Tourner en vidéo HD avec les reflex Canon
Publié le 10 août 2010 dans Articles et dossiers par Stéphanie Poisson - éditions Eyrolles
Un tournage plus difficile
Les reflex n’ont pas été prévus pour filmer, pourtant les forums regorgent de reproches et de réclamations sur le manque d’automatisation des fonctionnalités (la gestion du point, par exemple). Il s’agit d’une confusion due au fait que les boîtiers sont vendus à des prix comparables aux caméscopes grand public, sur lesquels les fonctions automatiques sont de rigueur. Le meilleur conseil que l’on puisse donner aux vidéastes amateurs se plaignant sur ces points est de garder leurs anciens caméscopes ou d’investir dans un produit récent, qui leur est plus approprié. Le mode manuel et certaines compétences sont en effet indispensables pour envisager l’utilisation du mode vidéo des EOS.
La problématique est différente pour les photographes qui possèdent une très bonne connaissance des boîtiers et des nombreuses focales disponibles, mais qui sont encore dans l’inconnu en ce qui concerne les techniques de prise de vues vidéo. Pour ceux qui souhaiteraient utiliser les deux modes, photo et vidéo, je ne saurais trop vous recommander d‘échanger et de partager un maximum d’informations avec les professionnels de l’image animée, pour que ces deux mondes si proches n’en forment plus qu’un.
Pour travailler avec la fonction vidéo des HDSLR, il est primordial de comprendre leur fonctionnement de base en tant que “caméra”. Une prise en main, ainsi que la découverte de certaines de leurs fonctions, reste primordiale. La visée par l‘écran, le choix du format et du standard de diffusion, le choix des optiques, la gestion de l’autofocus et le contrôle du son et de l’exposition doivent être étudiés en détail dans le manuel de l’utilisateur prévu à cet effet. C’est la connaissance précise des fonctionnalités de votre appareil et de son mode vidéo qui vous permettra de vous concentrer uniquement sur l’aspect artistique de votre projet lors de vos futures productions professionnelles.
L’assimilation des aspect techniques demeure parfois complexe et rébarbatif pour certains amateurs, c’est pourquoi, avant d’explorer en détail les tenants et aboutissants de ces nombreuses fonctionnalités tout au long des prochains chapitres, je vous propose un petit éclairage sur trois points cruciaux pour la prise en main technique.
Une gestion du point subtile
La gestion du point des HDSLR peut apparaître comme une arme à double tranchant lorsque l’on couvre un événement ponctuel où réactivité et mobilité sont nécessaires. L’autofocus des reflex EOS est très performant pour le mode photo, en revanche pour la vidéo, il s’avère trop lent, trop bruyant et doit même être évité. Néanmoins, les optiques photo ne sont pas mécaniquement conçues pour zoomer et faire le point en continu, comme les objectifs des caméscopes, il faut donc posséder certaines compétences pour réaliser manuellement une mise au point précise. Pour les applications professionnelles, cette gestion du point implique l’utilisation de systèmes Follow focus et de moniteurs externes gérés le plus souvent par les assistants opérateurs. Dans des conditions de reportage, la fixation de viseurs sur l‘écran de visée des HDSLR permet de mieux juger le point avec le boîtier accessoirisé sur l‘épaule. Enfin, l’utilisation de machinerie, comme des grues, nécessite des systèmes sans fil HF pour faire fonctionner le Follow focus.

Photo extraite du tournage du pilote du programme court “Merci Dr Plume”. On distingue parfaitement le système Follow focus et moniteur externe qui privilégie une gestion du point délicate des boîtiers EOS. (c) Didier Gauducheau
Une stabilisation délicate
Les petits caméscopes et les HDSLR sont des caméras de poing sans réelle possibilité de stabilisation sur l‘épaule. D’un autre côté, à la différence des caméras Red et Genesis, il est très facile de transporter plusieurs boîtiers dans un simple sac à dos… Leur ergonomie ne privilégie pas les tournages en mouvement, car ces systèmes n’ont jamais été conçus pour filmer. Afin d’obtenir la meilleure image possible, une machinerie dédiée ou adaptée à ces nouveaux boîtiers est vivement recommandée.
L’investissement dans un trépied approprié associé à une bonne tête fluide est une base incontournable. Pour les opérations plus avancées, le nombre exponentiel de supports dédiés à ces boîtiers et l’assistance de personnel spécialisé (les chefs machinistes) peut à présent répondre à tous les types de productions. Preuve que ce procédé est pris très au sérieux par les prestataires spécialisés et les constructeurs qui n’ont de cesse d‘élaborer et d’adapter de nouveaux systèmes spécifiques aux EOS, une véritable industrie a été créée pour combler les faiblesses de ces boîtiers (voir le chapitre 3).
Une prise de son limitée
Les possibilités d’enregistrement audio des caméscopes sont supérieures à celles des EOS. Au même titre que les caméras cinéma, un enregistrement séparé est préconisé. Un ingénieur du son équipé d’une mixette autonome demeure la meilleure alternative professionnelle. Toutefois, à la différence de certaines caméras film, les reflex disposent de micros internes qui, bien qu‘étant très sensibles aux bruits de manipulation et de fonctionnement, font office de micros témoins facilitant la synchronisation de l’image et du son, en postproduction.
À l’instar du filtre anti-souffle, le niveau d’enregistrement sonore est ajusté automatiquement et ne peut être annulé sur le 7D et le 1D MkIV. Seul le complément d’une mini-mixette dédiée aux boîtiers EOS autorisera un réglage manuel du son. La mise à jour alternative du 16 mars 2010 a également annulé le mode automatique du 5D MkII et propose à présent un réglage manuel du niveau sonore, ainsi qu’une visibilité sur le contrôle du niveau. De nouvelles mises à jour destinées aux EOS 7D et 1D MkIV devraient bientôt proposer cette fonctionnalité sur l’ensemble de la gamme (voir le chapitre 4).

Unité “news” 5D MkII équipée pour travailler avec un système HF Senheiser. (c) Sébastien Devaud
























