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Picture Style Editor au secours de DPP

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Picture Style Editor

Picture Style Editor est un éditeur de styles dont les fichiers sont entièrement compatibles avec DPP, mais aussi avec votre boîtier numérique – ce qui signifie qu’ils sont transférables et utilisables avec celui-ci. Mais, comme je l’ai déjà mentionné au début de cet article, en JPEG il est bon de se cantonner à un, voire deux Styles d’image. En cas d’hésitation sur la sélection d’un style plutôt qu’un autre, photographiez en RAW : vous serez toujours à même de changer de mode par la suite via DPP.

Picture Style Editor s’apparente à l’outil de création de profil que l’on trouve dans Capture One Pro : ils s’appuient l’un et l’autre sur un modèle TSL (aussi appelé HSL en anglais : la différence porte sur la traduction du mot “teinte”, hue en anglais). Pour caractériser les couleurs, le mode TSL repose sur trois composantes : la teinte, la saturation et la luminance. Les teintes sont réparties sur la périphérie d’une roue chromatique, alors que la saturation est fonction du rayon : plus on se rapproche du centre, plus la couleur est délavée ; plus on s’en éloigne, plus elle est saturée. La luminance, elle, est représentée au travers d’une échelle de gris.


L’interface de gestion des couleurs dans Picture Style Editor est claire : En orange, la couleur à modifier. En rouge, la nouvelle couleur.

Le principe de bas de Picture Style Editor repose sur le traitement sélectif des couleurs : pour chaque couleur travaillée, il définit un périmètre d’influence sur la roue colorimétrique. Comme sur la figure suivante, cette plage de travail peut être modulée sur les 3 composantes que sont la teinte (en jaune), la saturation (en vert) et la luminance (en rouge). Nous allons voir que ces réglages ont une grande importance en pratique.


Ajustement de la zone d’influence

Pour en terminer avec les présentations, à droite des réglages HSL un espace est réservé pour lister les différentes plages retouchées. De là, il est possible de revenir sur les corrections, les inhiber ou encore les supprimer (touche Suppr). En cas de débordement d’une plage sur une autre, un avertissement signale les couleurs impactées. Il faudra alors veiller à restreindre la plage de travail de l’une ou l’autre des sélections afin d‘éviter un éventuel chevauchement (figure ci-dessous).


Les modifications apportées sur la courbe des tons portent sur l’ensemble de l’image.

Snow Leopard et la photo : un premier bilan

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Voici quelques applications photo et leur comportement sous Snow Leopard, vous pouvez consulter cette liste, très exhaustive, pour les logiciels qui ne sont listés ci-dessous :

Photoshop CS4: pas de problème particulier, le démarrage est un poil plus rapide que sous Leopard.

Lightroom 2.4:le fonctionnement est très fluide, y compris pour les corrections sélectives et lorsqu’il est utilisé en mode 64 bits. Dans ce dernier mode, je ne détecte aucun gain en termes de vitesse, le système d’exploitation demeure en mode 32 bits (voir plus loin).


Lightroom est un des rares logiciels pouvant fonctionner en mode 64 bits

Photoshop CS2: si les versions antérieures à Photoshop CS4 n’ont pas été testées avec la nouvelle version de Mac OS X (et les futures versions ne fonctionneront plus sur les Mac non Intel…), il n’est pas pour autant nécessaire de faire migrer votre version de Photoshop vers la version CS4. J’ai effectué un essai avec Photoshop CS2 : si vous devez installer Rosetta pour qu’elle puisse fonctionner, cette version est pleinement compatible avec Snow Leopard. Quant à Photoshop CS3, je ne l’ai pas essayé, mais d’autres sites, notamment celui de John Nack le déclarent comme étant compatible, hormis quelques petits bogues.

Acolens A1 1.7.1: voici un autre ancêtre toujours vert (dans Snow Leopard). Logiciel de correction de défauts optiques très professionnel, Acolens est très onéreux et plus suivi par son éditeur depuis deux ans…

PTLens 1.3:bien que Thomas Niemann soit très discret quant à sa compatibilité avec Max OS X 10.6, PTLens fonctionne bel et bien, avec Photoshop CS4 (32 bits), Lightroom et en tant qu’application indépendante (64 bits).

Gimp 2.6.7:cette version est compatible avec Snow Leopard.

Expression Media 2:mon catalogueur préféré continue à fonctionner sous Snow Leopard.

Aperture 2.1.4: Aperture n’a pas bénéficié du portage sur 64 bit — dommage ! Bien qu’il soit un peu plus réactif que sous Mac OS X 10.5, notamment pour l’importation et pour la création des aperçus, le logiciel est encore assez poussif, au moins sur mes ordinateurs qui sont équipés de cartes graphiques très modestes.

Bibble 5 bêta:la dernière version réservée aux bêta-testeurs ne pose aucun problème avec Snow Leopard. Mais il s’agit d’une version bêta…

Capture One 4.8.2: bien que certains utilisateurs ont rapporté de problèmes avec Snow Leopard, notamment pour activer le logiciel, je n’ai pas rencontré de problèmes, car le logiciel a déjà été activé sous Leopard. La dernière version 4.8.3 corrige les problèmes.

LightZone 3.6.2: même cette ancienne version fonctionne sous Snow Leopard. Cependant, selon LightCrafts, la dernière version 3.8 démarre, mais n’ouvre pas les images…

RAW Developer 1.8.3: RAW Developer est compatible, sa dernière version, 1.8.5, se trouve ici

UFRaw 0.15: sa version indépendante, disponible ici, est compatible avec Snow Leopard.

Photo Acute Studio 2.8.7: j’ai toujours apprécié cette application astucieuse qui maîtrise, outre la fusion HDR, la superposition précise d’une série d’images pour augmenter la profondeur de champ, réduire le bruit ou pour créer une image dont la résolution finale est très importante. Fort heureusement, la version 2.8.7 fonctionne sans problème avec Snow Leopard.

Photomatix Pro 3.2.2: la dernière version du célèbre logiciel français est compatible avec Snow Leopard.

DxO Optics Pro 4.5.: ayant subi, il y a quelques mois, un crash de système sous Windows, je n’ai pas pu réinstaller et tester la dernière version de DxO Optics Pro sous Mac, le nombre d’activations étant limité à deux. Pour ce qui est de la version antérieure, 4.5, elle est définitivement incompatible avec Snow Leopard : le logiciel d’antipiratage qui l’accompagne ne s’installe pas correctement et bien que l’activation et le démarrage soient couronnés de succès, il est impossible d’y convertir ses fichiers.

Nikon Capture NX2 2.2.2: bien que je n’ai pas vérifié toutes les fonctionnalités du logiciel, la dernière version pour Mac OS 10.5.7 (qui offre aussi une prise en charge des appareils D300s et D3000) fonctionne (ou presque…) sur la version 10.6.0 de Mac OS X. Mais la fonction de mise à jour (Nikon Message Center) y est très instable et le logiciel ne parviens pas à ouvrir les fichiers NEF – un comble ! Notez que Nikon Scan n’est toujours pas compatible avec Mac OS X 10.6 (ni avec Mac OS X 10.5 d’ailleurs…), le fabricant ayant abandonné ses scanners Coolscan. De plus, Nikon met l’utilisateur en garde pour ce qui est de la compatibilité de leur logiciels avec Snow Leopard. Voici l’annonce officielle

Canon DPP 3.5.1: n’ayant pas encore fait la mise à jour vers la dernière version, je n’ai pas rencontré le problème signalé par de nombreux utilisateurs de DPP . Il semble qu’il soit nécessaire d’attendre la future version 3.7.x (qui sortira au même temps que l’EOS 7D) pour que le problème évoqué soit résolu.

Du côté de mes logiciels de calibrage, tout (ou presque) va bien : le logiciel Spyder3Elite s’execute normalement, il n’y a que Eye-One Match qui demande l’installation de Rosetta pour fonctionner.

Pour mes utilitaires, j’ai effectué une mise à jour vers la dernière version de NTFS for Mac, en espérant que la prochaine version soit officiellement prise en charge par Snow Leopard. Mon logiciel de capture d’écran, Little Snapper, nécessite, quant à lui, une petite mise à jour pour pouvoir exporter les captures d’écran (en attendant, je les ouvre via Photoshop…). Bref, le passage vers Snow Leopard était pour moi moins douloureux que prévu, 95 % de mes logiciels indispensables s’y comportent bien.

Vitesse exécution et mode 64 bits

Sur ce site, vous trouverez une étude très approfondie sur les différences en termes de vitesse des logiciels photo les plus répandus. L’étude en question s’appuie sur du matériel informatique très haut de gamme et inaccessible au commun des mortels (Mac Pro Nehalem 2,66 Ghz, quatre disques configurés en RAID 0 et 12 Go de RAM…), les gains constatés ne correspondent donc pas forcement à ceux pouvant ête réalisés avec votre matériel.

Quoi qu’il en soit, Lloyd Chambers a comparé les performances de Photoshop CS4, Lightroom 2, Aperture, Canon DPP 3.6.1, Nikon Capture NX2 et Helicon Focus et constate que les vitesses d’exécution sont systématiquement supérieures à Leopard lorsque Snow Leopard s’exécute en mode 32 bits. Mais il faut démarrer en mode 64 bits pour que les différences soient vraiment significatives (d’environ 30 %). S’il existe plusieurs méthodes pour passer du noyau 32 bits en noyau 64 bits, elles ne fonctionnent pas sur toutes les machines à processeur 64 bits.

Par défaut, Snow Leopard démarre toujours en mode 32 bits et il faut tricher un peu pour lui forcer la main. Vérifiez d’abord si votre ordinateur est éligible au mode 64 bits, en copiant la commande « ioreg -l -p IODeviceTree | grep firmware-abi » (sans les guillemets) dans une fenêtre du Terminal.


Firmware EFI 64 bits pour le MacBook , mais il n’y a rien à faire…

Sur mes deux machines, seul mon MacBook blanc (2,13 GHz Core2Duo, 4 Go de RAM) se qualifie pour le mode 64 bits, mon MacMini (1,83 GHz Core2Duo, 2Go de RAM) est condamné au seul mode 32 bits, ce qui est d’autant plus étonnant que, selon Apple processeurs 64 bits, ce processeur fait partie des modèles à 64 bits. Et bien que j’ai suivi les recommandations sur cette page à la lettre, je n’ai pas pu activer le mode 64 bits sur mon MacBook. Bref, ce n’est pas si simple de tirer parti des performances reservées au mode 64 bits…


Ce MacMini est comme la plupart des machines “Macintel” bloqué en mode 32 bits

Hormis les logiciels livrés avec Mac OS 10.6, les applications 64 bits sont assez peu nombreuses, il suffit de jeter un oeil dans le menu Applications des Informations système pour s’en convaincre. Notez qu’il existe sur cette page  un autre comparatif entre Leopard et Snow Leopard. Et là, sur une machine un peu défraîchie, pas encore optimisé pour le nouveau système et bloquée en mode 32 bits, les performances sont strictement identiques pour les deux systèmes. Il n’y a donc pas de miracle : il ne suffit pas d’installer Snow Leopard pour obtenir les performances d’un ordinateur plus puissant, loin s’en faut. Mais les 29 Euros pour la mise à jour sont néanmoins bien investies, compte tenu du gain en capacité de stockage et tous les petits raffinements de Snow Leopard. Mais vérifiez au préalable la compatibilité de vos logiciels avec le nouveau système pour vous éviter les mauvaises surprises.

Lightroom : réussir le traitement de ses photos de vacances – deuxième partie

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Réglages de base

Premier exemple : portrait en extérieur


Capitaine de plage, Canon EOS 40D, EF 100 mm f/2,8 Macro

Pour cette image bien exposée et prise sans flash de débouchage, j’ai d’abord éclairci l’ombre de la casquette de capitaine, opération plutôt délicate, car une correction trop franche produirait ici des artéfacts difficiles à corriger. J’ai ensuite déplacé le curseur Noirs à droite afin de compenser l’action du curseur Lumière d’appoint qui tend, quant à lui, à trop déplacer le point noir de l’image. L’action conjuguée des curseurs Clarté et Vibrance m’a ensuite permis de mieux ressortir la texture et les couleurs de l’image.


Image de départ et corrections effectuées

J’ai enfin appliqué une accentuation aux valeurs 105, 0,6 et 25 pour les paramètres Gain, Rayon et Détail, laissant le paramètre Masquage à son réglage par défaut, 0.

Lightroom : réussir le traitement de ses photos de vacances – première partie

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Importer les images sur le disque

Insérez votre carte mémoire dans le lecteur puis démarrez Lightroom. La commande Fichier>Importer les photos du périphérique ouvre ensuite une boite de dialogue permettant de paramétrer le transfert des photos. Vous pouvez même automatiser son affichant en cochant l’option ??Afficher la boite de dialogue d’importation lorsqu’une carte mémoire est détectée?? dans l’onglet Importer des Préférences Lightroom.


Le dialogue d’importation de Lightroom

Gestion des fichiers. Lors de l’importation à partir d’une carte mémoire, Lightroom ne propose que deux options pour la gestion des fichiers : Copier les photos dans un nouvel emplacement et les ajouter au catalogue et Copier les photos en tant que clichés numériques (DNG) et les ajouter au catalogue. Si dans les deux cas, le logiciel copie les images sur le disque dur de l’ordinateur, vous avez le choix entre deux formats, RAW (ou JPEG) et DNG. À titre personnel, je préfère récupérer les originaux (première option) et en faire des copies au format DNG une fois les corrections appliquées. Bien que le format DNG offre d’indéniables avantages, notamment pour la gestion des métadonnées XMP et celle des aperçus, incorporées, il interdit encore toute utilisation des logiciels de développement RAW “propriétaires”.

Copier vers. Spécifiez ici l’emplacement des originaux. J’ai ici choisi un dossier temporaire,situé sur le bureau de mon portable et voué à disparaître suite à la copie des images sur le disque dur de mon ordinateur principal.

Organiser. Bien qu’il soit parfois utile à classer les images par date, je préfère ne pas compliquer l’organisation physique de mes images plus que de raison (un dossier par jour, c’est trop…). L’option Dans un dossier copie l’ensemble des images dans un grand dossier unique. Évitez également la création de sous-dossiers et privilégiez à leur place les dossiers virtuels (collections et collections dynamiques) dont Lightroom est passé maître. Si vous ne formatez pas systématiquement vos cartes après le transfert, l’option Ne pas importer à nouveau les éventuels doublons vous est bien utile : grâce à elle, vous éviterez de réimporter certaines images une nouvelle fois. Quant à l’option ??Éjecter la carte après l’importation??, elle est essentielle aux utilisateurs Mac un peu étourdis.

Sauvegarder sur. On ne serine jamais assez aux photographes de sauvegarder leur travail sur un moins un, voire deux supports supplémentaires. Les disques durs sont eux aussi sujets aux défaillances matérielles et si cela vous arrive vous n’auriez que vos jeux pour pleurer. Planifiez donc une première sauvegarde à l’importation des fichiers, puis une deuxième une fois leur traitement achevé. Victime d’un “crash” irrécupérable du disque de mon ordinateur portable, je ne pars jamais sans un disque dur externe pour sauvegarder mon travail.


La sauvegarde-un geste qui devrait être automatique

Dénomination de fichier. Il existe plusieurs philosophies quant au changement de noms des fichiers. Tout dépend en fait de l’organisation de vos fichiers et de leur utilisation et diffusion. Si vous projetez à diffuser vos photos via une agence de photographes ou une banque d’images, vous pouvez leur ajouter un certain nombre d’informations faciles à consulter (elles paraissent directement dans le nom du fichier) : nom du photographe et/ou du client, date de prise de vue, type d’appareil, format de fichier, etc.

Paramètres de développement. Ici, vous pouvez appliquer toutes sortes de traitements à vos images, et ce, dès leur transfert sur le disque dur. Toutefois, l’étendue des réglages de développement dépend de l’homogénéité des images (sujet, exposition, cadrage, objectif, sensibilité ISO, etc.). Plus les images à importer se ressemblent, plus vous pouvez élaborer leurs réglages communs. En usage général (plusieurs sujets et objectifs), je n’applique qu’un paramètre prédéfini comportant un profil personnalisé pour le rendu couleurs, mais vous pouvez bien entendu aller plus loin en lui associant des paramètres de correction pour l’exposition, la clarté, la vibrance ou alors l’accentuation et la réduction du bruit.

Métadonnées. Si vous distribuez vos images à des tiers, autant les “tagger” d’emblée avec les informations essentielles (créateur, coordonnées, site Web et conditions d’exploitation). Vous pouvez créer différents modèles de métadonnées, suivant l’année de création des photos ou le type de distribution qui leur est attribué.

Mots-clés. Les mots-clés sont très utiles pour retrouver des images spécifiques dans vos archives. Le champ Mots-clés permet d’appliquer des mots-clés communs à l’ensemble des photos importées.

Aperçus initiaux. Lightroom s’appuie sur ses propres aperçus pour afficher les réglages du logiciel. Les aperçus standard sont alors utilisés pour afficher les images en modes Adapter et Remplir, les aperçus 1:1 pour bien en apprécier les détails à leur taille réelle des pixels (100% ou 1:1). Si vous perdez d’abord du temps à générer les aperçus 1:1, vous y gagnerez ensuite lors de l’examen approfondi des images. Quant aux options ??Fichier annexe incorporé?? et Minimum, elles vous permettent de démarrer de suite, mais pas vraiment dans de bonnes conditions, la première utilise l’aperçu incorporé au fichier RAW et la deuxième ne crée qu’une vignette peu définie.

« Maîtriser le Canon EOS 500D » en avant-première : découvrir l’enregistrement vidéo du 500D

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Le prolongement (malheureux ?) du Live View

Si l’on simplifie jusqu‘à la caricature, une vidéo n’est jamais qu’une succession d’images fixes. Depuis l’avènement du Live View sur les reflex, il n’est pas illogique que la vidéo se soit invitée sur nos appareils photo : elle n’en est en somme que le prolongement, le fait d’enregistrer dans un fichier les quelques 20 à 30 images par seconde traitées et affichées à la volée sur l‘écran arrière de l’appareil (le tout, éventuellement synchronisé avec l‘éventuelle acquisition sonore qu’autorise le micro installé pour l’occasion sur la face avant du boîtier).

Certains esprits chagrins se demandent si les constructeurs ne se sont pas contentés de cette vision simpliste et ne se sont pas précipités juste pour être le premier pour l’un ou ne pas être en reste pour l’autre, mais certainement pas dans un souci de simplicité, de confort d’utilisation ou même d’efficacité pour l’amateur. Sur le plan de la qualité d’image, les résultats sont vraiment très bons, mais sur le plan pratique, l’intégration de la vidéo sur un appareil photo pose de nombreux problèmes que cette technologie encore jeune et balbutiante est loin d’avoir réglés. Que ce soit parce qu’elle s’appuie sur une autre technologie encore loin d‘être aboutie (le Live View) ou sur une plate-forme inadaptée aux contraintes de la réalisation d’images animées (l’appareil photo), la vidéo sur les reflex souffre d’une ergonomie et d’une prise en main calamiteuses.

L‘élément le plus clair et le plus simple reste celui de l’activation du mode. Contrairement au 5D Mark II sur lequel on appelle la vidéo comme une option du Live View, le 500D dispose d’une position dédiée sur la couronne de sélection des modes. Une simplification bienvenue mais encore loin d‘être suffisante. L’enregistrement est ensuite lancé par le bouton d’activation du Live View (assorti d’un point rouge rappelant le pictogramme bien connu des caméscopes et autres magnétoscopes), le déclencheur ne servant que pour (éventuellement) réaliser des photos pendant la séquence vidéo. Malheureusement, le reste est loin d‘être intuitif… Comme en Live View, la mise au point est déclenchée par… la touche de mémorisation d’exposition (ce que rappelle heureusement l‘écran à l’allumage), la mémorisation d’exposition étant quant à elle activée par la touche ISO

En photo, le Live View reste une alternative au viseur optique ; en vidéo, il est l’unique dispositif de visée disponible. Le système impose donc ses lacunes (comme développé dans la rubrique “Exploiter la visée Live View” à la page 50 du livre) auxquelles s’ajoutent les contraintes liées à la réalisation d’images animées et les limites de l’enregistrement vidéo du 500D.

Appareils reflex numériques Canon : Comment choisir ses objectifs ?

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Qualité optique

Il est plutôt difficile de juger de la qualité d’un objectif : celle-ci dépend en fait aussi de celle du capteur de l’appareil associé. Plus un capteur est petit et plus celui-ci comporte de photosites, plus il exige un objectif à pouvoir de séparation élevé. Si les Canon EOS D30 et 1D étaient relativement peu exigeant pour ce qui est de la qualité des objectifs adaptés (grand capteur et photosites peu nombreux), les Canon 500D et 50D y sont devenus intransigeants. Leur pouvoir de résolution dépasse celui des objectifs et l’utilisation d’un exemplaire à qualité médiocre se solde souvent par l’apparition d’artéfacts disgracieux ou par l‘amplification des aberrations chromatiques. Comparés à leurs successeurs respectifs, les modèles EOS 40D et 450D sont plus tolérants à l’égard des objectifs et, hormis une certaine tendance au vignetage, l’ancêtre EOS 1Ds à 11 mégapixels se marie parfaitement avec la plupart des objectifs du système, car il ne dispose que d’une faible densité en photosites. Quant aux capteurs « plein format » plus récents, ils exigent des objectifs super grand-angle et grand-angle d’excellentes performances, mais se marient plutôt bien aux objectifs à focales plus longues. Contre toute attente, certains objectifs plutôt bon marché (EF 35 mm f/2 USM, EF 50 mm f/1, 4 USM, EF 100 mm f/2 USM) sont à même de donner le meilleur d’eux-mêmes avec les appareils à capteur de 21 mégapixels (Canon 1Ds Mark 3 et 5D Mark 2) !


Satisfaisant sur un EOS D30, mais décevant sur ses successeurs : le Sigma EX 28-70 mm f/2,8 de première génération

Parmi les aberrations optiques, citons les plus courantes : aberrations chromatiques, distorsion et vignetage. Mais il en existe d’autres, notamment aberrations sphériques, astigmatisme, coma, lumières parasites et courbure de champ. Certaines peuvent être corrigées ou réduites en fermant le diaphragme (coma, aberrations sphériques, astigmatisme, courbure de champ et vignetage), d’autres subsistent quelle que soit la fermeture du diaphragme, notamment la distorsion que l’on peut corriger, telles les aberrations chromatiques et le vignetage, par voie logicielle. N’hésitez pas à consulter les tests dans la presse spécialisée pour connaître les performances des couples capteur/objectifs que vous possédez.

Appareils reflex numériques Canon : Peut-on les acheter d’occasion ? (Deuxième partie)

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Les appareils experts

Remplaçant l’EOS D60, dont la carrière, très brève, était marquée d’une pénurie prolongée, l’EOS 10D, présenté en 2003, reprend le capteur de 6, 3 mégapixels et la connectique de type USB 1.0, tout en proposant de caractéristiques nettement améliorées, notamment une mise au point AF sur sept collimateurs, un châssis en alliage de magnésium et une plage de sensibilités ISO plus étendue, de 100 à 3200 ISO. Très populaire à son époque, cet appareil est aujourd’hui un peu démodé : l’enregistrement simultané aux formats RAW + JPEG n’est pas proposé, l’appareil n’autorise que des rafales de trois images par seconde et refuse l’utilisation des objectifs EF-S, optimisés pour les capteurs APS-C. Qui plus est, l’appareil est assez lymphatique pour ce qui est de l’enregistrement des fichiers sur la carte mémoire Compact Flash et la mise à point automatique de certains exemplaires est assez aléatoire.

L’EOS 20D, commercialisé dès 2004, corrige certains défauts de son ainé, notamment la précision de mise au point. Arborant un capteur de 8,2 mégapixels d’excellente qualité, cet appareil, de dimensions plus réduites, possède une prise de type USB 2.0, qui le rend apte à la prise de vue connectée, l’enregistrement simultané aux formats RAW et JPEG et le choix entre les deux espaces couleur sRVB et Adobe RVB pour les fichiers JPEG convertis par l’appareil. Doté d’un processeur de type DIGIC II, l’appareil produit des fichiers plus propres aux hautes sensibilités ; la vitesse d’enregistrement est bien plus élevée et la motorisation autorise des rafales de cinq images par seconde.

Version améliorée de l’EOS 20D, l’EOS 30D (à ne pas confondre avec le D30, beaucoup plus ancien…), conserve le capteur de son ancêtre, contrôlé à l’aide d’un processeur de type DIGIC II, mais y ajoute un certain nombre d’agréments le rendant encore plus performant. Citons la mesure Spot sur 3,5% de la surface de visée, un réglage de la sensibilité sur des paliers de +/- 0,3 IL (EOS 20D : +/- 0,5 IL), des styles d’image et un écran LCD de désormais 230 000 pixels repartis sur une diagonale de 2,5 pouces. L’appareil atteint toujours cinq images par seconde en mode rafale, mais propose également une fréquence de déclenchement un peu moins rapide de 3 images par seconde (mode CL).


EOS 40D, objectif 70-200 mm f/4 L USM à 1600 ISO, même à 1600 ISO, la qualité est de la partie

De par ses caractéristiques, l’EOS 30D est proche de l’EOS 5D, dont l’architecture s’appuie sur celle de l’EOS 20D. Ce premier appareil « full frame » fait toujours référence pour ce qui est de sa qualité d’image, bien que son puissant capteur (12, 2 mégapixels, processeur DIGIC II) exige d’excellentes optiques pour en tirer la quintessence. Son viseur large et lumineux n’offre qu’une couverture de 96%, mais sinon l’appareil est très bien équipé. Citons sa mesure spot, ses styles d’image, sa plage de sensibilités de 50 à 3200 ISO en mode étendu, l’écran LCD de 2,5 pouces avec histogramme RVB et agrandissement 10 fois, ses verres de visée interchangeables et ses styles d’image. En revanche, l’appareil ne possède pas de flash intégré et son mode rafale se contente de trois images par seconde. Toutefois, l’appareil est plutôt véloce, il offre une bonne vitesse d’enregistrement sur la carte mémoire de type Compact Flash. Si vous trouvez un exemplaire en bon état et à un tarif raisonnable (entre 800 et 1000 € suivant l’état), foncez : l’EOS 5D offre un incomparable rapport qualité – prix et une qualité d’image vraiment excellente.


EOS 40D, objectif 17-40 mm f/4 L USM à 100 ISO, le flash intégré des appareils experts est parfois bien utile…

Quant au Canon EOS 40D, sorti en octobre 2007, il offre un excellent capteur de 10,1 mégapixels dans un boitier robuste en alliage de magnésium. Il intègre en tant que premier appareil expert l’EOS Integrated Cleaning System : un filtre placé devant le capteur vibre aux hautes fréquences à l’allumage et à l’arrêt de l’appareil, les matériaux et la conception de la cage reflex contribuent à limiter le dépôt de poussières. Si le système AF se base sur ceux des EOS 20D et 30D, il offre désormais des collimateurs croisés pour améliorer la précision avec les objectifs dont l’ouverture est supérieure à F 5,6. Le viseur est plus grand, plus lisible (grossissement 0,95 fois)et plus confortable (dégagement oculaire de 22 mm) et l’écran possède désormais une diagonale de 3 pouces, mais conserve le nombre de pixels des réalisations précédentes (230 000). Là encore, l’appareil possède une plage de sensibilité de 100 à 3200 ISO, les images sont d’une propreté appréciable, grâce à un processeur d’image DIGIC 3, œuvrant en 14 bits par couche. Que reste-t’il alors à l’EOS 50 D, remplaçant fort de 15 mégapixels ? En effet, je m’interroge sur les vertus du successeur, dont la qualité d’image (dynamique et bruit) est moins bonne aux sensibilités les plus élevées — ne s’agit’-il pas plutôt d’un simple produit de marketing visant à surenchérir sur le nombre de pixels proposés par ses concurrents de chez Nikon, Pentax et Sony ? Le 40D est dans tous cas un appareil fort efficace ; doté d’une motorisation rapide (idéale pour des séquences HDRI à main levée) et d’une exposition fiable, il jouit d’une autonomie très importante avec l’accu fourni et d’une fonction LiveView très utile pour une mise au point critique sur trépied. Une réussite…

Appareils reflex numériques Canon : Peut-on les acheter d’occasion ? (Première partie)

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Capteurs et formats d’enregistrement

Le capteur est au cœur de l’appareil photo. À l’opposé d’un film argentique, il est irrévocablement lié à l’appareil et définit ainsi la qualité d’image de celui-ci. Associé au capteur, un processeur interne se charge de développer les fichiers bruts et d’acheminer les images de la mémoire tampon interne à la carte mémoire, en passant par l’application des paramètres de prise de vue choisis au sein du menu de l’appareil. Au cours de la période de commercialisation de l’appareil, de plus en plus brève, le fabricant propose un certain nombre de mises à jour visant à améliorer les performances de l’appareil. Si les capteurs bénéficient d’améliorations régulières qui portent sur l’augmentation du nombre de photosites et leur sensibilité (grâce à une augmentation de leur dimension et de celles des microlentilles les coiffant…), d’importants progrès ont été obtenus grâce à des algorithmes de calcul de plus en plus sophistiqués. L’utilisation de processeurs à multiple coeur contribue à des vitesses d’enregistrement plus élevées, rendant les appareils plus réactifs, notamment au format RAW.


Le capteur CMOS du Canon EOS 450D

Canon a opté il y a neuf ans pour l’utilisation exclusive de capteurs CMOS, ce qui a été considéré à l’époque comme un pari aussi audacieux que risqué. La technologie CMOS était en fait considérée comme étant inférieure à la technologie CCD en termes de bruit, tout en etant moins gourmande en consommation d’énergie et, avec ses convertisseurs couplés aux éléments photosensibles, plus rapide en écriture. Le Canon D30 présenté en 2000, a été le premier appareil reflex numérique équipe d’un capteur CMOS, les modèles suivants ne pouvaient qu’améliorer ses performances, avec une meilleure gestion du bruit et des microlentilles plus rapprochées les unes des autres. Et grâce à une conception et production 100% maison, Canon fait depuis de nombreuses années partie des fabricants de capteurs les plus innovateurs : il produit trois gammes de capteurs, au formats 36×24 mm (full frame), APS-H (29 × 19mm) et APS-C (22 × 15mm), avec un facteur de conversion de focale oscillant entre 1x (36×24 mm) et 1,6 x (APS-C). Le format APS-H, exclusif à Canon, est un excellent compromis, permettant de conserver une grande surface du capteur, une vitesse d’enregistrement élevée, une visée confortable et l’essentiel des caractéristiques des objectifs.

Les capteurs les plus anciens ne proposent qu’une résolution réduite : Le Canon EOS D30 intègre un capteur de seulement 3 mégapixels et le Canon EOS 1D (dont le capteur est de type CCD) atteint péniblement 4,1 millions pixels. Bien qu’ils arborent une surface de capteur plutôt importante pour le nombre de pixels affichés (leurs photosites mesurent respectivement 10,5 et 11,5 microns, garantissant une sensibilité importante), ces appareils souffrent d’imperfections. Cependant, si vous ne dépassez rarement les formats de tirage de 13×18 ou 15×21 cm, le Canon EOS 1D fera toujours l’affaire, surtout à sa sensibilité ISO de base et jusqu’à 400 ISO et avec un peu de soin à la prise de vue et un traitement adapté (format RAW), on pourrait même envisager le format A4 (21×29,7 cm) que seuls les appareils à six mégapixels (Canon EOS D60, 10D et 300D) proposent (enfin presque…) en tant que taille native. Pour produire des doubles pages magazine, il vous faudrait investir dans un Canon EOS 20D, 30D, 350D, 1D Mark 2 et 1D Mark 2n, les appareils « full frame » Canon EOS 1Ds, 1 Ds Mark 2 et 5D y parviennent sans peine. Les Canon EOS 400D, 450D et 40D ont été récemment remplacée par les modèles Canon EOS 500D et 50D qui proposent une résolution de 15 mégapixels, bien qu’ils reprennent le châssis et la plupart des fonctionnalités de leurs ancêtres. La chasse aux poussières peut très vite tourner à l’obsession avec les appareils dépourvus de dispositif de nettoyage : les capteurs « full frame » sont de véritables “pièges à poussières” du à leur grande surface, les capteurs APS-H et APS-C étant moins sensibles en la matière. Les appareils APS-C à 3 et 6 mégapixels échappent plus longtemps au nettoyage : la conception des capteurs et leur positionnement à l’arrière de la cage reflex les protège plus efficacement des particules étrangers.


Canon 5D et 5D Mark 2 : pour compenser la taille plus réduite réduite des photosites, Canon réduit également leur espacement, augmentant ainsi leur efficacité et sensibilité

Pour les formats et les supports d’enregistrement, il existe d’importantes différences entre les appareils. Tandis que les premiers boîtiers professionnels, EOS 1D et 1Ds, proposent un format brut à l’extension TIFF, leurs successeurs optent sagement pour le format CR2, toujours en vigueur pour toute la gamme actuelle. Quant aux appareils Canon EOS D30, D60, 10D et 300D, ils produisent des fichiers RAW à l’extension CRW et des fichiers annexe à l’extension HTM dont on peut extraire un aperçu JPEG. Notez que les anciens formats sont tout sauf faciles à gérer : si le format CRW fut snobé par les premières versions du logiciel DPP, le format TIFF sème la confusion parmi les logiciels d’image, dont certains s’obstinent à n’afficher l’aperçu TIFF intégré, tout en ignorant le fichier RAW associé. Bref, mieux vaut opter pour un appareil qui accepte le format CR2, ou alors procéder à une conversion systématique de ses fichiers au format DNG, plus largement reconnu par les logiciels de développement RAW et les logiciels de gestion et de catalogage. Faites également attention aux supports d’enregistrement : si les appareils EOS 1D, D30 et D60 acceptent les cartes Compact Flash I et II, ils ne connaissent qu’un formatage de type FAT. Les appareils cités sont donc incapables de tenir compte des capacités de stockage supérieures à 2Go, ce n’est donc pas la peine de leur associer des cartes aux capacités plus importantes.


Une superbe carte mémoire à grande capacité : certains appareils Canon en utilisent que 2Go, certains d’autres possèdent des contrôleurs trop paresseux…

Le Canon EOS 1D Mark 2 et les appareils professionnels successifs possèdent deux emplacements pour accueillir des cartes CF et SD, mais pour ce premier modèle, n’oubliez pas de mettre le logiciel interne (firmware) à jour pour que l’appareil puisse formater et utiliser des cartes de type SD-HC. La gestion des supports est par ailleurs particulièrement maladroite : l’enregistrement simultané (RAW+JPEG ou sauvegarde sur la deuxième carte) n’est pas proposé et le changement entre les deux supports (lorsqu’une carte est pleine) n’est pas automatique. Les premiers reflex grand public (300D et 350D) et les reflex experts de la gamme possèdent des emplacements pour cartes Compact Flash, mais depuis peu, Canon préfère la norme SD-HC à la norme CF pour ses appareils plus grand publlc : plus petites, moins chères, mais vraisemblablement un peu plus fragiles, les cartes SD sont utilisés par les Canon 400D, 450D, 500D et 1000D.

De manière générale, plus un appareil est récent, plus la vitesse d’enregistrement est importante. Les contrôleurs des appareils anciens sont dépassés : si le Canon EOS 1D première génération, champion de l’année 2001, pouvait enregistrer 16 fichiers RAW pris successivement à 8 i/s, le Canon EOS 1D Mark 3 parvient à en emmagasiner 30 fichiers à 10 i/s, une gageure, en prenant en considération les différences en termes de poids de fichier — de plus, après avoir pris cette rafale, l’ancien boitier reste bloqué pendant de nombreuses secondes. Avec un appareil ancien, rien ne sert à acheter des cartes ultra rapides. En prenant l’exemple sur la gamme SanDisk, privilégiez la gamme Ultra II, mais oubliez les gammes Extreme III et IV, beaucoup plus onéreuses et uniquement intéressantes pour économiser quelques secondes lors du transfert des images sur l’ordinateur.

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