonne manière d’améliorer ses images. Le gain en qualité est par ailleurs aussi subjectif que réel : le rendu est plus doux, plus « rond », le flou des parties hors mise au point plus naturel, car plus progressif. Le Canon EOS 5D est alors un excellent choix « généraliste », l’EOS 1Ds aussi, mais le capteur est bien moins performant lorsqu’on dépasse les 400 ISO. Si vous pouvez investir un peu plus, laissez vous séduire par l’EOS 1Ds Mark 2 dont le capteur, fort de 16 mégapixels, est loin d’être ridicule.
Le Canon EOS 5D : capteur “full frame” de qualité et poids raisonnable
Vous privilégiez la qualité des objectifs. Si le capteur contribue de manière importante à la qualité des images, rien ne sert à lui associer un “cul de bouteille”. Trop souvent encore, les photographes achètent un appareil sur-dimensionné tout en négligeant la qualité des objectifs – pourtant, ce sont eux que vous conservez plus longtemps, l’appareil étant presque devenu un “consommable”. Ainsi, si vos moyens sont plus modestes, procurez-vous plutôt de bonnes optiques et associez-leur un boîtier d’occasion.
Vous ne travaillez qu’en format RAW. Les processeurs d’image des appareils récents sont de plus en plus puissants et produisent des fichiers JPEG de bien meilleure qualité que les appareils un peu anciens. Mais si vous enregistrez vos images au format RAW, les différences sont bien moins importantes, puisque le logiciel de développement RAW se substitue au processeur intégré à l’appareil. Privilégiez les appareils qui enregistrent leurs fichiers au format CR2 (ce qui exclut les modèles D30, D60, 300D, 10D, 1D et 1Ds), sinon il vous faudrait convertir les fichiers TIF et CRW au format DNG pour ainsi garantir leur pérennité.
Huit mégapixels et 8,5 images la seconde : le Canon EOS 1D Mark 2 ne se couvre pas de ridicule…
Votre équipement informatique et optique date un peu. Si vous ne souhaitez renouveler votre ordinateur et/ou votre parc d’optiques, évitez les modèles trop récents. Les 50D, 500D, 5D Mark 2 et 1 Ds Mark 3 mettent les objectifs à rude épreuve et il vous faudrait alors une bonne dose de patience pour traiter vos fichiers RAW sur un ordinateur vieillissant. Ne serait-il pas plus raisonnable d’investir dans un modèle de la gamme précédente ? Citons le Canon EOS 5 D, vraiment excellent, et les Canon 30D et 40D, 400D et 450D, capables de produire des images de grande qualité.
Vous souhaitez conserver vos cartes mémoire et accus. Là, je ne suis pas certain que ce soit une raison vraiment valide : le prix des cartes mémoires a fortement baissé ces derniers temps et on trouve sur le marché un grand nombre d’accus compatibles à des tarifs plutôt alléchants.


































































