Samyang 35 mm f/1.4 AS UMC : le miracle a-t-il lieu ?
Publié le 27 mai 2011 dans Articles et dossiers par Volker Gilbert
Mise au point
N’assurant ni la mise au point autofocus ni la confirmation de mise au point dans le viseur, le Samyang 35 mm f/1.4 AS UMC en monture Canon se destine surtout aux appareils plein format, pourvu de viseurs suffisamment grands pour effectuer une mise au point précise. Si vous êtes un tant soit peu audacieux, vous pouvez l’utiliser avec un appareil à capteur APS-C,sous condition d’investir dans un verre de visée plus discriminant (Haoda ou Brightscreen). Le mode LiveView est également d’un grand secours pour obtenir une mise au point critique — malheureusement, il est peu efficace en photo d’action et en forte luminosité ambiante. Mais même avec un appareil à capteur “full frame”, la mise au point reste une opération délicate et, à fortiori, avec le verre de visée installé par défaut.

Fleurs défendus, Hunawihr/Alsace. Canon EOS 5D Mark II, Samyang 35 mm f/1.4 AS UMC, f/1,4, 1/750s à 160 ISO. Si la mise au point est relativement aisée pendant la journée…
À pleine ouverture, la profondeur de champ ne mesure que quelques centimètres, voire millimètres lorsqu’on s’approche de la distance de mise au point minimale. Plus on ferme le diaphragme, plus la profondeur de champ s’étend en avant et en arrière du sujet et plus l’image du viseur s’assombrit. Avec mes boîtiers Canon 5D Mark II et 1Ds et les verres de visée “à mise au point manuelle”, Eg-S et EC-L, la limite se situe à f/4 : au-delà, l’image dans le viseur s’obscurcit au point de rendre la mise au point périlleuse. La méthode la plus sûre consiste à effectuer la mise au point à f/1, 4, puis de fermer le diaphragme à l’ouverture de travail. Sachez que certains objectifs lumineux souffrent d’un décalage de la mise au point (focus shift), provoqué par une sous-correction des aberrations sphériques. Heureusement, le Samyang 35 mm f/1.4 AS UMC semble être dépourvu de ce défaut fâcheux, la fermeture à l’ouverture de travail n’entraîne donc aucune modification du plan de netteté. En revanche, il est regrettable que la transition de la bague de diaphragme s’effectue par demi-valeurs entre f/2 et f/16 et par valeurs entières entre f/1, 4 et f/2, puis entre f/16 et f/22. D’une part, l’homogénéisation en demi-valeurs permettrait de choisir une ouverture de f/1,7, d’autre part, elle faciliterait le réglage du diaphragme, en comptant le nombre de “clics” en partant de la pleine ouverture.

… elle devient délicate lorsque la lumière fait défaut. Ici, le mode LiveView était impératif pour obtenir un réglage précis. Bar à vin, Colmar/Alsace. Canon EOS 5D Mark II, Samyang 35 mm f/1.4 AS UMC, f/1,4, 1/90s à 2500 ISO
La fonction LiveView n’est que partiellement opérationnelle avec un objectif dépourvu de contacts. Le mode Simulation d’exposition n’affiche une luminosité correcte qu’en mode Av (Priorité à l’ouverture), en mode M (Manuel), l’image affichée sur l’écran LCD est nettement plus sombre et un réglage “correct ” en termes de luminosité correspond à une surexposition violente de l’image. Qui plus est, l’histogramme “live” ne s’affiche pas. La fonction LiveView se prête donc davantage à la vérification de la mise au point qu’à celle de l’exposition. Elle est alors nettement plus efficace qu’avec le Samyang 14 mm f/2.8 IF ED UMC Aspherical – avec le dernier, le taux de grossissement (10 fois) d’un Canon EOS 5 D Mark II devient franchement insuffisant pour une mise au point précise, pour ne pas parler des aberrations sphériques à pleine ouverture, rendant l’appréciation du réglage de mise au point encore plus difficile !


















