Calibrer un écran ? Normes ISO et autres préconisations
Publié le 15 septembre 2008 dans Articles et dossiers par Jean Delmas
Contrôler le point noir
L’ISO préconise que la luminance du noir affiché par l‘écran (R=V=B=0) soit inférieure à 1 % de la luminance du blanc (R=V=B=255). Le rapport des luminances extrêmes, certains disent de contraste, doit donc être supérieur à 100/1.
L’ISO attire aussi notre attention sur un petit point philosophique qui empêche de dormir les constructeurs d‘écrans, car il met en cause une donnée sur laquelle ils n’ont guère prise : le rayonnement mesuré devant un écran éteint ! Voici ce qu’en dit l’ISO : la luminance du noir affiché (R=V=B=0) ne doit pas être supérieure au double de la luminance mesurée devant l‘écran éteint.
Il est intéressant que l’ISO fixe ici la limite du rapport de luminance entre le blanc et le noir. Notons que, si la plupart des logiciels de calibrage permettent d‘établir la luminance du blanc, peu d’entre eux en font autant pour celle du noir. Le logiciel ColorEyes Display est, sur ce plan, une exception heureuse.

Le logiciel ColorEyes Display permet de fixer un objectif pour le point noir, soit en termes de niveau de luminance en cd/m2, soit sous forme d’un rapport blanc/noir minimal.
Dans un processus de calibrage d‘écran, le point noir apparaît en général comme une conséquence de tous les autres réglages. Si l’on n’est pas satisfait par sa valeur mesurée, il faut alors corriger les autres paramètres, en particulier la luminance du blanc, et procéder par itérations. Notons aussi que, dans son principe même, la technologie des écrans LCD permet plus difficilement de modifier indépendamment les luminances du blanc et du noir, le rapport entre les deux étant difficile à altérer physiquement.

Bilan final du calibrage d’un écran par Eye-One Match montrant les valeurs réelles du point blanc natif et le résultat obtenu pour le point noir (0,3 cd/m2).
Choisir le Gamma
L’ISO est curieusement peu regardante dans cette affaire. Elle demande simplement que le calibrage de l‘écran soit réalisé avec un objectif de gamma compris entre 1,8 et 2,4. Sa largeur d’esprit lui permet d’accepter tout autant la fonction de transfert dite L* (clarté CIELAB) car, dit-elle à juste titre, un tel réglage doit être considéré comme étant situé dans la fourchette de gamma 1,8-2,4.
Ici, l’ISO fait preuve d’un réalisme prudent qui flirte avec le laxisme. Il s’agit pourtant d’un aspect du réglage de l’affichage qui joue un rôle important, mais peu étudié, dans les comparaisons écran-papier. Rappelons que c’est pour rapprocher l’affichage des premiers écrans Mac des impressions sur Laserjet qu’Apple avait trouvé bon d’adopter un gamma de 1,8, aujourd’hui obsolète.

Liste des valeurs de gamma proposées par le logiciel de calibrage ColorEyes Display.
Sans entrer dans trop de finesses colorimétriques donnons ici une règle simple : que votre poste de travail soit un PC ou un Mac, adoptez donc un gamma de 2,2 (ou la fonction L* si vous êtes technophile ou technomane), même si le vocabulaire Apple s’obstine encore à traiter la valeur 2,2 de “standard PC”. Et surtout, ne critiquez pas les logiciels de calibrage qui fixent en coulisse le gamma à 2,2 sans vous demander votre avis car ils font un bon choix, et ne craignez pas que l’adoption de cette valeur de gamma vous condamne à utiliser un espace de travail appliquant un gamma d’encodage de 2,2, comme Adobe RGB (1998), car c’est l’un des rôles de la gestion des couleurs que d’opérer les conversions nécessaires si vous utilisez un espace de travail basé sur une autre valeur de gamma, comme 1,8 pour ProPhoto RGB…






















