Voigtländer Color-Skopar 20 mm f 3.5 : un objectif super grand-angle pour Canon
Publié le 7 mars 2010 dans Articles et dossiers par Volker Gilbert
Qualité optique
Canon ne produit actuellement que quelques objectifs super grand-angulaires pouvant répondre aux exigences des capteurs plein format de 21 mégapixels — et tous sont très chers (16-35 mm f 2.8 USM L II, 24 mm f 1.4 USM L II) ! L’EF 17-40 mm f 4 L USM tant acclamé par les utilisateurs des premiers capteurs “full frame” ne fournit plus que des images nettes dans une zone centrale et floues dans une vaste région périphérique. Si vous espérez produire de saisissantes photos de paysage ou d’architecture, il vous faut alors investir dans l’une des optiques citées plus haut, dénicher l’un des rares et mythiques Carl Zeiss Distagon 21 mm f/2.8 en monture Contax ou alors acquérir la nouvelle déclinaison de ce dernier en monture EF. Bref, dans ce contexte, le nouveau Color-Skopar 20 mm f3.5 SL Aspherical est fort intéressant, puisqu’il ne coûte qu’un tiers du caillou Zeiss, tout en étant nettement plus petit et léger.
Piqué
Honnêtement, je n’ai jamais trouvé un super grand angle irréprochable, bien que certains objectifs semblent être assez proches de l’idéal, notamment les Zeiss mentionnés plus haut et l’AF-S Nikkor 14-24 mm f/2, 8 G ED. Les objectifs de cette catégorie souffrent en fait d’un vignetage très prononcé à pleine ouverture (qui ne s’estompe pas toujours en fermant le diaphragme), d’aberrations chromatiques et de distorsions plus au moins faciles à corriger par voie logicielle. À pleine ouverture, le Voigtländer Color-Skopar 20 mm f3.5 SL Aspherical produit des images bien définies dans le centre, douces dans une zone intermédiaire et encore plus douces dans les coins de l’image.

Canon EOS 5D Mark 2, Color-Skopar 20 mm f3.5 SL Aspherical
Avec un Canon EOS 1 Ds — dont le capteur est bien moins discriminant que celui du Canon EOS 5 D Mark 2 — il suffit de le fermer d’une ou de deux valeurs d’ouverture pour obtenir une couverture satisfaisante. Toutefois, monté sur un Canon EOS 5 D Mark 2, il convient de fermer le diaphragme à f/8 ou f/11 pour obtenir un contraste et une netteté très satisfaisants jusqu’aux bords de l’image. Comparé au Canon EF 17-40 mm f4 L USM, le Voigtländer offre des performances optiques bien supérieures. Pour obtenir une netteté à peu près homogène (et encore, le Canon reste désespérément flou dans les coins…), il faut fermer le diaphragme du Canon à f/11 (Canon 1 Ds) ou f/16 (Canon 5 D Mark 2). Sachez toutefois que pour l’objectif Voigtländer la netteté aux bords reste toujours inférieure d’un cran à celle du centre. Évitez en revanche les ouvertures inférieures et égales à f/16 : la diffraction y détruit plus d’informations que vous ne gagneriez en augmentant la profondeur du champ.

Canon EOS 5D Mark 2, Color-Skopar 20 mm f3.5 SL Aspherical à f/5,6

Extrait du centre de l’image précédente à 100% – le piqué est déjà bon à f/5,6…
Distorsions, vignetage et aberrations optiques
Faisant partie des objectifs super grand-angles, le Color-Skopar n‘échappe pas aux sempiternels défauts optiques. Très important à pleine ouverture, le vignetage ne s’estompe jamais complètement, mais il n’est pas vraiment gênant, d’autant plus que vous pouvez le corriger dans Photoshop ou dans votre logiciel de développement RAW. L’aberration chromatique fait également partie des défauts faciles à corriger : dans Camera Raw et Lightroom et entre f/8 et f/16, il convient de choisir les valeurs -21 (Frange Rouge/cyan et +6 (Frange Bleu/jaune) pour l‘éliminer.

On distingue sur cette image (cliquez pour l’agrandir) la distorsion en “moustache” pour laquelle il faudrait disposer d’un logiciel tel que DxO Optics Pro ou Acolens afin de la corriger de manière efficace
Quant à la distorsion, elle doit faire l’objet d’une correction plus sophistiquée : avec un appareil APS-C, il s’agit d’une distorsion en barillet, mais avec un appareil à capteur “plein format”, celle-ci se transforme en “moustache” (barillet au centre, puis coussinet aux bords) !
Traitement anti-reflet
Utilisé en contre-jour, l’objectif possède une incroyable aptitude à ne pas produire des images parasites et des reflets. Lorsque le soleil est dans le champ, le Color-Skopar brille par l’absence complète des phénomènes cités et c’est seulement lorsque la source de lumière se trouve juste à l’extérieur du cadre que l’on aperçoit un seul reflet magenta de taille modeste. Bref, c’est parfait !
Bokeh
Il est vrai que je ne me suis jamais inquiété (à tort ?) du rendu des zones hors profondeur du champ de mes objectifs grand-angles. Le fameux “bokeh” m’importe en fait uniquement pour mes objectifs standards et mes téléobjectifs lumineux. Bien qu’il soit équipé d’un diaphragme circulaire à neuf lamelles, le Color-Skopar échoue à cette épreuve. Dans l’exemple suivant, pris à pleine ouverture, les zones floues souffrent d’un rendu un peu trop “nerveux”.

Canon EOS 5D Mark 2, Color-Skopar 20 mm f3.5 SL Aspherical à f/3,5

Deux extraits à 100% montrant le rendu des zones nettes…
Mais est-ce bien grave ? Pour ma part, j’utilise un tel objectif presque toujours le diaphragme fermé à f/8 ou à f/11 pour obtenir un bon piqué et une profondeur de champ suffisante…




















































