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DNG, le « négatif numérique » revisité

Anatomie du format DNG

Si le format DNG n’a pas encore été désigné comme format standard par un organisme international et indépendant, il utilise certains standards, eux-mêmes reconnus : outre le format TIFF/EP, il comporte des métadonnées TIFF-EP, EXIF, XMP et IPTC et utilise des matrices couleur, des profils ICC, des aperçus au format JPEG et une compression du type JPEG et ZIP.

Voici les principaux éléments qui constituent le format DNG :

  • L’extension (.dng ou .DNG) est conforme au standard TIFF-EP. Le format TIFF est un des formats les plus répandus au monde de l’image, et ce depuis 1992, date de l’introduction de la spécification TIFF 6.0 sur laquelle se base le format DNG.
  • Parmi les métadonnées pouvant être incorporées aux fichiers au format DNG, on compte les métadonnées EXIF, IPTC et XMP.
  • Les données brutes. Celles-ci sont directement enregistrées au format DNG lorsqu’il s’agit du format d’enregistrement proposé par l’appareil photo, mais il existe plusieurs logiciels et utilitaires (DNG Converter, Camera Raw et Lightroom) pouvant convertir les données brutes propriétaires pour faire en sortie que ces dernières soient lisibles par un nombre plus important de logiciels. Notez qu’il est possible de les préserver en l’état brut (DNG Raw) ou de les pixelliser en un format Bitmap (DNG linéaire).
  • Les données propriétaires. Même si le format DNG est par définition à la fois ouvert et documenté, les fabricants d’appareils peuvent stocker des données confidentielles à l’intérieur des balises privées prévues à cet effet. Puisque les informations sont censées rester confidentielles, ils ne peuvent pas toujours être interprétées ou sont parfois interprétées de manière erronée par le logiciel d’un éditeur tiers…
  • Des informations quant aux dimensions des différentes régions d’un capteur : surface maximale, surface active, surface recadrée et pixels masqués. Certains appareils n’utilisent que les pixels d’une zone centrale (surface active), la surface recadrée désigne les pixels utilisés par l’appareil pour former l’image – les quelques rangées de pixels situées autour ne servent qu’aux algorithmes du logiciel de développement RAW. Les pixels masqués sont utilisés par les capteurs pour coder le niveau de noir et pour ainsi définir le noir de référence. Toutes ces informations sont enregistrées dans une balise spécifique, il existe par ailleurs un petit utilitaire qui récupère les pixels recadrés, c’est-à-dire les pixels de la surface active, mais tronquées par un recadrage lors de la prise de vue (surface recadrée).
  • L’échantillonnage. Le format DNG est codé au choix en 8, 16 ou 32 bits par couche. Si la profondeur n’est pas égale à une de ces valeurs, les pixels sont reéchantillonnées au nombre de pixels supérieur. Un fichier RAW en 14 bits par couche est ainsi transformé en fichier DNG, codé, lui en 16 bits par couche.
  • Le taux de compression. Le format DNG offre une compression JPEG (JPEG-LS) sans perte. Si vous incorporez le fichier RAW à l’intérieur du fichier DNG (très coûteux en termes de poids de fichier, mais tellement rassurant ), les données RAW subissent une compression de type ZIP.
  • Matrices couleur et profils ICC. La nouvelle version DNG 1.2.0.0 permet d’intègrer, en plus des matrices couleur (rappelons que Camera Raw utilise des tables de conversion (matrices), exprimée en valeurs CIE XYZ), deux profils ICC pour caractériser les couleurs du fichier.

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9 commentaires “DNG, le « négatif numérique » revisité

  1. Après la polémique qui avait opposé Adobe et Nikon sur le cryptage de la balance des blancs de certains NEF, Thomas Knoll avait solennellement annoncé que, désormais, TOUTES les métadonnées contenues dans un fichier RAW Nikon ou Canon seraient systématiquement copiées dans le DNG résultant de sa conversion par un logiciel Adobe.

    Cette recopie systématique est donc faite « bêtement » pour toute donnée, qu’Adobe sache l’interpréter ou non, ce qui est la manière la plus intelligente de procéder.

    Si Adobe fait ce que Knoll lui dit de faire, et pourvu qu’on soit utilisateur de Canon ou Nikon, on est donc (théoriquement) assuré de ne perdre aucune information en passant du RAW propriétaire au DNG. Il est alors (théoriquement) inutile d’incorporer le RAW dans le DNG et (tout aussi théoriquement) superflu de conserver le RAW d’origine.

    Volker, sais-tu si :

    1 – Knoll a tenu sa promesses ?
    2 – la liste du traitement de faveur s’est étendu à d’autres marques que Canon et Nikon ?
    3 – on dispose d’infos sur la proportion de photographes Canon/Nikon qui, ayant été convaincus par Knoll, ont adopté DNG en abandonnant la conservation des RAW originaux ?

    Je vais envoyer un mail à notre expert national sur les métadonnées, l’incontournable Patrick Peccatte. Peut-être pourra-t-il nous éclairer ici sur les deux premiers points…

    Pour terminer, juste une remarque personnelle. Je trouve aujourd’hui que le seul avantage des DNG (mais il est à mon avis colossal) réside dans le fait qu’il incorpore les annotations (IPTC…) ce qui évite de mettre en branle l’infernale usine à gaz Adobe dont les multiples bras saupoudrent nos malheureux disques durs d’innombrables fichiers side-cars…

  2. Bonjour,
    Merci pour la réputation dont vous m’avez qualifié et qui me semble usurpée … car pour être clair, je ne sais pas répondre à vos questions (le format DNG ne m’est pas bien familier).
    J’essaie de me renseigner.
    Minuscule point de détail: les sidecars ce sont plutôt des informations XMP, ce qui peut aller bien plus loin que les annotations IPTC.
    Bien cordialement
    PP

  3. Patrick Peccatte, merci de nous avoir rendu visite…

    Les infos XMP stockées dans les fichiers side-cars dépassent bien entendu les seules annotations IPTC. C’est pour cela que j’avais ajouté une prudente série de points de suspension après le mot IPTC.

    J’en profite pour donner ici l’URL du chapitre que vous consacrez, sur votre site, à la présentation des métadonnées. Cette initiation devrait intéresser tous les photographes concernés par la gestion des images : http://peccatte.karefil.com/software/Metadata.htm

    Cordialement

  4. Un petit point pour Jean Delmas :
    J’avais décidé de passer tous mes RAW en DNG, sans conserver le RAW d’origine.
    Par choix, j’ai quitté Windows pour Linux.
    Or, il s’avère que les logiciels de conversion RAW disponibles avec Linux ne sont pas tous capables d’ouvrir un fichier DNG.
    J’ai eu une frayeur jusqu’à ce que je découvre qu’il en existe bien qui savent ouvrir le DNG, mais le choix n’est pas pléthorique.
    Maintenant, en raison de cette expérience, je conserve précieusement les RAW.

  5. FX Belloir,

    J’ajouterai un argument pour encourager à la prudence les amateurs de DNG. Comme l’a bien fait observer Volker, les logiciels de développement autres que ceux d’Adobe n’ouvrent souvent les fichiers DNG que de manière limitée (par exemple ceux issus de certains RAW…) voire ignorent totalement ce format, cette position étant étant accompagnée d’une sorte de militantisme anti monopoles. On se souvient des déclarations des fondateurs de Pixmantec (aujourd’hui salariés de leur ex bête noire) qui déclaraient que leur logiciel n’ouvrirait JAMAIS les fichiers DNG… Ils ont du changer d’avis…

  6. @jean : merci pour tes précisions. Ayant été en déplacement ces derniers jours, je n’ai malheureusement pas pu répondre à tes questions. Quant à l’intégration des données propriétaires, il me semble d’avoir lu (mais je ne retrouve plus la source…) que toutes les informations sont dorénavant reproduites, pixel par pixel et bit par bit, à l’intérieur du fichier DNG lorsque ce dernier est écrit à partir du fichier RAW. Mais encore est-il que certaines de ces informations sont copiées en vrac, sans avoir été préalablement décryptées. Dans la mesure ou chaque logiciel utilise sa propre « pipeline » pour développer les fichiers RAW, ces informations ne sont donc pas seulement inexploitables par tout logiciel tiers, mais aussi perdues, dans la mesure ou il est devenu impossible de lire le fichier DNG résultant dans un logiciel propriétaire qui est lui seul à comprendre toutes les données créées par l’appareil. Il est donc à mon avis bien dommage de jeter toutes ces informations – Nikon Capture NX, Canon DPP etc. deviennent plus forts au fil des versions et les appareils intègrent des processeurs capables d’algorithmes de plus en plus sophistiqués pour corriger à la fois tonalité, couleurs et aberrations optiques….
    @fxbelloir : tu as bien fait de préserver les deux, on ne sait pas ce que le futur nous apportera.
    @jean : tant que les fabricants « vedettes » (Canon et Nikon) continuent à faire barrage, il serait risqué de ne conserver que les DNG….

  7. Personnellement je trouve le DNG tres pratique pour l’importation de fichiers RAW entre logiciels de traitement incapable de fonctionner en partenariat complet. Par exemple DxO Optics Pro et Lightroom. Dans ce cas c’est vraiment interessant.

  8. Il semblerait qu’il y est une grande confusion dans l’esprit des photographes amateurs sur le format DNG.
    Beaucoup s’attendent, après avoir traité leur photos avec Lightroom par exemple, à ce que leur photo finalisée et exportée en DNG puisse être ouvert telle quelle avec un autre logiciel capable de les lire (exemple picasa).
    Hors il se trouve qu’a l’ouverture ils retrouvent la photo RAW originale mais aucun des traitements effectués dessus.
    Mon explication est que les traitements effectués sous lightroom sont encapsulés sous forme de balises de type XML et que seuls d’autres logiciels du même éditeur (Adobe en l’occurence) sont capables d’interpreter ces balises et donc d’afficher le DNG avec ses traitements.
    Le DNG véhicule avec les fichier original des infos techniques sur le couple Apn/objectif, les métadonnées (sous forme ITPC ou XMP), les profils ICC pour pouvoir être récupérés dans une chaine graphique et traité en pré-impression, mais ne fournit pas de « photo traité prête à l’impression » comme un fichir JPG…
    Me trompes je ?

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